Coupes dans la fonction publique : le PQ rivalise avec les conservateurs

La promesse du Parti québécois (PQ) de faire « un grand ménage » dans l’appareil de l’État comprend plusieurs similitudes avec le plan dévoilé par le Parti conservateur du Québec (PCQ) il y a quelques semaines. Un fait que le chef conservateur, Éric Duhaime, a pris soin de souligner lundi.
Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a présenté son plan pour reprendre le contrôle
des finances publiques en réduisant de 2,5 % les coûts de rémunération dans l’ensemble du secteur public
. Des économies qui représentent, à terme, 4,7 milliards $ pendant un premier mandat péquiste de quatre ans.
Dans son grand plan pour « redresser » les finances publiques, le PCQ a promis de supprimer 20 000 postes de fonctionnaires – appelés, dans le jargon, des équivalents temps complet
(ETC) – sur cinq ans. Des économies anticipées, plus modestes, de 3,75 milliards $, selon les chiffres des conservateurs.
De son côté, le PQ n’a pas voulu établir un nombre précis d’ETC à couper, préférant prendre comme cible 2,5 % de la masse salariale de la fonction publique et parapublique
.
Les deux formations politiques comptent essentiellement sur l’attrition – des postes laissés vacants qui ne sont pas pourvus – et sur un gel d’embauches pour arriver à leurs fins.
En point de presse en fin de journée lundi, Paul St-Pierre Plamondon a attribué cette différence dans les calculs par le fait que le Parti conservateur cible seulement la fonction publique, alors que la proposition du PQ cible également le parapublic. Ce qu'on propose génère plus d'économies que la proposition conservatrice,
a dit le chef péquiste.
Les économies au niveau des milliards sont différentes, mais c’est un bon débat. Je suis content, j’ai hâte de débattre de ça avec M. St-Pierre Plamondon
, s’est néanmoins réjoui Éric Duhaime.

Le chef conservateur, Éric Duhaime, s'est réjoui que le PQ propose des coupures dans la fonction publique.
Photo : Radio-Canada / Marie-Isabelle Rochon
Un secrétariat à l’efficacité de l’État
Autre similitude entre les plans péquiste et conservateur : les deux proposent la création d’une entité, rattachée au Conseil du trésor, responsable de l’efficacité gouvernementale
.
Le secrétariat à l’efficacité de l’État et à l'allègement réglementaire
tel qu’imaginé par le PQ aura comme mandat de faire la révision de tous les règlements, programmes, procédures et normes en continu
, a dit M. St-Pierre Plamondon.
Ce sera un travail de moine. Ce sera de passer au peigne fin chaque contrôle bureaucratique, chaque règlement et se poser la question : "est-ce que vraiment c'est nécessaire, est-ce qu'on peut alléger quelque chose?".
Le chef péquiste entend ainsi débureaucratiser
l’État et libérer des sommes pour offrir plus de services directs
aux Québécois.
Tant le PCQ que le PQ comptent sur l’apport de l’intelligence artificielle pour réaliser leurs promesses. Notons que les deux partis se sont engagés à ne pas couper dans les services directs à la population.
J’espère que les autres vont continuer à nous copier!
, lance Duhaime
En point de presse lundi après-midi, le chef conservateur s’est réjoui
de voir le PQ parler de coupures
.
Le Parti conservateur n’est pas encore élu à l'Assemblée nationale [...] et déjà on est en train de faire bouger la fenêtre d’idées au Québec
, a lancé M. Duhaime quelques heures après l’annonce du chef péquiste. J’espère que les autres vont continuer à nous copier.
Tout le monde bouge vers nous et c’est une excellente nouvelle pour le Québec. Et je les encourage. J’espère qu’il va y avoir une surenchère dans les coupures
, a-t-il renchéri.
Les campagnes électorales, avant, c’était des pères Noël qui distribuaient des chèques! C’était de savoir lequel promettait le plus gros chèque. Aujourd’hui, c’est celui qui va promettre la plus grosse coupure!
Et ça, c’est le Parti conservateur qui a amené ce débat-là et on est en train d’amener les autres partis avec nous
, a-t-il ajouté, se targuant également d’avoir influencé la cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, dans sa promesse de ramener la mixité public-privé dans le réseau de la santé.
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