Les conservateurs remportent un gouvernement majoritaire en Colombie-Britannique
Le chef du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, Lorne Doerkson, s’apprête à devenir le premier ministre de la province à la tête d’un gouvernement majoritaire.
À la suite de la victoire des conservateurs, samedi, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) provincial et premier ministre sortant, David Eby, a annoncé sa démission.
Il a fallu un peu plus d’une heure après la fermeture des bureaux de vote, à 20 h (heure locale), pour que la cellule électorale de La Presse Canadienne annonce le résultat, soulignant ainsi le caractère stupéfiant de la victoire de M. Doerkson.
M. Doerkson, âgé de 58 ans, est revenu d’un voyage en Afrique et a pris la direction par intérim du Parti conservateur le 20 septembre, Kerry-Lynne Findlay ayant démissionné après un mandat tumultueux de quatre mois.
Il a pris les rênes d’un parti qui perdait des députés à un rythme effréné, sur fond d’inquiétudes concernant les stratégies de Mme Findlay.
Après les élections de 2024, le parti comptait 44 députés et n’était qu’à trois circonscriptions de la majorité, mais ses effectifs avaient fondu pour ne plus compter qu’une vingtaine de députés lorsque M. Doerkson a pris la tête du parti.
Il a rapidement rallié à nouveau les conservateurs mécontents, notamment sept des huit députés qui avaient annoncé quelques jours plus tôt leur adhésion au parti CentreBC.
À peine deux jours après la nomination de M. Doerkson, M. Eby a convoqué des élections anticipées, qu’il avait initialement justifiées par la nécessité de relever le défi posé par le président américain Donald Trump. Il est revenu plus tard sur ses propos pour affirmer que ces élections étaient nécessaires afin de surmonter les difficultés liées à une majorité d’un seul siège.
Cette décision a constitué le plus grand pari de la carrière politique de M. Eby et elle allait finalement mettre fin prématurément à son mandat de premier ministre, qui aura duré moins de quatre ans.
Les conservateurs en tête
Les sondages ont constamment prévu les conservateurs en tête tout au long de la campagne.
M. Doerkson a mené sa campagne en promettant de «dynamiser» l’économie, s’engageant à réduire le déficit record grâce à la croissance que son programme prévoyait de porter à 3,2 %, une prévision que M. Eby et d’autres détracteurs ont qualifiée, au mieux, d’optimiste.
Il a promis de ne pas augmenter les impôts et de faire passer l’abattement fiscal de base sur le revenu des particuliers en Colombie-Britannique de 13 216 $ à 32 000 $, ce qui se traduirait par une réduction d’impôt de 1000 $ pour la plupart des travailleurs.
Il a toutefois déclaré que sa priorité absolue serait d’abroger la loi sur la Déclaration des droits des peuples autochtones, et il a également promis de mettre fin aux directives relatives à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans les écoles.
Le NPD a promis la création d’une nouvelle tranche d’imposition pour les personnes gagnant plus d’un million de dollars afin de contribuer au financement des soins de santé, un plafonnement des prix de certains produits alimentaires de base et un programme de formation destiné aux diplômés internationaux en médecine résidant déjà en Colombie-Britannique.
M. Eby a promis davantage de places en service de garde avant et après l’école, mais a été critiqué pour le fait que ses deux enfants bénéficiaient de places très convoitées en garderie à 10 $ par jour. Il a expliqué que sa femme et lui avaient payé la différence par rapport au coût antérieur.
Les deux partis ont accordé une attention particulière à Surrey, la deuxième plus grande ville de la Colombie-Britannique, s’engageant à construire de nouveaux hôpitaux et à prolonger le réseau SkyTrain dans la région.
Au moment de sa dissolution, l’Assemblée législative comptait 47 néo-démocrates, 29 conservateurs, deux verts et 13 indépendants, avec deux sièges vacants.
Mais cela ne tenait pas compte du fait que la plupart des indépendants de nom étaient en réalité des conservateurs qui avaient réintégré le parti après que M. Doerkson en fut devenu le chef par intérim. Ils n’apparaissaient peut-être pas tous dans les chiffres officiels, mais les conservateurs se sont présentés aux élections avec environ 37 sièges.
Cette victoire électorale couronne une ascension remarquable, non seulement pour M. Doerkson, mais aussi pour les conservateurs de la Colombie-Britannique, dont le dernier premier ministre, Simon Fraser Tolmie, avait été élu en 1928.
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