Les IA chinoises débarquent en force en Europe : Jordan, expert belge, met en garde contre un danger méconnu !


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La Chine compte bien s’imposer dans le monde des nouvelles technologies. Dès ce lundi, plusieurs géants chinois seront présents au Web Summit de Lisbonne, qui réunira plus de 70.000 participants. Intelligence artificielle, robotique ou voitures autonomes : les entreprises chinoises veulent séduire un marché européen soucieux de réduire sa dépendance aux États-Unis.
Pour les PME belges, l’argument économique peut peser lourd. Certaines intelligences artificielles chinoises coûtent nettement moins cher que leurs concurrentes américaines. Mais ces économies peuvent-elles mettre en danger les informations des entreprises ? Jordan Saint-Ghislain, fondateur de YETIC et spécialiste en cybersécurité dans la région de Tournai, connaît bien ces technologies. Il les utilise lui-même régulièrement. Pourtant, lorsqu’on lui demande s’il les recommande aux PME, sa réponse est immédiate : « Je ne le conseille pas ».
« On ne sait pas ce qu’ils font avec nos données »
Sa principale inquiétude concerne les informations confiées aux fournisseurs de ces outils. « On ne sait pas trop ce qu’ils font avec nos données. Ils expliquent qu’elles servent à entraîner leurs intelligences artificielles et à les améliorer. Mais lorsqu’elles partent à l’étranger, nous ne savons plus vraiment ce qu’elles deviennent ».
Documents internes, données commerciales ou informations sur les clients : les conséquences d’une mauvaise gestion de ces éléments peuvent être importantes pour une entreprise. Faut-il davantage se méfier des technologies chinoises que des américaines ? « Pas forcément. Nous sommes déjà chez Microsoft ou Google, qui sont américains. Pour le moment, soit nous donnons nos données aux Américains, soit nous les donnons aux Chinois ».
Des IA très évoluées
Le spécialiste rappelle que les lois protégeant les données ne sont pas identiques partout. Pour l’Europe, remplacer les géants américains par des fournisseurs chinois ne résoudrait donc pas nécessairement le problème de dépendance technologique. Malgré ses réserves, Jordan Saint-Ghislain reconnaît les qualités des outils chinois. « Je les utilise assez intensivement parce qu’ils sont très évolués. En Europe, nous avons notamment le modèle français Mistral, mais je trouve qu’il n’est pas encore suffisamment développé ».
Il comprend également les contraintes financières des petits entrepreneurs. « Moi, je le fais parce que je suis une petite PME et que chaque euro compte. Nous sommes sollicités financièrement de tous les côtés. Si nous pouvons économiser un peu d’argent, nous n’allons pas nous en priver, mais il faut tenir compte de tout ».
Mais son utilisation est bien différente de celle d’un internaute qui transmet directement des documents à un service en ligne. « Je télécharge les modèles et je les installe sur des serveurs situés en Europe. Je bloque les communications vers l’extérieur. Les données restent donc sur ces serveurs et ne partent pas vers d’autres pays ». Cette méthode nécessite des compétences informatiques et impose des contraintes. « Si j’installe la version d’aujourd’hui, je reste avec celle-ci tant que je ne fais pas de mise à jour. Comme je travaille dans l’informatique, c’est plus simple pour moi ».
« Attention au revers de la médaille »
Aux PME qui souhaitent adopter ces technologies, celui qui habite à La Glanerie, recommande de se renseigner sur les obligations légales et de faire appel à des spécialistes. « Il y a notamment l’AI Act européen. Si une entreprise utilise l’intelligence artificielle pour automatiser certaines tâches, comme le traitement des CV, elle doit connaître les règles qui s’appliquent. On voit partout des tutoriels pour faire des choses magnifiques avec l’intelligence artificielle. Mais attention au revers de la médaille : on peut envoyer des informations à des entreprises ou dans des pays sans maîtriser ce qu’elles deviennent. Tous les jours, il apparaît de nouveaux modèles et de nouveaux systèmes. Tout le monde est un peu perdu. Il faut se concentrer sur un modèle, apprendre à bien l’utiliser et surtout à le sécuriser », conclut-il.
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