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Saturday, October 31, 2026

L’OSM finit en fanfare à San Diego

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L’Orchestre symphonique de Montréal a achevé sa tournée californienne avec deux concerts contrastés à San Diego, ville dont Rafael Payare est également le directeur musical. Le triomphe n’y a pas été qu’artistique.

Les drapeaux des États-Unis et du Canada s’affichent côte à côte sur les écrans géants du Rady Shell, avant l’ultime concert partagé entre les orchestres de Montréal et de San Diego vendredi soir. Dans leurs allocutions d’avant-concert, Martha Gilmer et Mélanie La Couture, directrices générales des deux institutions, ne manquent pas de souligner la portée symbolique de cette réunion en des temps troublés. Elles rappellent d’ailleurs la commande conjointe au compositeur Jimmy López de la Symphonie n° 6 « Monarch », inspirée par la trajectoire migratoire transfrontalière du papillon monarque — un concept englobant également le Mexique. L’œuvre sera créée en fin de saison.

Cette soirée placée sous le signe du partage a donné lieu à un événement spectaculaire sur la scène extérieure inaugurée à San Diego en 2022. Après la suite du Mandarin merveilleux de Bartók par l’Orchestre de San Diego et la Deuxième Suite de Daphnis et Chloé par l’OSM, les deux formations se sont réunies pour la Suite scythe de Prokofiev et Les Pins de Rome de Respighi.

La redoutable Suite scythe, interprétée par l’OSM à Lanaudière cet été, apparaissait encore plus éblouissante à 140 musiciens. Le clou de la soirée demeurait toutefois Les Pins de Rome avec, dans Les Pins de la voie Appienne, une idée un peu folle de Rafael Payare : placer les cuivres de la « banda », répondant à l’orchestre, sur le yacht d’un généreux mécène voguant le long de la scène, le tout sans le moindre décalage. Retransmis sur les écrans, ce moment unique et inattendu a coupé le souffle des spectateurs. Coup de chapeau, au passage, à la soliste au cor anglais de l’Orchestre de San Diego dans Respighi : son solo faisait immédiatement dresser l’oreille.

En salle

Au-delà de la scène, une véritable complicité s’est tissée entre les deux organisations. La veille, l’OSM se produisait au Jacobs Music Center, salle magnifiquement rénovée et inaugurée en 2024, véritable réussite de valorisation patrimoniale. L’acoustique séduit toujours autant : l’aération entre les pupitres rend l’écoute particulièrement limpide et équilibrée.

Tout comme à Los Angeles, l’ensemble montréalais a vivement impressionné le public, bien que pour d’autres raisons que dans la 10e Symphonie de Chostakovitch. Dans L’Oiseau de feu de Stravinski, c’est la finesse des textures de cordes et la subtilité des nuances piano, pianissimo et en dessous qui ont distingué sa prestation. On remarquait aussi la tenue remarquable de plusieurs pupitres, notamment les trompettes, les bassons et, bien sûr, les flûtes et clarinettes.

En contrepartie, la soirée a mis en lumière l’utilité d’une médiation envers le public désormais éprouvée par l’OSM, mais absente à San Diego : projeter le titre des différents épisodes d’un ballet durant l’exécution enrichit considérablement la lisibilité et l’écoute de l’œuvre. Le procédé aurait d’ailleurs tout autant servi, sur les écrans extérieurs, Le Mandarin merveilleux ou les volets de la Suite scythe.

Quant à Elysium de Samy Moussa, ce fut la lecture la plus accomplie offerte par l’OSM et Rafael Payare : plus libre, portée par un souffle encore plus puissant. Même constat pour le Concerto pour violon de Tchaïkovski, avec Leonidas Kavakos à son zénith, d’une superbe justesse, creusant toujours les contrastes dynamiques avec maestria. Si éclatant, même, que, fait rare, quelques spectateurs l’ont applaudi en pleine cadence du premier mouvement après un aigu impressionnant. Loin d’en être déstabilisé, le violoniste est apparu plus impérial et hargneux par la suite. Il retrouvera l’OSM dans cette même œuvre à Tokyo, en mars prochain.

Christophe Huss était l’invité de l’OSM lors de sa tournée en Californie.

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