Guillaume Langlois ou l’art de la volte-face
Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. C’est ce qu’a dû se dire le candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans Nicolet-Bécancour, Guillaume Langlois.
Médecin depuis plus de 20 ans et cofondateur de la Coop santé de Sainte-Gertrude, il fait campagne pour une formation qui veut relancer l’exploitation du gaz de schiste. C’est donc logiquement qu’il se fait le défenseur de la fracturation hydraulique. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Au début des années 2010, le Dr Langlois s’est farouchement opposé aux puits de gaz de schiste, qu’il jugeait dangereux pour l’environnement et la santé des citoyens.
Pourquoi alors cette volte-face de la part d’un candidat qui s’engage à faire des dossiers en santé sa priorité ? Le Devoir lui a posé la question en marge d’un point de presse d’Éric Duhaime à Nicolet.
« Moi, je ne ferai jamais de compromis pour la santé des Québécois », se défend Guillaume Langlois. Dans sa circonscription, il est au coude-à-coude avec le péquiste Jérôme Gagnon. Le 5 octobre, il pourrait être le seul conservateur élu hors de la région de Québec.
Pour expliquer son revirement, M. Langlois soutient qu’il s’opposait à l’époque à la façon de faire du gouvernement Charest, qui avait selon lui mis de côté les études environnementales et le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). « Ç’avait été fait sans préparer la population. Ç’a été une catastrophe la manière que ç’a été fait », affirme cette figure connue de la région, qui organise des combats médiévaux sur sa propriété de Sainte-Gertrude.
Aujourd’hui, la donne aurait changé. Guillaume Langlois avance qu’il existe des façons d’extraire le gaz de schiste proprement, en récupérant l’eau de fracturation ainsi que les minéraux, les terres rares et le lithium, avant de les réinjecter. « On peut avoir une empreinte carbone neutre au final », fait-il valoir.
De là à garantir aux Québécois qu’il n’existe aucun risque environnemental ou sanitaire ? Le candidat ne répond pas directement. « La première chose qui est importante, c’est l’acceptabilité sociale. Ensuite, il faut passer par les processus environnementaux. C’est le BAPE qui va vous présenter les risques. »
Ce n’est pas la première fois que M. Langlois manie l’art du contre-pied. En 2012, il avait été candidat dans Jean-Talon pour Option nationale, un parti souverainiste de gauche. Il porte aujourd’hui les couleurs d’un parti fédéraliste de droite.
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