Ce qui va changer pour les adolescents américains sur Instagram et Facebook après l'accord conclu par Meta

Attaqué par une trentaine d'États américains au nom de la santé mentale des adolescents, le groupe Meta, la maison-mère d'Instagram et de Facebook, accepte de verser une large compensation financière de 17 milliards de dollars. Meta s'engage à modifier sa stratégie numérique aux États-Unis, celle qui consiste à capter l'attention des plus jeunes et à les garder sur les plateformes le plus longtemps possible. Plusieurs dispositifs réclamés par les professionnels de santé vont faire leur apparition sur le sol américain.
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Meta, le groupe de Mark Zuckerberg, a conclu mercredi 26 août un accord avec 51 États et territoires américains face à l'addiction des plus jeunes aux réseaux sociaux. Les principales dispositions n'entreront en vigueur que pour les adolescents de ces juridictions, après validation par une juge fédérale.
Dans les six mois, les comptes des 13-17 ans des territoires concernés seront, par défaut, bloqués de minuit à 6h (heure locale), hors messagerie. Les notifications seront coupées de 22h à 7h et pendant les heures de classe. Les adolescents seront limités à deux heures par jour sur Instagram et Facebook cumulés. La messagerie et les vidéos longues, d'au moins 22 minutes, ne comptent pas.
Si Snap, TikTok et YouTube se soumettent aux mêmes obligations, par accord ou par une loi, État par État, le blocage nocturne s'étendra de 22h à 7h et la limite quotidienne tombera à une heure par application, et pendant dix ans au lieu de cinq.
Les filtres imitant la chirurgie esthétique vont être interdits et un fil non personnalisé par l'algorithme sera proposé dans les quatre mois. Selon Meta, les adolescents américains passent en moyenne environ une heure par jour sur Instagram.
La désactivation des likes, néfastes pour les adolescents
S’il fallait retenir l’une des mesures prévues par Meta, Darja Djordjevic, psychiatre et spécialiste des interactions sur les médias numériques à Stanford, choisirait celle sur les likes sur les publications des adolescents, rapporte notre correspondant à Washington, Vincent Souriau. En vertu de cet accord, Instagram va désactiver par défaut ce système de validation pour les moins de 18 ans, qui a des effets pervers très profonds : « Cela crée énormément d'insécurité et d'anxiété liée à la validation sur les réseaux sociaux de leurs photos et de leurs commentaires, explique Darja Djordjevic. Mais aussi beaucoup de dépressions. En fait, ils sont toujours en train de se comparer à leurs compatriotes et cela mène à des effets dépressifs. »
Darja Djordjevic insiste également sur un point crucial, la proposition de contenus adaptés à l'âge des utilisateurs, une mesure que Meta refuse de prendre : « Il faut vraiment modérer l'algorithme, que ça soit très différent pour un utilisateur qui a douze ans versus un utilisateur qui a vingt-cinq ans », insiste la psychiatre.
La mise en place d'un système de vérification de l'âge
Meta a également un an pour déployer un système de vérification de l'âge. Un nouveau compte dont l'âge n'est pas vérifié après 14 jours sera traité comme un compte d'adolescent. Pour les moins de 13 ans, interdits de plateforme par la loi fédérale, Meta devra présumer qu'un compte signalé est celui d'un enfant, sauf preuve du contraire, et développer dans l'année un modèle de détection. La question de savoir si Meta a violé cette loi reste sans réponse : l'accord est « agnostique » sur ce point, ont reconnu les États à l'audience.
Cet accord ne s'applique qu'aux États-Unis et, a précisé Meta, ne préjuge de rien ailleurs. Il ne couvre ni Snap, TikTok et YouTube, ni les milliers de plaintes de familles et de districts scolaires, ni le Nouveau-Mexique et la Floride qui poursuivent leurs procédures.
La recherche montre, dit Darja Djordjevic, que les réseaux sociaux peuvent aussi être bénéfiques pour le lien social, mais à condition que les usagers et leurs familles reprennent le dessus.
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