Une étude révèle le rôle de la maison royale dans le passé colonial des Pays-Bas

La famille royale néerlandaise a été impliquée "avec conviction et sans réserves fondamentales" dans le colonialisme. C'est ce qui ressort d'une étude de trois ans sur le rôle de la famille royale dans l'histoire coloniale des Pays-Bas, entre 1600 et 2025, menée à la demande du roi Willem-Alexander.
Selon les chercheurs, le colonialisme de la maison royale s'est manifesté notamment par l'engagement de serviteurs noirs, la constitution de collections exotiques et le maintien de liens hiérarchiques avec des monarques dans les colonies. Cela conférait du prestige, a indiqué vendredi Gert Oostindie, auteur principal de l'étude, lors de la présentation du rapport. "Tous les gouverneurs, rois et reines, du moins jusqu'à la reine Wilhelmina incluse, étaient convaincus de la légitimité du colonialisme et de son importance pour les Pays-Bas", affirme M. Oostindie. "Et tous considéraient la guerre coloniale et la répression violente des soulèvements comme inévitables et justifiées. Les gouverneurs et le roi Guillaume Ier n'ont pas non plus manifesté d'objections au commerce de personnes réduites en esclavage ou à l'esclavage." "Jusqu'à la reine Juliana (souveraine des Pays-Bas de 1948 à 1980, NDLR), aucune critique n'a jamais été émise depuis les palais d'Orange sur le colonialisme, et la Couronne n'a jamais plaidé pour un autre cap. Aucun leadership à contre-courant n'a été démontré", a par ailleurs déclaré le chercheur Gert Oostindie. L'étude sur le rôle de la famille royale néerlandaise révèle que la Maison d'Orange-Nassau a gagné l'équivalent de près de 576 millions d'euros grâce à son implication dans l'histoire coloniale. Presque tout cet argent, soit un peu moins de 566 millions, a été généré dans les anciennes Indes orientales néerlandaises. La plus grande partie des rentrées financières n'a pas été tirée d'entreprises telles que la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) et la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (WIC) aux 17e et 18e siècles. Elle a été gagnée grâce à la Société de commerce néerlandaise et à la Société Billiton au 19e siècle. Willem-Alexander a qualifié les conclusions de l'étude de "sans fard et incisives". Il trouve "poignant et interpellant" le manque de leadership à contre-courant au sein de sa famille. "Ils étaient des personnes de leur époque", a dit le roi. "C'étaient les opinions dominantes de ce temps, aux Pays-Bas et dans toute l'Europe. Mais cela n'enlève rien au constat qu'un 'leadership à contre-courant' a fait défaut, là où il aurait peut-être pu faire la différence. C'est une conclusion qui me touche, même si je suis de trois générations plus tard". Le Roi a accueilli favorablement les résultats de l'étude. "Pour moi, votre travail n'est pas un aboutissement, mais une incitation. Je ne peux pas changer le passé. Mais je peux, au mieux de mes capacités, apporter une contribution positive au présent et à l'avenir." Le chercheur a salué l'actuel monarque, car ce dernier a présenté ses excuses en tant que chef d'État pour "l'esclavage atlantique et la violence extrême lors de la guerre d'indépendance indonésienne. Willem-Alexander a en tout cas osé jeter un regard ouvert sur le passé colonial familial", a-t-il conclu.
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