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Thursday, September 24, 2026

Le cliquet inversé, une fausse bonne idée ? "Les circonstances budgétaires actuelles ne le permettent pas", estime Julien Vandernoot

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Après un pic à 2,50 € du litre, le litre de diesel est redescendu ce jeudi matin à un maximum de 2,405 €. L’essence reste stable, à 2,058 € et le mazout de chauffage grimpe à 1,5881 €/litre pour les commandes de plus de 2000 litres. Mais malgré la demande d’aides d’urgence pour soulager les Belges, le gouvernement fédéral n’a à ce stade pris aucune décision.

La question a néanmoins déjà été abordée. Il y a quelques jours, le vice-premier ministre et ministre de l’économie, David Clarinval indiquait que l’activation du cliquet inversé "fera l’objet d’une discussion spécifique". Mais la mesure est-elle souhaitable ?

"Actionner le cliquet inversé aurait un coût assez important", estime le professeur de Finances publiques à l’UMons Julien Vandernoot. "On sait que les caisses de l’Etat sont vides et que l’Etat n’a pas de possibilités énormes en matière d’actions. L’autre problème du cliquet inversé, c’est qu’il touche tout le monde sans aucune discrimination. Il serait sans doute plus pertinent d’agir avec des aides plus ciblées pour cibler ceux qui ont de très bas revenus et ceux qui se déplacent énormément plutôt que d’agir à très large échelle. Et évidemment, les circonstances budgétaires actuelles ne permettent pas d’agir aussi largement selon moi que par un cliquet inversé".

"Si on ne dépend pas de la voiture ou si on dispose d'un voiture électrique, le cliquet inversé n'est pas la mesure qui aidera", affirme la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska. "Donc, on doit aller vers des mesures ciblées. Si c'est un cliquet inversé, il doit être temporaire et ne doit pas toucher tout le monde parce que ça creuse le déficit".  

"Ne commettons pas les mêmes erreurs qu’il y a quelques années parce que l’on paie encore l’addition de l’époque. Faisons quelque chose de très ciblé et temporaire", abonde Pieter Timmerman, patron de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB). Cette erreur, ce sont les chèques mazout. D’après Pierre-Frédéric Nyst, le président d’UCM, cette mesure introduite en 2022 pour faire face à la crise de l’énergie a coûté 5 milliards d’euros à l’Etat.

Vers un prêt à taux zéro ?

Alors que mettre en place ? "On doit quand même faire quelque chose et l’idée d’avoir un prêt à taux 0 ou à taux réduit est sans doute une bonne solution. Le chef d’entreprise doit faire des choix. Il a sa trésorerie, il doit rester compétitif. Et si sa trésorerie ne lui permet pas de faire un pas vers la décarbonation et un changement business model, il risque de ne plus être concurrentiel. Donc, si on a la possibilité d’avoir un prêt que l’on rembourse – ce qui veut dire que pour l’Etat, c’est relativement confortable puisque c’est de l’argent qui lui revient -, je pense que c’est sans doute une des solutions". Un sondage que l’UCM a réalisé au début de la guerre en Iran révèle que 85% des 600 répondants craignent une crise énergétiques. "Et sur ces 85%, la moitié nous disait risquer la faillite si la crise était vraiment élevée", précise Pierre-Frédéric Nyst.

De son côté, la secrétaire générale de la FGBT, Selena Carbonero-Fernandez plaide pour une contribution du secteur pétrolier. "Le cliquet inversé pourrait être une solution temporaire, mais cela va aider tout le monde. Les chèques à tout va, ça ne va pas. En revanche, des mesures pourraient être prises pour répondre à l’urgence. On pourrait envisager de contrôler les prix et peut-être de faire contribuer secteur pétrolier qui vraisemblablement est en train de faire des marges, peut-être sur le dos de la population".

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