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Tuesday, September 29, 2026

Crimes sexuels | Deux ans de pénitencier pour un entraîneur d’arts martiaux « obnubilé » par un adolescent

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Un entraîneur d’arts martiaux « obnubilé » par un adolescent, au point de devenir son « coach sexuel », a été condamné mardi à deux ans de pénitencier. Les comportements déviants de Michel Talbi s’expliquent par son passé traumatique d’ex-soldat français, selon les experts.

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« Selon l’évaluation, le contexte militaire l’aurait exposé à une sexualité débridée, caractérisée par l’omniprésence de films pornographiques et les bordels de campagne lors des missions. Cela semble faire partie de la culture militaire », a retenu la juge Alexandra Marcil, mardi au palais de justice de Montréal.

La juge a écarté la peine « trop sévère » de 42 mois de pénitencier suggérée par la Couronne, se ralliant plutôt à la peine de deux ans de la défense, et ce, malgré les graves séquelles de la victime.

Le processus judiciaire a été « extrêmement long », a répété la juge mardi. À la dernière audience, elle avait reproché aux avocats de la défense de faire traîner le processus pour retarder l’imposition de la peine.

Michel Talbi a été reconnu coupable, l’an dernier, de nombreux chefs d’accusation : exploitation sexuelle d’un adolescent, production de pornographie juvénile et incitation à des contacts sexuels. L’homme de 60 ans a entretenu une « relation enflammée » avec un adolescent de 15 ans pendant des mois.

Le délinquant était l’entraîneur d’arts martiaux de la victime, un garçon vulnérable de 15 ans en totale admiration devant lui. « Il le considérait comme son idole. Il l’appelait son senseï. Parfois son maître », a résumé la juge.

Michel Talbi et la victime se sont échangé environ 10 000 messages – dont beaucoup étaient très crus – sur une période de plusieurs mois. Le délinquant démontrait une « ferveur » à l’égard du jeune, selon la juge. Il a même écrit « je t’aime » à des dizaines de reprises à l’adolescent.

Selon la juge, Michel Talbi a exploité sexuellement le garçon en tirant de la « gratification sexuelle » de leurs échanges écrits. En effet, le délinquant s’était improvisé « coach » sexuel et invitait l’adolescent à essayer de nouvelles positions sexuelles avec des filles. Il l’encourageait à se masturber en même temps que lui et à utiliser un anneau pénien.

À une occasion, ils se sont masturbés de façon simultanée, en étant dos à dos dans une salle de bain.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

À la dernière audience, Michel Talbi s’était caché avec un parapluie dans le corridor du palais de justice après s’être terré pendant une heure dans un petit local.

Il s’excuse en évoquant une balle de 9 mm

Dépression, automutilation, isolement, etc. : les conséquences sur la victime ont été très lourdes. Le jeune homme a cessé ses études et ses entraînements d’arts martiaux. Il vit toujours de la honte des années plus tard.

Au début de l’audience, Michel Talbi a présenté ses excuses à la victime, en évoquant curieusement une balle de pistolet.

Je ne pensais pas que des mots pouvaient faire aussi mal. J’ai pris conscience que d’écrire des milliers de messages pouvait être plus dangereux que de recevoir une balle de 9 mm.

Michel Talbi

La juge Marcil a retenu de nombreux facteurs aggravants à l’égard du délinquant, dont le contexte d’abus d’autorité, la vulnérabilité particulière de la victime, les séquelles importantes pour celle-ci, la longue période infractionnelle, etc.

Or, elle a aussi accordé un poids « considérable » aux facteurs atténuants, dont le « passé difficile » du délinquant, qui a été déployé sur de nombreuses missions « éprouvantes », ses enjeux de stress post-traumatique et son faible risque de récidive.

Selon des rapports, Michel Talbi ne présente pas de déviance sexuelle ou de cyberdélinquance. Ses infractions s’expliquant « surtout » par ses troubles psychologiques, dont son stress post-traumatique.

La juge retient ainsi le « profil particulier » de Michel Talbi. Il a été membre des forces spéciales de l’armée française, agent correctionnel au palais de justice de Montréal, en plus d’être décoré pour sa bravoure par la gouverneure générale du Canada. Il est aussi champion de karaté.

Selon la juge, une peine de moins de 30 mois de détention était adéquate. Elle a choisi de « baisser légèrement » la peine pour être en mesure d’ajouter un suivi probatoire de trois ans. Car il n’est pas possible d’imposer une probation si la peine surpasse deux ans.

« Ça a comme avantage de le soumettre à un encadrement probatoire prolongée, protégeant la victime, la société et les personnes d’âge mineur », a expliqué la juge.

Michel Talbi ne pourra pas travailler auprès des jeunes de moins de 16 ans pendant sept ans. Il sera aussi inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant 20 ans.

Me Estée Voukirakis a représenté le ministère public, alors que Me Jordan Trevick et Me Sara Abdel-Malik ont défendu le délinquant.

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