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Tuesday, November 3, 2026

Combien de temps va durer le suspense des élections de mi-mandat aux États-Unis?

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Le 3 novembre est jour d’élections de mi-mandat aux États-Unis. Les quelque 250 millions Américains sont appelés à voter — bien que beaucoup l’aient fait avant cette date — pour l’ensemble des membres de la Chambre des représentants et pour le tiers des sièges au Sénat, en plus d’une foule de représentants locaux. Si les Canadiens sont habitués à connaître les gagnants de la plupart des circonscriptions le soir même du scrutin, ceux qui écouteront le dévoilement des résultats en direct mardi soir risquent de devoir s’armer de patience… Le Devoir fait le point.

Quand les bulletins de vote seront-ils dépouillés ?

Les États-Unis sont vastes. Tellement vastes qu’ils comptent six fuseaux horaires différents, en excluant les territoires américains outre-mer. Pour cette raison, les bureaux de vote vont graduellement fermer au cours de la soirée du 3 novembre, en commençant par certains de la côte est. Ceux-là verrouilleront leurs portes à 18 h (heure locale et aussi celle du Québec) et les derniers à 1 h du matin, dont certains bureaux en Alaska.

Ainsi, les premiers résultats seront rendus publics peu après 18 h, mais ne seront aucunement décisifs pour le sort du pays.

À quelle heure saura-t-on qui est élu dans un État ?

Dur à dire. Pour les courses les plus serrées, il pourrait s’écouler quelques jours, voire quelques semaines avant que le vainqueur ne soit connu.

C’est pourquoi les chiffres de la soirée électorale sont souvent vus comme des résultats préliminaires. Il faut rappeler que chaque État a ses propres règles et façons de procéder : « Le dépouillement des votes peut donc être plus ou moins rapide selon les États », indique Frédérick Gagnon, professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal, aussi titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand et directeur de l’Observatoire sur les États-Unis.

Le vote postal peut-il changer la donne?

Il faut également se méfier des résultats qui arrivent au cours de la soirée électorale. Si certains États comptabilisent les votes arrivés par la poste avant la fermeture des bureaux de scrutin, d’autres font l’inverse. Cela peut créer l’impression qu’un parti l’emporte dans un État, alors que le résultat peut être rapidement dissipé lorsque tous les votes sont compilés. Certains appellent cette situation le « mirage rouge », ou encore le « décalage bleu » (blue shift) : le jour du vote, par exemple, les républicains peuvent sembler l’emporter, mais une fois que les votes postaux sont additionnés, on peut voir un revirement de situation.

Certains États permettent d’ailleurs l’arrivée des bulletins de vote par correspondance bien après le jour du scrutin, notamment l’Alaska et la Californie, un État qui a déjà été décisif lors d’élections serrées.

Pourrait-on savoir mardi soir qui aura le contrôle des deux chambres ?

Cela demeure possible, mais il y a une possibilité plus forte qu’on ne le sache pas immédiatement, résume le professeur Frédérick Gagnon. Il rappelle que lors des élections de mi-mandat en 2022, il a fallu attendre cinq jours pour savoir quel parti serait majoritaire au Sénat.

« Ça a déjà été rapide dans le passé, mais on est vraiment dans une ère de remise en question des résultats, dit l’expert en politique américaine. Les deux partis n’hésitent pas à utiliser tous les moyens du bord pour ne pas concéder la victoire le soir de l’élection, et Donald Trump, c’est le roi de ça. » Il rapporte aussi que les médias sont devenus plus prudents avant de déclarer l’identité des gagnants. En 2000, lors de l’élection présidentielle opposant George W. Bush à Al Gore, certains médias sont allés très vite en donnant le nom du prochain président de la Maison-Blanche, avant de se raviser le lendemain. Ce qui avait beaucoup miné leur crédibilité, constate M. Gagnon.

En ce qui concerne la Chambre des représentants, le professeur de science politique estime qu’il faudra attendre les résultats en provenance de l’ouest, comme l’État de la Californie qui, étant le plus populeux, détient le plus grand nombre de sièges à la Chambre des représentants. Or, les Californiens ont jusqu’à 20 h pour déposer leur bulletin — il sera alors 23 h au Québec et les résultats ne seront pas encore dépouillés.

Quant au Sénat, si les résultats sont très serrés, il se peut que l’on ne connaisse pas la couleur de la Chambre haute avant quelques jours, indique le professeur Gagnon. Par contre, si les démocrates font des gains au Texas, où ils convoitent des sièges depuis fort longtemps, cela pourrait être un indice qu’un vent de changement souffle.

Des contestations judiciaires peuvent-elles retarder les résultats finaux ?

Lorsque des courses sont serrées, il peut y avoir des recomptages, ainsi que des contestations judiciaires — qui ne freinent toutefois pas tout le processus. Des candidats peuvent d’ailleurs siéger provisoirement pendant que les résultats sont examinés ou font l’objet de procédures judiciaires.

Le président américain, Donald Trump, parle déjà de « fraude électorale généralisée » en amont du 3 novembre, alléguant notamment que des non-citoyens ont déposé leur bulletin dans l’urne — ce qui laisse présager des contestations des résultats. La semaine dernière, il a donné l’ordre au département de la Justice d’intenter une poursuite en Alaska pour bloquer la certification du candidat démocrate, si ce dernier l’emporte. Un homme portant le même nom que l’élu républicain sortant, Dan Sullivan, convoite aussi le siège au Sénat, et le GOP soutient qu’il s’agit d’une manœuvre des démocrates pour favoriser leur candidate en semant la confusion dans la tête des électeurs.

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