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Tuesday, August 25, 2026

Les Premières Nations prises au piège lors des saisons des feux de forêt

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Les Premières Nations se retrouvent prises au piège en lien avec les cycles des saisons des feux de forêt en raison d’un manque de coordination dans la gestion des urgences et d’une importante pénurie de logements, met en garde la défenseure fédérale du logement au Canada, Marie-Josée Houle, dans un rapport sur les feux de forêt de 2025.

L’an dernier a été la deuxième pire saison des feux de forêt enregistrée, avec 165 événements d’urgence touchant 134 Premières Nations. Plus de 40 000 personnes d’au moins 83 communautés avaient été évacuées en date de la mi-août.

Le risque de feux de forêt n’est pas nouveau pour les Premières Nations, mais leur leadership et les ressources nécessaires pour faire face à ces urgences et administrer leurs territoires selon leurs connaissances traditionnelles ont été compromises, écrit Marie-Josée Houle dans son rapport, qui sera publié lundi, avec le concours de l'Assemblée des Premières Nations (APN).

Les savoirs traditionnels doivent non seulement être respectés, mais aussi soutenus activement, et financés dans le cadre d'une gouvernance moderne des situations d’urgence et de l’adaptation aux changements climatiques. Sinon, la capacité des Premières Nations à protéger leurs communautés est gravement compromise.

Portrait de Marie-Josée Houle, la Défenseure nationale du logement devant un fond uni, pâle.

Marie-Josée Houle, a été nommée la première défenseure nationale du logement au Canada.

Photo : La Presse canadienne

Le rapport affirme que les déplacements causés par les feux de forêt deviennent une réalité pour les Premières Nations et sont liés aux lacunes déjà existantes en lien avec le logement et les infrastructures.

Les changements climatiques aggravent les saisons des feux de forêt, avec des conditions de sécheresse qui mènent à une propagation plus rapide des incendies. Bien qu’il n’y a pas nécessairement plus de feux, ceux-ci deviennent plus intenses au cours d'une saison qui s’allonge, et les moyens de les éteindre restent limités.

L'APN blâme des lacunes systémiques

La cheffe nationale de l’APN, Cindy Woodhouse Nepinak, affirme que, si le rapport portait sur la saison 2025, l’année actuelle se révèle à son tour dévastatrice pour les Premières Nations, notamment avec la destruction totale d’une communauté dans le nord de l’Ontario.

Elle estime que des lacunes systémiques dans les interventions d’urgence menacent la sécurité et la dignité des Premières Nations et leur droit au logement.

Les Premières Nations sont des partenaires importants du Canada. C’est pourquoi nous devons mobiliser nos ressources pour protéger nos droits et mettre de l'avant les forces des Premières Nations qui sont aux premières lignes devant les changements climatiques , dit-elle.

Dans la saison des feux de 2025, les Premières Nations n'ont reçu que peu ou pas du tout d'avertissements quant aux changements de conditions météorologiques affectant la propagation des feux de forêt, selon le rapport. Certaines Premières Nations auraient aussi été ignorées par la province.

Une vue d'un avion des colonnes de fumée issues de feux de forêt qui s'élèvent près du lac Wollaston dans le nord de la Saskatchewan, non loin du Manitoba.

Des colonnes de fumée issues de feux de forêt prés du lac Wollaston dans le nord de la Saskatchewan, non loin du Manitoba, le 6 août 2025.

Photo : Fournie par Valérie Sarre

La défenseure fédérale du logement au Canada, Marie-Josée Houle, et la cheffe nationale de l’APN, Cindy Woodhouse Nepinak, affirment qu'au Manitoba, à la fois l'Assemblée des chefs du Manitoba et l'organisation Manitoba Keewatinowi Okimakanak avaient demandé du soutien pour les Premières Nations du nord de la province qui avaient instauré un état d'urgence, mais que la province avait attendu dix jours avant de répondre. Une situation semblable serait aussi survenue en Saskatchewan, menant à une réponse tardive de la part de la province.

Sans intervention des gouvernements provinciaux, le gouvernement fédéral ne peut pas répondre aux situations d’urgence.

Une réponse variable d'un endroit à l'autre

Le soutien apporté lors des évacuations a également varié d’une juridiction à l’autre. Certaines municipalités et organisations autochtones ont ainsi collaboré pour soutenir les Autochtones évacués. D’autres municipalités se sont retrouvées totalement démunies devant le nombre de personnes évacuées et leurs besoins, certaines ayant même refusé d'en accueillir.

Les lieux choisis pour loger les évacués ont accueilli beaucoup de monde, ce qui a contraint des aînés aux prises avec des problèmes de santé à dormir sur des lits de camp, tandis que des victimes d'abus ont dû séjourner dans les mêmes installations que leurs agresseurs.

Toujours selon le rapport, certains hôtels ont traité différemment les évacués, notamment en leur interdisant l'accès à des installations comme la salle de sport ou la piscine. Certaines personnes évacuées ont même été invitées à récupérer leurs repas par une porte arrière, n'ayant pas été autorisées à entrer dans les restaurants de l'hôtel.

Les femmes, les enfants et les jeunes des Premières Nations sont devenus des proies faciles pour les trafiquants de personnes qui, avec les trafiquants de drogue, ont aisément eu accès aux hôtels où ils séjournaient. Plusieurs des évacués sont retournés dans leurs communautés malades ou en moins bonne santé [qu'à leur départ], peut-on lire dans le rapport.

Un manque de financement à combler

Le document souligne également qu'il est plus difficile pour les Premières Nations d'assurer leurs résidences. Les coûts peuvent être très élevés, ce qui fait en sorte que les communautés ne se retrouvent généralement pas assez assurées.

La défenseure fédérale du logement et l'APN formulent dix recommandations, dont celle d'élaborer une stratégie nationale de gestion des urgences pour assurer la coordination entre les Premières Nations et les gouvernements fédéral et provinciaux. D'autres recommandations soulignent la nécessité d'investir dans la sécurité contre les incendies et l'amélioration de la surveillance et des infrastructures présentes dans les communautés autochtones.

Un précédent rapport datant de 2024, présenté par l'APN et le Conference Board du Canada celui-là, révélait que combler le déficit d'infrastructures des Premières Nations pourrait générer 635 milliards de dollars de retombées économiques sur sept ans et avait estimé le coût des améliorations nécessaires à 349 milliards de dollars.

Le vérificateur général fédéral avait alors déclaré que combler ce déficit impliquerait la construction de plus de 55 000 nouveaux logements et la réparation de 80 000 autres.

Marie-Josée Houle et l'APN rappellent que ce déficit n'est pas le résultat de mauvaises décisions de la part d'individus ou des dirigeants des Premières Nations, mais plutôt le reflet d'un système où les lois et les politiques ont été utilisées pour isoler et marginaliser les Premières Nations.

Les gouvernements doivent travailler en étroite collaboration avec les Premières Nations pour passer d'interventions d'urgence réactives à des approches préventives, ancrées dans le leadership des Premières Nations, a déclaré Mme Houle dans un communiqué. Il est temps d'agir pour garder les communautés en sécurité et logées, dans le contexte d'un climat en transition.

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