Tanzanie: l'opposant Tundu Lissu fait appel de sa condamnation pour «incitation» à la violence

Après la condamnation du principal leader de l'opposition tanzanienne à une peine de quatre ans de prison pour « incitation » à la violence, vendredi 6 novembre, ses avocats ont engagé la procédure d’appel de cette décision et entendent demander sa libération sous caution. Ils contestent notamment le fait que cette charge retenue contre leur client n'ait pas été portée à sa connaissance avant le début de son procès, ce qui ne lui a pas permis de s'en défendre.
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En Tanzanie, la défense de l'opposant Tundu Lissu contre-attaque. Samedi 7 novembre, ses avocats ont engagé la procédure d’appel et entendent demander sa libération sous caution après sa condamnation à une peine de quatre ans de prison, vendredi 6 novembre, pour « incitation » à la violence qui risque de l'écarter de la prochaine élection présidentielle.
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Prononcé après l'abandon des charges de haute trahison d'abord retenues contre lui - ce qui lui a permis d'échapper à la peine de mort -, ce chef d'accusation inattendu ne figurait cependant pas parmi les infractions initialement imputées au leader du parti d'opposition Chadema, ce qui conduit ses avocats à contester le verdict prononcé, ainsi que le calcul de sa peine.
Pour l’avocat principal de Tundu Lissu, Rugemeleza Nshala, l'opposant aurait en effet dû être averti de ce chef d'accusation avant le début de son procès afin de pouvoir se défendre. Mais celui-ci va aussi plus loin, en ayant une lecture des faits radicalement opposée à celle des juges. Là où ces derniers considèrent qu'un appel à bloquer des élections relève de l'incitation à perturber le scrutin, Rugemeleza Nshala défend un discours politique et interroge : « En quoi réclamer des réformes constitue-t-il une infraction ? ».
L'ouverture d'un espace politique ?
En ce qui concerne enfin la peine prononcée, ce dernier ne comprend pas pourquoi les 19 mois de détention provisoire déjà effectués par son client n’ont pas été déduits des quatre ans de prison auxquels il a été condamné, estimant par ailleurs qu'il aurait pu simplement écopé d'une amende.
Mais pour l’analyste tanzanien Francis Ibrahim, ce verdict relève surtout du compromis : tout en maintenant l’opposant en prison, la présidente Samia Suluhu Hassan évite ainsi la colère de la communauté internationale après la violente répression post-électorale de 2025 et laisse la possibilité d'un dialogue. « Le fait d’avoir retenu une qualification moins grave [contre Tundu Lissu] ouvre un espace politique. Dans un contexte où des personnes ont été tuées et où les pressions sont fortes, une condamnation à mort aurait fermé toute possibilité de discussion. [...] Là, dans la perspective d’une réconciliation nationale, il sera plus facile de revenir sur une condamnation pour incitation à la violence que pour haute trahison », explique celui-ci.
La présidente comprend que beaucoup de choses graves se sont produites au cours de son mandat et qu'elle n’a aucun intérêt à voir cela se poursuivre.
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