"Je me suis retrouvée face à un choix" : Stéphanie Crayencour dévoile son deuxième roman autobiographique, "Tuer mon père ou lui pardonner ?"

Après "Le Papillon d’Or" il y a deux ans, Stéphanie Crayencour revient sur le devant de la scène littéraire. L’écrivaine, actrice et chanteuse belge publie "Tuer mon père ou lui pardonner ?", aux éditions Leduc. Le titre est interpellant, et pour cause, dans son premier roman, Stéphanie Crayencour parle d’une histoire très personnelle : sa quête vers l’au-delà après le suicide de son frère, Max, en 2018. Et avec "Tuer mon père ou lui pardonner ?", l’écrivaine dévoile à nouveau un douloureux pan de son passé… Non sans une pointe de sarcasme. "Avec mon père, j’ai toujours fonctionné avec l’humour. Ça me permet de prendre de la hauteur quand je perds pied face à des situations improbables. C’était donc important pour moi que ce livre fasse rire", raconte-t-elle à François De Brigode dans "Culture en prime".
Il faut dire qu’entre Stéphanie Crayencour et son père, Patrick, tout n’a pas toujours été rose. Elle affirme même avoir refusé de l’appeler "papa", un nom qui "se mérite", écrit-elle, préférant l’appeler par son prénom. Sur la quatrième de couverture, le père de Stéphanie Rittweger de Moor, de son vrai nom, est décrit comme un homme égoïste, irresponsable, instable et absent. "Même si j’admirais chez lui cette faculté de traverser le pire avec humour, je ne lui pardonnais pas l’enfer qu’il nous a fait vivre. Était-il fou, génial ou abruti ? Un peu de tout cela ou rien de tout cela ?", lit-on. C’est à la suite d’une énième tentative de suicide ratée qu’il est retrouvé à moitié mort à Ibiza. Incapable de mettre fin à sa vie seul, il demande à sa fille – arrivée sur l’île par le premier avion - de l’aider à y parvenir.
Aujourd’hui maman de deux enfants, je me suis rendu compte qu’il était peut-être temps de commencer ce travail de pardon
Stéphanie Crayencour, écrivaine belge
"Je me suis retrouvée face à un choix : ou je continue à vivre comme une victime avec ce filtre de la colère, de rancœur et de tristesse, ou je fais le choix de commencer un processus de pardon", confie-t-elle sur le plateau de "Culture en prime". "Très sincèrement, je pensais que je n’allais pas pouvoir lui pardonner. Je n’en avais pas envie, ça faisait plaisir à mon ego qu’il soit coupable de plein de problèmes. C’est très pratique, j’étais la victime et lui, le bourreau". "Aujourd’hui maman de deux enfants, je me suis rendu compte qu’il était peut-être temps de commencer ce travail de pardon", déclare-t-elle. "J’avais envie de me libérer de ça et je ne le regrette pas".
A présent, Stéphanie Crayencour assure être heureuse. Une légèreté que l’autrice devrait à ses souvenirs tristes, comme le suggère la maxime de Lao-Tseu, "le bonheur naît du malheur et le malheur est caché au sein du bonheur" (p.126 de son livre) ? "Je me le demande souvent. Faut-il avoir vécu des malheurs pour aspirer au bonheur ? Je ne suis pas sûre et je ne l’espère pas. En tout cas moi, j’étais peut-être un peu trop insouciante, légère, et donc la vie m’a amenée vers des événements qui ont fait que j’ai dû un peu plus m’interroger sur qui je suis, ce que j’ai envie d’être".
Et ce qu’elle souhaite notamment être aujourd’hui, c’est une autrice. Une autrice qui ne se repose pas sur ses lauriers. Après une carrière dans la chanson et en parallèle de son activité dans le cinéma, Stéphanie Crayencour travaille déjà à l’écriture de son prochain récit. "Je commence à écrire le troisième livre. Il traitera d’une réalité parallèle possible à travers les rêves", dévoile-t-elle en gardant une part de mystère.
Une chose est néanmoins sûre : il s’agira à nouveau d’une autobiographie. "Ça parlera toujours de choses que j’ai vécues, qui m’intéressent et que je voudrais explorer. Le rêve lucide en fait partie. Rêve, réalité ? Qui sommes-nous ? Vit-on un rêve là maintenant ? Je ne sais pas".
Ce que l’on sait nous, c’est que nous sommes en plein cauchemar : "Culture en prime", c’est déjà fini pour aujourd’hui. Mais avant de se quitter, on jette un œil aux recommandations de François. Ce week-end, François De Brigode vous emmène au Plaza, à Mons, avec la cinquième édition du "Rock & Roll Movie Day" (psssst, pour vous procurer l’un des derniers tickets, c’est par ici). Vous aurez le plaisir d’assister à sa présentation de "It’s Never Over, Jeff Buckley", un documentaire consacré sans surprise au chanteur américain. Mais si le rock’n’roll n’est pas votre tasse de thé, peut-être préférerez-vous le clip engagé du bluesman belge Thomas Frank Hopper qui questionne les dérives de notre société, ou encore le polar "La mort en trop" de Martin Michaud avec comme héros… Le médecin légiste Philippe Boxho !
"Culture en prime", c’est déjà fini, mais on se retrouve bien sûr la semaine prochaine ! D’ici-là, retrouvez nos précédents épisodes sur La Une et en streaming sur RTBF Auvio.
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