Élections partielles fédérales | Les libéraux raflent Chicoutimi–Le Fjord

(Ottawa) C’est un balayage en règle pour les libéraux de Mark Carney. Le Parti libéral du Canada (PLC) a remporté les trois élections partielles en jeu lundi soir, dont celle dans Chicoutimi–Le Fjord, avec plus de la moitié des votes.
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Nommer le député conservateur Richard Martel au Sénat aura été payant pour Mark Carney. Et être plongé en pleine guerre commerciale avec la Maison-Blanche semble l’avoir été tout autant. La soirée aura été faste pour les libéraux qui ajouteront un 44e député québécois à leur caucus.
Le PLC a confirmé son statut majoritaire à la Chambre des communes en défendant les sièges de Beaches–East York, dans la région de Toronto, et de North Vancouver–Capilano, en Colombie-Britannique, avec d’écrasantes majorités.
« À ce moment charnière pour le Canada, les électeurs ont accordé leur confiance au plan de notre gouvernement, a déclaré M. Carney. Nous accueillons leur appui avec humilité et détermination. »
Mais c’est la victoire dans Chicoutimi–Le Fjord qui marquera les esprits. Selon les résultats préliminaires, Daniel Gobeil, ancien président des Producteurs de lait du Québec, a remporté 51 % des voix, loin devant la bloquiste Caroline Dubé (33 %) et le conservateur Régis Gaudreault (12 %).
PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE
Daniel Gobeil célèbre sa victoire.
Le Parti libéral n’avait pas gagné depuis 2015 dans cette circonscription québécoise. Qui plus est, les Saguenéens n’ont voté qu’à deux reprises pour le parti au pouvoir depuis le début du millénaire.
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La soirée de lundi aura été particulièrement difficile pour les conservateurs qui ont terminé troisièmes dans deux des trois circonscriptions en jeu, dont en Ontario où le Nouveau Parti démocratique (NPD) a eu un regain de vie.
La défaite conservatrice dans la circonscription québécoise, qui était représentée depuis 2018 par le « coach » Richard Martel, est particulièrement cinglante. Le parti a perdu plus de 20 points par rapport à l’élection de 2025.
Il s’agit du premier siège qui échappe au parti dirigé par Pierre Poilievre dans le cadre d’une élection partielle et le cinquième qui passe aux mains des libéraux depuis l’élection de 2025. Quatre députés conservateurs se sont joints au parti de Mark Carney dans les derniers mois, lui donnant ainsi la majorité qu’il convoitait tant.
Revers du Bloc
Pour la deuxième élection partielle consécutive au Québec, le Parti libéral remporte un duel contre le Bloc québécois. Les libéraux avaient battu la formation indépendantiste dans Terrebonne au printemps. Cette fois-ci, la course n’a jamais été serrée. Le chef Yves-François Blanchet a concédé la victoire aux libéraux un peu plus d’une heure après la fermeture des bureaux de vote.
Il y a déjà sur la scène canadienne deux formations politiques : le Parti libéral du Canada et le Parti conservateur du Canada. Maintenant, et de façon claire, il y a deux formations politiques au Québec : le Parti libéral du Canada et le Bloc québécois.
Daniel Gobeil représentera donc une circonscription où la guerre commerciale avec les États-Unis est un enjeu incontournable.
L’industrie forestière, la gestion de l’offre et le secteur de l’aluminium sont sans conteste dans la ligne de mire du président Donald Trump. Le gouvernement Carney veut, pour sa part, contrer les politiques protectionnistes américaines en misant sur l’expansion du port de Saguenay.
À l’instar des bloquistes, les libéraux voient en ce port une infrastructure névralgique afin d’augmenter les exportations de minéraux critiques vers l’Europe, entre autres choses.
Et cette guerre commerciale aura eu son mot à dire dans cette élection puisque Mark Carney a annoncé qu’il mettait un terme aux négociations avec les Américains alors que le vote par anticipation était en cours. Il avait en plus annoncé que le Canada répliquerait le 8 septembre à de nouveaux droits de douane américains de 50 % sur des centaines de produits entrant aux États-Unis.
M. Carney avait alors déclaré que le Canada était attaqué par l’administration Trump, notamment en matière de protection de la langue française, et par une tentative de restreindre la capacité du Canada à conclure d’autres accords commerciaux.
Depuis ce jour-là, le premier ministre et son parti sont encore plus populaires qu’ils ne l’étaient, y compris au Québec.
Un récent sondage Synopsis-La Presse révélait que les libéraux ont fait un bond de cinq points de pourcentage après la suspension des négociations et qu’ils jouissaient désormais de l’appui d’un électeur sur deux (48 %). Dans ce sondage, les libéraux devançaient les bloquistes par 24 points et les conservateurs par 31 points.
L’élection dans Chicoutimi–Le Fjord était particulière en raison du chevauchement avec le début de la campagne provinciale québécoise. Le taux de participation préliminaire est d’environ 42 % pour cette circonscription.
Deux autres gains
En Colombie-Britannique, le candidat libéral Braeden Caley, qui était jusqu’à tout récemment un proche conseiller de Mark Carney, succédera à l’ancien ministre des Ressources naturelles Jonathan Wilkinson dans North Vancouver–Capilano.
À Toronto, le libéral Tanveer Shahnawaz a facilement remporté le siège de l’ancien ministre Nate Erskine-Smith dans Beaches–East York. Le NPD a récolté le quart des voix, devant le Parti conservateur qui obtient moins de 20 %.
« Dans la circonscription de Beaches–East York, notre parti a retrouvé sa forme de combat. Nous avons prouvé que la défaite de la dernière élection n’était qu’un revers passager. Ce soir, nous avons plus que triplé notre part des voix par rapport à la dernière élection et obtenu notre meilleur résultat depuis 2015 », a déclaré le chef du NPD, Avi Lewis.
C’est un moment merveilleux pour être un libéral au Canada !
PHOTO KEITO NEWMAN, LA PRESSE CANADIENNE
Le candidat libéral Tanveer Shahnawaz
Les libéraux se retrouvent désormais avec 173 sièges aux Communes. Ils en détenaient 174 avant qu’une vague de démissions déferle dans les derniers mois. Il faut 172 sièges au gouvernement pour avoir une majorité parlementaire lorsque les 338 sièges sont occupés.
D’autres élections partielles devront être déclenchées dans les prochains mois au fédéral, dont trois au Québec.
Les sièges de Rosemont–La Petite-Patrie, représenté pendant 15 ans par le néo-démocrate Alexandre Boulerice, celui de l’ancien ministre Steven Guilbeault (Laurier–Sainte-Marie) et du bloquiste devenu candidat péquiste Simon-Pierre Savard-Tremblay (Saint-Hyacinthe–Bagot–Acton), seront tous en jeu.
Chicoutimi–Le-Fjord
2025
- Richard Martel (Parti conservateur) : 34,14 %
- Marc St-Hilaire (Bloc québécois) : 31,19 %
- Stéphane Proulx (Parti libéral) : 31,12 %
2021
- Richard Martel (Parti conservateur) : 41,01 %
- Julie Bouchard (Bloc québécois) : 33,39 %
- Jean Duplain (Parti libéral) : 18,27 %
2019
- Richard Martel (Parti conservateur) : 36,82 %
- Valérie Tremblay (Bloc québécois) : 34,91 %
- Dajana Dautovic (Parti libéral) : 17,1 %
En chiffre
15
Nombre de victoires du Parti libéral dans Chicoutimi (devenue Chicoutimi–Le Fjord) depuis 1925. Il s’agit de la première victoire depuis 2015 et de la troisième seulement depuis 2000.
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