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Saturday, August 29, 2026

ÉDITO | Bill White, le parfait ambassadeur de l’Amérique de Trump

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Rédacteur en chef adjoint de Sudinfo

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Je suis différent », nous avait d’emblée lancé Bill White, lorsque nous lui demandions pourquoi il intervenait aussi ouvertement dans le débat politique belge. Vingt-quatre heures après notre entretien, l’ambassadeur des États-Unis nous en a offert une nouvelle démonstration. Et Maxime Prévot a décidé de le convoquer. Cette fois, la cible s’appelle Frank Vandenbroucke. Bill White s’en est pris publiquement au ministre de la Santé, allant jusqu’à le présenter comme le « plus grand loser de Belgique », sur fond de désaccord autour du nouveau slogan « L’alcool nuit à la santé ».

Un ambassadeur qui attaque ainsi un vice-Premier ministre du pays dans lequel il est en poste, c’est pour le moins inhabituel. Mais peut-être faisons-nous fausse route en considérant chacune de ces sorties comme un nouveau dérapage. Car notre longue rencontre avec Bill White révèle une loyauté impressionnante envers Donald Trump. Il le connaît depuis 35 ans. Il a fait campagne pour lui. Il fréquente Mar-a-Lago avec son mari. Il le décrit comme un « patron incroyable ». Et lorsque Conner Rousseau compare Trump à Adolf Hitler, la réaction de l’ambassadeur est sans appel : « Comparer mon président à Adolf Hitler est vraiment dégoûtant, complètement inacceptable. » Pas vraiment la langue de bois. Cette fidélité transpire dans presque tous les sujets que nous avons abordés.

Sur l’immigration, Bill White assume un vocabulaire particulièrement brutal. Sur les F-35, il défend évidemment le choix américain. Sur le nucléaire, il vante les projets que les États-Unis pourraient développer en Belgique. Et quand on lui parle de Georges-Louis Bouchez, Adrien Dolimont et Mathieu Bihet, il adore leur franc-parler : « Les gars du MR sont très bons parce qu’ils ne disent pas de conneries. » Ce langage n’a rien de celui auquel nous ont habitués les diplomates. Mais il ressemble furieusement à celui de Donald Trump.

Et c’est peut-être là que se situe la vraie question. Bill White est-il un ambassadeur qui oublie parfois les usages, parfois trop feutrés, liés à la fonction ? Ou est-il, au contraire, le parfait représentant de l’Amérique actuelle ? La seconde hypothèse mérite d’être posée.

Même phrasé, mêmes méthodes

Donald Trump a bâti une grande partie de sa carrière politique sur cette façon de communiquer. Dire qui sont ses amis. Désigner ses adversaires. Complimenter les premiers avec emphase, attaquer les seconds sans prendre de gants. Refuser les précautions de langage considérées comme l’expression d’un système politique dépassé. Bill White applique, à Bruxelles, une méthode qui lui ressemble.

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Jusqu’où peut-il aller ? Cela ne signifie pas que tout soit à jeter dans cette nouvelle diplomatie. Son franc-parler est même parfois rafraîchissant. Au moins, avec Bill White, personne ne doit passer des heures à décoder une déclaration pour comprendre ce que Washington pense. Et son message sur l’essentiel est particulièrement fort : si la Belgique devait être attaquée, assure-t-il, « l’Amérique serait là à coup sûr ».

Mais être direct n’autorise pas tout. Un ambassadeur représente un pays allié. Lorsqu’il distribue publiquement les bons et les mauvais points à nos responsables politiques, lorsqu’il encense les uns et attaque personnellement les autres, il franchit une frontière qui explique que notre ministre des Affaires étrangères le rappelle à l’ordre. Bill White est extrêmement loyal envers Donald Trump. Peut-être au point d’accepter de se fâcher avec une partie du monde politique belge pour défendre son président, ses idées et les intérêts américains.

Rédacteur en chef adjoint de Sudinfo

Depuis son arrivée en Belgique, Bill White ne passe pas inaperçu. L’ambassadeur des États-Unis s’exprime volontiers sur les affaires belges et n’hésite pas à interpeller publiquement certaines personnalités politiques. Lors de notre rencontre, il n’a pas pratiqué la langue de bois…

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Bruxelles, la capitale de la Belgique et de l’Europe, est confrontée à la violence, avec notamment de nombreuses fusillades. Avez-vous peur de vivre à Bruxelles aujourd’hui ?

Vous savez, je suis une personne très protégée. Donc je me déplace avec de la sécurité. Mais j’ai bien un sentiment, parce que je viens de New York et que je suis donc très au fait de la criminalité des grandes villes. À New York, nous avons eu un grand maire, Rudy Giuliani. Il a fait passer New York du statut de pire grande ville d’Amérique en matière de criminalité à celui de grande ville d’Amérique avec le moins de criminalité. Mais une chose que je pense que nous devons faire, c’est davantage respecter la police. Nous devons aimer la police. Nous devons la remercier. Les policiers doivent se sentir appréciés.

Ensuite, le nouveau ministre-président régional est très concentré sur ce problème de criminalité à Bruxelles. Il travaille très étroitement avec le bourgmestre Philippe Close, qui est lui aussi très préoccupé. Les deux patrons travaillent ensemble. Ils appartiennent à des partis différents, mais c’est une seule ville. Mais je dirais aussi qu’il y a un problème, comme nous en avons un en Amérique et que le président Trump règle pour le moment : il y a trop d’immigration. Nous avons trop de gens qui arrivent et nous ne savons pas qui ils sont, ni d’où ils viennent. J’ai regardé une statistique selon laquelle un tiers des prisonniers dans les prisons belges sont des migrants illégaux. Mais je pense que la Belgique essaie de trouver une solution au niveau fédéral pour tenter de rapatrier les migrants illégaux dans leur pays d’origine.

Vous parlez des migrants illégaux criminels, uniquement ?

Oui, il faut les foutre dehors. Nous faisons cela en Amérique. Bye bye, vous devez rentrer chez vous. Et j’ai proposé mes services au gouvernement pour l’aider, avec les pays d’origine, à faire reprendre ces gens, parce que c’est un problème. Certains de ces pays ne répondent pas favorablement à l’appel. L’Amérique a exercé beaucoup de pression sur ces pays pour qu’ils les reprennent.

« Je dirais qu’il y a un problème, comme nous en avons un en Amérique et que le président Trump règle pour le moment : il y a trop d’immigration »

Depuis que vous êtes arrivé ici, avez-vous rencontré un certain degré d’hostilité envers les États-Unis ? Certains partis de gauche critiquent, par exemple, l’achat par la Belgique d’équipements militaires américains. On pense aux F-35. Décririez-vous cela comme de l’anti-américanisme ?

C’est une excellente question, mais je pense aussi que les politiciens sont très sournois. Les politiciens disent une chose, puis ils en disent une autre. La Belgique s’est engagée à acheter des équipements pour se protéger et le meilleur équipement, en ce moment, est le système qui fonctionne avec le F-35. Vous ne pouvez pas acheter un F-35 sans missile AMRAAM, les NASAMS, les batteries de missiles Patriot. Tous ces systèmes sont donc maintenant vraiment coordonnés. Si je vous emmène voir un F-35, ce n’est pas un avion. C’est un vaisseau spatial. Donc, pour pouvoir disposer de la puissance de feu létale permettant de se protéger contre la Russie, la Chine ou un mauvais ennemi, vous voulez le meilleur équipement. Et la Belgique mérite d’avoir le meilleur équipement. Pour le moment, il est américain, et je le dis aussi à mes amis Conner Rousseau et Sammy Mahdi.

Vous aviez pourtant dit que Conner Rousseau ne pourrait plus aller aux États-Unis ?

Je suis allé voir Conner et j’ai essayé de trouver certaines choses sur lesquelles nous pouvons être d’accord. Conner aime aller en Amérique et y passer un très bon moment, mais il critique l’Amérique. Mais c’est bon maintenant, il peut y aller. Le fait est que ce n’est pas bien quand le dirigeant d’un parti important compare le président des États-Unis à Adolf Hitler. Le président Trump est le pacificateur en chef. Il essaie de résoudre toutes ces guerres. Adolf Hitler a tué des dizaines de millions de personnes. Et comparer mon président à Adolf Hitler est vraiment dégoûtant, complètement inacceptable.

« Le fait est que ce n’est pas bien quand le dirigeant d’un parti important (Conner Rousseau, de Vooruit, NDLR) compare le président des États-Unis à Adolf Hitler. Le président Trump est le pacificateur en chef. Il essaie de résoudre toutes ces guerres »

C’est assez inhabituel de voir un ambassadeur exprimer ses opinions aussi ouvertement et cela provoque d’ailleurs parfois des réactions du gouvernement. Est-ce une nouvelle approche ? Est-ce simplement votre personnalité ? Ou est-ce le président Trump qui vous le demande ?

Je suis différent (rires). Vous savez, la plus grande quantité de marchandises arrivant au port d’Anvers cette année venait d’Amérique. Donc, si vous regardez les choses d’un point de vue économique, c’est l’Amérique. Si vous regardez qui est votre meilleur ami, l’Amérique est venue ici non pas une, mais deux fois, pendant les guerres mondiales, pour sauver le magnifique peuple belge des Allemands, puis des nazis. Nous avons aussi quelque chose de très sacré : le parapluie nucléaire au-dessus de la Belgique. Si quelqu’un devait à nouveau s’en prendre à la Belgique, l’Amérique serait là à coup sûr.

Un Belge qui lit cette interview peut-il être certain que, si son pays était attaqué demain, les États-Unis viendraient à sa défense ? On voit parfois les propos très durs de votre président envers ses alliés…

Notre président aime ce pays. Il m’a dit que, pour lui, la Belgique était un endroit formidable. Elle était dans son top 10. Et je lui ai demandé pourquoi. Premièrement, parce que c’est la capitale de l’Europe. Deuxièmement, c’est le siège de l’OTAN. Je sais que le président Trump veut rendre l’Amérique et l’Europe à nouveau grandes ensemble. C’est une chose très importante pendant que nous travaillons sur l’accord commercial UE-USA, qui est très proche d’être finalisé. Une Amérique forte est bonne pour l’Europe. Une Europe forte est excellente pour l’Amérique.

Même avec cette guerre commerciale entre les USA et l’Europe ?

Oui, mais cela sera réglé parce que l’accord précise les droits de douane. Et nous venons d’avoir une très belle, merveilleuse décision du président Trump, selon laquelle les diamants d’Anvers, qui représentent une importante activité annuelle de plusieurs milliards de dollars que la Belgique exporte vers le monde, mais aussi vers l’Amérique, sont maintenant exempts de droits de douane. La Belgique est un pays relativement petit de moins de 12 millions d’habitants. Nous sommes un pays de bonne taille, avec plus de 350 millions d’habitants. La Belgique est notre 11e partenaire commercial parce qu’elle est tellement innovante, entreprenante, travailleuse, déterminée, créative, visionnaire, à la pointe des nouvelles technologies. Donc, le président Trump accorde vraiment de la valeur à cela. Quand vous me demandez si la Russie ou quelqu’un d’autre attaquait : nous sommes venus deux fois. J’espère que nous n’aurons jamais à revenir. Mais oui, nous serions là.

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