Des fruits et légumes moins nombreux et plus chers d’ici l’automne ? Après avoir impacté les cultures, la sécheresse impactera votre portefeuille

Des pêches et des abricots, gorgés de soleil, très sucrés. D’un côté, il y a les fruits qui ont bien profité des rayons du soleil omniprésents cet été. De l’autre, il y a les framboises par exemple. Et là, la sécheresse n’a pas eu que du bon.
Suite aux conditions climatiques des derniers mois, les consommateurs vont devoir s’habituer à des fruits et légumes plus petits dans les rayons des supermarchés, alertent les patrons des Coopérative U et Carrefour en France.
Chez nous, on le constate aussi : sur certaines productions, l’impact de la sécheresse se fait ressentir.
"Les coups de chaleur nous ont empêchés carrément d’avoir certains types de légumes", nous confie Gwenaël du Bus, producteur de légumes bio à Grez-Doiceau, dans le Brabant Wallon. "Les épinards, une partie des salades... On a 50% de perte du côté des haricots, 40% de perte en tomates. L'absence d'eau et l'excès de chaleur ont fait avorter certains bouquets de poivrons, de tomates et d'aubergines", détaille le maraicher.
Conséquence : "Certains choux sont au double du prix de l'an passé à la même saison", alerte Gwenaël du Bus.
"On va essayer de répercuter le moins possible le manque de production sur les prix", espère le maraicher. "Mais inévitablement, les prix de cette année en fruits et en légumes ne seront pas les mêmes que l’an passé. Il y aura des gros trous et on devra vendre un peu plus cher des quantités moins importantes de certains légumes ou de certains fruits pour pallier le manque de rentabilité", ajoute-t-il.
On va essayer de répercuter le moins possible le manque de production sur les prix
Ce manque de quantité va surtout se ressentir cet automne et cet hiver : "Tout ce qui se plante maintenant ou qui a été planté il y a quelques semaines, il n’y a pas de problème", constate le producteur de légumes bio. "Mais les légumes que l'on a plantés au printemps, que l'on a conservé et que l’on vend tout l’hiver, à un moment donné, il n’y en aura plus. Ou alors, ils seront disponibles mais à un prix qui sera beaucoup plus élevés", poursuit Gwenaël du Bus.
Une analyse partagée par Alain Delvigne, conseiller Centre Interprofessionnel Maraicher : "La tendance actuelle des prix est à la hausse étant donné l'été que les producteurs ont subi, avec les intempéries du mois de mai et les chaleurs durant l'été. Ce n’est pas encore tellement répercuté dans les grandes surfaces, mais dans un avenir proche, surtout pour les légumes d’automne, on risque certainement d’avoir une hausse de prix".
Les pluies qui tombent en ce moment permettront de rétablir certaines cultures, mais pas entièrement de l'avis d'Alain Delvigne.
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