Le Nobel de chimie à un duo franco-japonais pour une découverte clé en pharmaceutique

Le prix Nobel de chimie a été décerné mercredi au Français Henri Kagan et au Japonais Kenso Soai pour avoir élucidé le mystère expliquant pourquoi une seule des deux formes de certaines molécules apparaît dans la nature, une découverte majeure pour le développement de médicaments.
Leurs découvertes ont joué un rôle déterminant pour les chimistes qui conçoivent des réactions destinées à la fabrication de produits pharmaceutiques
, a indiqué le comité Nobel dans un communiqué.
Une partie de ce secteur, la catalyse asymétrique, avait déjà été primée en 2001. Mais pas le professeur Kagan, considéré, en France et dans le monde, comme le père
de cette technique. Ce qui avait valu les protestations à l'époque du ministère français de la Recherche.
Henri Kagan, 95 ans, que l'Académie Nobel n'a pas réussi à joindre, est aujourd'hui professeur émérite à l'Université Paris-Saclay.
Kenso Soai, 76 ans, est professeur à l'Université des sciences naturelles de Tokyo. Il était en train de faire les courses, près de chez lui, quand on lui a annoncé la bonne nouvelle.
C'est le jour le plus incroyable de ma vie
, a réagi le lauréat, joint par téléphone par la Fondation Nobel.
Je pense que notre prix devrait amener les gens à reconnaître l'importance de la chiralité des molécules. Je suis donc particulièrement heureux à cet égard.
Comme les mains, certaines molécules, dites chirales, peuvent avoir des versions droite
ou gauche
, selon la façon dont elles reflètent la lumière. Avec des propriétés physiques identiques, mais des propriétés biologiques très différentes.

Une personne passe devant l'enseigne de l'Université des sciences de Tokyo avant la conférence de presse donnée par le lauréat japonais du prix Nobel de chimie, Kenso Soai, le 7 octobre 2026.
Photo : Getty Images / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
La chimie est le troisième prix scientifique des Nobel, après ceux de la médecine et de la physique, attribués lundi et mardi.
En 2025, il avait distingué de nouvelles structures moléculaires capables d'emprisonner des gaz.
Cette année, plusieurs secteurs radicalement différents suscitaient l'intérêt des experts qui tentaient de deviner le ou les lauréats : des recherches sur la thérapie génique aux hormones du sommeil, en passant par les travaux autour de la formation de monocouches auto-assemblées.
En plus d'être l'une des récompenses les plus prestigieuses de la planète, le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d'or et un chèque de 12 millions de couronnes suédoises, soit environ 1,7 millions de dollars canadiens.
Trump (encore) en lice pour le Nobel de la paix
Après la chimie, cela sera au tour de la littérature jeudi.
L'auteur hongrois László Krasznahorkai a été récompensé l'année dernière et plusieurs experts sondés par l'AFP s'attendent à ce que le prix revienne cette fois à une écrivaine non européenne.
Peut-être l'Américano-Antiguayenne Jamaica Kincaid, connue surtout pour son roman Lucy, ou encore la Chinoise Can Xue.
Le point d'orgue de cette saison des récompenses sera incontestablement le prix Nobel de la paix, qui sera remis vendredi.
Les chances de voir Donald Trump être récompensé sont quasi nulles, mais le président américain sera à nouveau dans tous les esprits après la campagne inédite qu'il a menée en faveur de sa candidature l'an dernier.
Cette année encore, le comité se sait observé.
Le prix d'économie clôturera la saison, le 12 octobre.
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