Comment les Belges les plus riches constituent-ils leur patrimoine, et comment faire de même?
Les 20 % des ménages belges les plus riches détiennent les trois quarts du patrimoine net du pays, ressort-il du nouveau rapport “Le Belge et son patrimoine”, publié par Keytrade Bank et l’Université de Gand (UGent). Fait marquant: leur salaire moyen n’est pas forcément beaucoup plus élevé que celui des autres. “La grande différence se situe ailleurs”, confirme le professeur Koen Inghelbrecht (UGent), qui donne cinq conseils pour se constituer soi-même un bon patrimoine.
Source: HLN
Ajoutez-nous à vos favoris Google
Le revenu mensuel net moyen d’un Belge actif s’élève à 2.500 euros, contre 2.300 euros pour les 20% des ménages les moins fortunés, et 3.000 euros pour les 20 % les plus riches. Soit un écart d’environ 30%, alors que ce dernier groupe détient près des trois quarts du patrimoine du pays, tandis que la moitié la plus pauvre du pays doit se contenter d’à peine 5,5% de ces mêmes richesses. Telle est la conclusion du nouveau rapport sur le patrimoine des Belges publié par Keytrade Bank et l’UGent.
“C’est le chiffre le plus surprenant de ce rapport”, déclare Koen Inghelbrecht, professeur d’économie financière. “Dans chaque tranche de la population, le salaire constitue la base principale du patrimoine. Sans revenu du travail, presque personne ne commence à s’en constituer un. Mais cela n’explique pas qui se retrouve finalement parmi les plus fortunés.”
Selon lui, l’explication réside surtout dans ce qu’il advient ensuite de ces revenus. “Le patrimoine est une réserve, le salaire un flux. Quelques centaines d’euros par mois, versés pendant 30 ans et placés à un taux de rendement élevé, peuvent, grâce à l’effet des intérêts composés, représenter une différence de plusieurs centaines de milliers d’euros.”
1. Mettez immédiatement de côté une partie de votre salaire
Les familles les plus riches ne gagnent donc pas nécessairement beaucoup plus, mais elles disposent systématiquement d’un revenu disponible plus élevé. Parmi les 20% des familles les moins aisées, 69% épargnent moins de 10% de leur revenu mensuel. Parmi les 20% des familles les plus riches, un quart met de côté chaque mois entre 20% et 30% de son revenu.
“Automatisez votre épargne et constituez d’abord une réserve.”
“Ne considérez donc pas automatiquement qu’un salaire plus élevé doive entraîner une hausse des dépenses”, conseille Koen Inghelbrecht. “Le pécule de vacances, les bonus et les primes de fin d’année se prêtent particulièrement bien à la constitution d’un patrimoine.” Parmi les 20% des ménages les plus riches, 7% épargnent même la quasi-totalité de leur pécule de vacances et de leur prime de fin d’année.
“C’est le levier le plus simple, car votre budget mensuel habituel fluctue. Automatisez votre épargne et constituez d’abord une réserve.” Le montant de cette réserve dépend de votre situation, mais Koen Inghelbrecht recommande, à titre indicatif, de prévoir l’équivalent de trois à douze mois de revenus.
2. Ne laissez pas votre argent dormir indéfiniment sur un compte d’épargne
Les revenus issus de l’épargne sont également plus fréquents chez les familles les plus riches. Six sur dix perçoivent des intérêts sur des comptes d’épargne ou des comptes-titres. Selon Koen Inghelbrecht, cela s’explique principalement par leurs réserves financières plus importantes. Mais cela ne constitue pas véritablement un élément moteur dans la constitution de leur patrimoine.
“Le taux d’intérêt des comptes d’épargne est généralement inférieur à l’inflation. Déterminez donc quelle part de votre argent vous n’aurez pas besoin d’utiliser au cours des cinq prochaines années, car elle ne doit pas nécessairement être placée sur un compte d’épargne.”
Si une personne souhaite, par exemple, épargner pour acheter un logement ou une voiture, ou encore réaliser des travaux de rénovation, il vaut donc mieux placer cet argent “dormant” ailleurs, notamment dans des investissements.
3. Investissez de manière diversifiée, régulièrement et surtout sans vous laisser guider par vos émotions
Près de 45% des 20% les plus riches tirent leurs revenus de fonds d’investissement, contre environ 21% de l’ensemble des ménages. Pourtant, selon Koen Inghelbrecht, il ne suffit pas simplement d’“investir davantage” pour augmenter son patrimoine. “Il est frappant de constater que les investisseurs actifs se situent aux deux extrémités de la répartition des richesses. Les investisseurs fortunés associent leurs connaissances à une stratégie, tandis que les investisseurs actifs moins fortunés agissent plus souvent de manière émotionnelle et opportuniste. Cela s’apparente davantage à un comportement de jeu.”
L’universitaire fait donc un constat simple: “La diversification des actifs est plus importante que la recherche incessante du bon placement. Par ailleurs, ceux qui optent pour des versements réguliers n’ont pas à se demander à quel moment précis il faut se lancer. Et plus on commence tôt, mieux c’est, grâce à l’effet des intérêts composés. Cela représente une stratégie plus payante que d’essayer de choisir le bon moment pour commencer.”
En ce sens, une stratégie payante consiste à diversifier ses placements grâce à des fonds d’investissement ou à des ETF. Keytrade Bank permet de le faire, mais ce n’est pas le seul courtier de ce genre en Belgique. Le marché est diversifié, avec des intermédiaires comme Bolero, qui gèrent toutes les taxes belges liées aux ETF. D’autres courtiers sont également populaires, à l’instar de Degiro, qui propose une formule à un euro de frais, mais ils ne permettent pas toujours cette gestion automatique des taxes belges.
4. Trouvez des sources de revenus complémentaires à votre salaire
C’est là que se situe, selon l’étude, la plus grande différence entre les différentes catégories de la population. Parmi les 20% les plus riches, 31% tirent leurs revenus d’une activité indépendante, contre 16% de l’ensemble des ménages. Chez les 5% les plus riches, ce chiffre atteint même 46%.
“L’entrepreneuriat combine trois éléments à caractère non-salarial”, explique Koen Inghelbrecht. “Vos revenus peuvent évoluer au rythme de votre réussite, vous pouvez faire fructifier vos bénéfices et l’entrepreneuriat peut déboucher sur un patrimoine en tant que tel.” Pour autant, il n’est donc pas nécessaire de démissionner tout de suite de son poste pour se lancer dans l’aventure. “La version la plus accessible de l’entrepreneuriat est l’adoption d’une activité complémentaire.”
“L’entrepreneuriat ne constitue pas une recette pour devenir riche. Il s’agit d’une voie risquée.”
L’immobilier locatif joue également un rôle important dans la constitution d’un patrimoine. 38% des 20% les plus riches perçoivent des revenus locatifs, contre 12% en moyenne pour la population totale. Sur l’ensemble des biens immobiliers annexes – c’est-à-dire en dehors de la résidence principale –, 83,5% de ce patrimoine se trouve entre les mains des 20% les plus riches.
Koen Inghelbrecht émet toutefois une mise en garde importante: “L’entrepreneuriat ne constitue pas une recette pour devenir riche. Il s’agit d’une voie risquée. Nos chiffres reflètent surtout les entreprises qui ont survécu.” De même, investir dans l’immobilier peut réserver de mauvaises surprises: locataires problématiques, dégradations progressives des bâtiments, remises aux normes, et ce sans compter les catastrophes naturelles qui peuvent endommager les biens immobiliers.
5. N’attendez pas de percevoir un héritage
Les Belges riches le sont-ils parce qu’ils naissent tout simplement riches? Pas nécessairement. Environ trois personnes sur cinq parmi les 20% les plus riches ont constitué leur patrimoine sans héritage ni donation. Pour autant, il est clair que la prospérité transmise de génération en génération peut aider. Ainsi, parmi les familles les moins fortunées, 11% ont déjà perçu un héritage, contre 33% dans le groupe le plus riche.
“Mais ces héritages arrivent tardivement. Parmi les baby-boomers – nés entre 1946 et 1964 –, 32% ont déjà reçu un héritage, contre seulement 13% des membres de la génération Z – nés entre 1997 et 2012. Ceux qui héritent ont généralement déjà constitué une grande partie de leur patrimoine.”
6. Faites un don
Pour régler ce problème d’attente de l’héritage, il peut être intéressant de faire un don. L’impact d’une telle initiative est souvent non négligeable pour les plus jeunes. Parmi les membres de la génération Z ayant reçu un don, 49% l’ont utilisé pour acheter leur logement principal. “Un don offert au moment où quelqu’un en a vraiment besoin a un impact économique plus important que la même somme versée vingt ans plus tard”, explique Koen Inghelbrecht.
“Il faut toutefois rappeler que ce bénéfice lié aux dons dépend de ce que l’on fait de cet argent.”
“Grâce à cet apport personnel, vous accédez à un prêt et donc à un logement. Vous empruntez moins et vous ne payez plus de loyer. Résultat: chaque remboursement participe à la constitution de votre patrimoine. Et la plus-value s’applique à l’ensemble du logement, pas seulement au montant que vous avez vous-même apporté.”
“Il faut toutefois rappeler que ce bénéfice lié aux dons dépend de ce que l’on fait de cet argent. Celui qui le dépense stimule l’économie, mais ne se constitue pas forcément de patrimoine. Celui qui le place sur un compte d’épargne perd en pouvoir d’achat, car le taux d’intérêt est inférieur à l’inflation. Et celui qui l’investit judicieusement ou l’utilise pour acheter un bien immobilier voit généralement son patrimoine s’accroître.”
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.