PSPP a bel et bien été invité au Sommet Canada-UE, assure Carney
Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon s’offusque qu’Ottawa ne lui permette pas de prendre la parole au Sommet Canada-Union européenne (UE), qui s’ouvre jeudi à Montréal, pour plutôt lui proposer de « servir des crevettes cocktail » dans une réception.
« C’est non seulement un manque de respect grave, mais c’est surtout un important recul pour la capacité du Québec à agir de manière autonome et à défendre lui-même ses intérêts », a écrit M. St-Pierre Plamondon dans une déclaration publiée mardi.
Québec en a contre la décision d’Ottawa de lui refuser une prise de parole devant les invités conviés dans la métropole, parmi lesquels se trouvent le président du Conseil européen, António Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le Sommet constitue la prochaine étape du rapprochement des relations entre le Canada et l’UE, dont la présidente a évoqué en septembre la possibilité qu’il en devienne le premier « membre associé ».
Du point de vue du premier ministre, « le gouvernement fédéral a décidé d’entreprendre des négociations avec l’Union européenne, qui touchent directement le Québec, sans consulter le Québec ni lui permettre d’avoir une place à la table des négociations ». M. St-Pierre Plamondon rappelle que le Québec a pourtant été impliqué dans la négociation de l’Accord économique et commercial global, un accord de libre-échange entre le Canada et l’UE.
« Non seulement le gouvernement fédéral refuse de consulter le Québec et de le faire participer aux négociations, il cherche à lui imposer des décisions économiques qui touchent à ses champs de compétence, en rupture complète avec la doctrine Gérin-Lajoie. Il va même plus loin sur le plan symbolique en refusant au premier ministre du Québec de prendre la parole dans le cadre d’un événement sur son propre territoire où les intérêts économiques du Québec seront négociés », avance M. st-Pierre Plamondon.
Québec est « bienvenu »
De son côté, le gouvernement fédéral affirme avoir invité le premier ministre St-Pierre Plamondon à accueillir les dignitaires, une invitation que Québec a déclinée.
« Il est très bienvenu à participer dans le cadre de ce forum-là, de cette manière-là », a assuré le ministre Joël Lightbound, qui agit comme lieutenant du Québec dans le gouvernement Carney. « C’est un sommet Canada-Europe, alors je pense que c’est normal que ce soit entre le premier ministre et les représentants de l’Union européenne. Le premier ministre du Québec est invité, comme il est de coutume, à accueillir les dignitaires étrangers et à être présent au souper avec les autres premiers ministres des provinces », a-t-il ajouté.
Le chef du Parti québécois, lui, a plutôt ridiculisé cette offre.
« Pire encore, le gouvernement fédéral voudrait nous faire croire que le fait, pour le premier ministre du Québec, d’obtenir la permission de servir des crevettes cocktail lors d’une réception constitue une forme d’influence acceptable et suffisante dans la représentation des intérêts du Québec », a-t-il affirmé.
Il a commencé sa déclaration en faisant référence au film Le temps des bouffons de Pierre Falardeau, dans lequel le vidéaste « mettait en lumière, avec dérision, le fait que les Québécois sont traités en porteurs d’eau sur leur propre territoire, condamnés à se laisser dicter les décisions fondamentales de leur société par des élites financières qui n’ont aucune légitimité démocratique ».
La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a quant à elle rappelé que le premier ministre québécois est bel et bien invité au Sommet. « C’est une réunion de nature fédérale très importante. Et je pense que présentement, avec tout ce qui se passe dans le monde, on doit juste s’assurer qu’on puisse avoir une entente avec l’Union européenne. C’est ce que les Québécois veulent. C’est ce que les Canadiens veulent », a-t-elle affirmé.
Avant son chef, la ministre de la Justice Marie-Claude Sarrazin, aussi responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, avait dénoncé un « manque de respect élémentaire envers le Québec » de la part d’Ottawa. « Le gouvernement fédéral a fait le choix d’empêcher le Québec d’avoir un droit parole sur son propre territoire », avait-elle noté.
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