Ce drone de frappe français revendique 2 000 km de portée sans GPS, et un premier pays s’y intéresse déjà

Harmattan AI dévoile IRIFI, drone de frappe autonome annoncé à 2 000 km de portée, sans GPS. Le Maroc a signé une lettre d’intention.
Entre le Shahed, bon marché mais facile à abattre, et le Tomahawk, redoutable mais cher et rare, Harmattan AI veut se faire une place. La start-up française a présenté mardi 6 octobre IRIFI, un drone de frappe qui revendique 2 000 kilomètres de portée et se passe de GPS.
Un drone pour la frappe en profondeur
Harmattan AI le destine aux missions loin du front contre des cibles comme des dépôts, des sites industriels, des aérodromes, des postes de commandement ou des centres logistiques. Dans son communiqué, la firme précise qu’IRIFI embarque une charge utile non divulguée et se tire depuis un lanceur mobile en conteneur, pour un déploiement « rapide, agile et à grande échelle ». L’idée est de saturer les défenses par le nombre, ce que les missiles classiques ne peuvent pas faire.
Son PDG, Mouad M’Ghari, résume cette logique : « Le Shahed est bon marché et facile à produire en masse, mais il est imprécis et facile à abattre. Les Tomahawk et les Storm Shadow sont des concentrés de technologie très résistants, mais ils sont chers et produits en très petit nombre. » Selon lui, « l’autonomie fondée sur l’IA permet désormais de combiner le meilleur des deux mondes ».
Comment fonctionne-t-il ?
Tout se décide avant le lancement : des officiers choisissent les cibles et règlent les paramètres de la mission. Ensuite, selon l’entreprise, plus aucun contrôle humain n’intervient. Pour s’orienter, le drone ignore le GPS et ses équivalents, trop exposés au brouillage, et un guidage visuel prend le relais à l’approche de la cible.

Harmattan AI annonce un vol sous la détection radar et une précision au mètre. Un seul commandant, aidé d’une IA qui trie des images satellites, pourrait lancer des dizaines de frappes. Pour l’instant, la société ne donne ni le prix du drone, ni la nature de sa charge, ni de date de mise en service.
La société met en avant le principe « autonomie dans l’exécution, autorité humaine sur l’action létale ». Le choix des cibles reste validé par un humain, mais avant le lancement. Côté portée, elle est annoncée à 2 000 km et cette distance équivaut presque à deux fois la traversée de la France métropolitaine, du nord au sud. Impressionnant certes, mais cela ne suffit pas à faire d’IRIFI un cas à part puisque le Shahed-136 revendique déjà une portée de 2 500 km.
Ce qui peut permettre à IRIFI de se distinguer sur les champs de bataille modernes, c’est sa navigation sans signal satellite, qui lui permet de résister au brouillage électronique.

Une lettre d’intention avec le Maroc
Dès le lendemain de la présentation, l’Administration de la défense nationale marocaine et la filiale marocaine de Harmattan AI ont signé une lettre d’intention pour acquérir, développer et produire IRIFI dans le royaume, à l’ouverture du Marrakech Air Show. Harmattan AI affirme que les briques technologiques critiques du système seront développées et produites sur place, par des équipes essentiellement marocaines. L’accord prolonge un partenariat signé en juin 2026, qui prévoit l’ouverture d’un centre de R&D de l’entreprise à Rabat.
Il ne s’agit toutefois que d’une lettre d’intention, pas d’un contrat de livraison, et le système est encore au stade du développement.
Une start-up qui monte vite
Créée en 2024, Harmattan AI est la première licorne française de la défense, avec une valorisation supérieure à un milliard d’euros. Elle a levé 200 millions de dollars lors d’un tour mené par Dassault Aviation, avec qui elle travaille sur le programme NAMIB. En juin, l’armée française lui a commandé 5 000 microdrones Delco, à livrer au plus tard début 2027.
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