27 morts dans des frappes saoudiennes au Yémen, selon les Houthis
Les Houthis du Yémen ont annoncé samedi la mort de 27 personnes dans des frappes saoudiennes sur la région de Sanaa, contrôlée par le mouvement pro-iranien, en conflit contre le gouvernement yéménite et l’Arabie saoudite, qui l’appuie.
En riposte à la récente série d’attaques meurtrières, les combattants ont revendiqué des frappes contre des sites pétroliers et militaires en Arabie saoudite ainsi que l’aéroport de Riyad.
Après des tirs de missiles et de drones houthis quasi quotidiens en octobre contre le royaume, les combats semblent s’intensifier ces derniers jours sur le sol yéménite, où le conflit a repris en juillet après quatre ans d’accalmie, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
Cité par l’agence de presse Saba, le ministère de la Santé des Houthis a indiqué que des avions de la coalition militaire dirigée par Riyad avaient ciblé six maisons du village d’al-Shariya, à l’est de la capitale Sanaa.
Le bilan est de 27 morts parmi les civils, pour la plupart des femmes et des enfants, et 36 blessés. Saba avait auparavant recensé 22 personnes tuées et 30 blessées.
La chaîne Almasirah liée aux Houthis a diffusé une vidéo prise selon elle dans le village montrant de la fumée s’élever d’un site, des tas de décombres et des blessés hospitalisés.
Les autorités saoudiennes n’ont pas commenté ces informations.
Vendredi, au moins 30 personnes avaient péri dans un bombardement sur un marché du gouvernorat de Taëz (ouest), dont la ville du même nom est encerclée depuis des semaines par les Houthis. Les forces gouvernementales soutenues par Riyad et les Houthis s’étaient mutuellement rejeté la responsabilité de l’attaque.
Attaque contre un marché
En représailles, les Houthis ont affirmé samedi avoir lancé plusieurs attaques de missiles et de drones contre des positions militaires saoudiennes et l’aéroport de Riyad, qui avait dû être fermé mi-octobre après une frappe meurtrière.
Le mouvement a également visé des installations pétrolières du géant Aramco, a indiqué sur X le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree.
Plus tôt, la coalition menée par Riyad avait signalé une nouvelle interception et la destruction d’un missile de croisière se dirigeant vers la capitale.
La guerre au Yémen a éclaté en 2014 quand les Houthis ont pris le contrôle de Sanaa, puis d’autres régions, déclenchant en 2015 une intervention militaire menée par l’Arabie saoudite. Une trêve avait été conclue en 2022, mais les combats ont repris cet été.
Le conflit a fait des centaines de milliers de morts dans l’un des pays les plus pauvres du monde, en proie à une vaste crise humanitaire.
Depuis octobre, les forces saoudiennes bombardent régulièrement les positions houthies au Yémen, tandis que les combattants pro-iraniens multiplient eux leurs attaques contre les infrastructures pétrolières et aéroports saoudiens.
En septembre, une offensive des Houthis sur le littoral yéménite de la mer Rouge leur a permis de renforcer leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, point de passage stratégique du trafic maritime entre l’Europe et l’Asie.
Ils ont décrété un blocus en mer Rouge contre la flotte du royaume saoudien, premier exportateur de brut au monde. Selon le Wall Street Journal, les navires souhaitant emprunter cet itinéraire prennent désormais contact avec eux pour obtenir leur aval et sécuriser ainsi leur passage.
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