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Wednesday, October 21, 2026

Coup de pression de Ryanair : les Belges veulent voyager autrement, mais à quel prix ?

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Ryanair menace de supprimer 20 lignes et plus d’un million de sièges en Belgique si le gouvernement fédéral maintient sa taxe sur les vols. Cette menace relance le débat sur le modèle low-cost qui a démocratisé les voyages depuis les années 90. Pour Alain Decrop, professeur de marketing à l’UNamur et spécialiste de l’économie du tourisme, "le phénomène low cost, c'est une parenthèse de l'Histoire". Avant, prendre l’avion coûtait cher et les Belges voyageaient moins souvent.

Linda Lainé, rédactrice en chef de L’Écho touristique et autrice du livre Le Bon Usage du tourisme, anatomie des nouvelles tendances, rappelle que le trafic aérien continue de progresser et que l’envie de voyager ne faiblit pas. Malgré la hausse des coûts, les billets moyen-courrier n'ont pas nécessairement augmenté. Les compagnies hésitent à augmenter leurs tarifs, de peur de perdre leurs clients. Mais si leurs dépenses continuent de grimper, les prix pourraient finir par suivre. 

Le train, une alternative encore trop chère

Comment concilier l’envie de partir et l’urgence climatique ? La bonne volonté ne suffit pas toujours. "Dans le domaine du tourisme en particulier, c'est très difficile de mettre en œuvre des politiques publiques ou des campagnes de conscientisation pour faire en sorte que les gens voyagent moins", constate Alain Decrop. Même lorsqu’ils se disent préoccupés par l’environnement, les touristes continuent souvent à prendre l’avion. Pour lui, la sensibilisation doit donc s’accompagner de contraintes.

Encore faut-il proposer des alternatives accessibles. "Le train est devenu un mode de transport sexy", observe Linda Lainé. Pourtant, son prix reste un frein, notamment pour les familles. Selon les études citées par la rédactrice en chef de L’Écho touristique, en Europe, le billet de train coûte deux à deux fois et demie plus cher que celui d’avion. Alors quand il faut multiplier les billets pour partir à plusieurs, l’addition peut vite faire renoncer aux bonnes résolutions.

Le vélo et la randonnée, nouvelles envies de vacances

D’autres styles de vacances gagnent du terrain. La randonnée, le vélo et les séjours au plus près de la nature séduisent de plus en plus de voyageurs. L’offre s’est étoffée : hébergements adaptés aux cyclistes, itinéraires balisés, agences qui organisent les étapes et transportent les bagages. Le voyage peut ainsi devenir une expérience en soi, plutôt qu’une course vers une destination lointaine.

Depuis la pandémie, les envies semblent évoluer. "De plus en plus, ces hobbies, ces passions deviennent le déclencheur du voyage", remarque Alain Decrop. On part pour marcher, faire du vélo, assister à un concert ou participer à un événement sportif. Et lorsque l’activité peut se pratiquer près de chez soi, il n’est pas nécessaire de prendre l’avion.

Des vacances simples, mais pas forcément économiques

Voyager autrement coûte-t-il vraiment moins cher ? Tout dépend de ce que l’on recherche. Une randonnée près de chez soi peut être très abordable ; un trek ou des vacances consacrées à la gastronomie peuvent coûter beaucoup plus. "Il y a absolument toutes les gammes de prix", rappelle Linda Lainé.

Les vacances plus responsables ne sont donc pas forcément à la portée de tous. Entre le coût des transports, l’inflation et les contraintes du quotidien, les choix restent avant tout dictés par le budget. Pour Linda Lainé et Alain Decrop, l’envie de voyager autrement ne suffira pas pour faire changer les habitudes, il faut des alternatives pratiques, accessibles et financièrement réalistes.

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