Forces armées canadiennes | Cour martiale pour un militaire accusé d’avoir partagé des secrets avec l’Ukraine

Un militaire canadien arrêté l’an dernier pour avoir partagé des informations sensibles avec l’Ukraine sera finalement jugé devant une cour martiale en décembre, a annoncé le bureau du juge militaire en chef mercredi.
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L’adjudant-maître Matthew Robar, qui travaillait dans une unité du contre-espionnage militaire canadien à Ottawa, avait été arrêté en décembre 2025 dans la foulée d’une enquête conjointe de la police militaire et de la Gendarmerie royale du Canada.
Selon des documents judiciaires présentés à un juge militaire lors de sa comparution initiale, il était soupçonné d’avoir fourni des secrets militaires à une « entité étrangère » qui serait « affiliée » aux services de renseignements d’un pays étranger. Les autorités n’ont pas identifié ce pays, mais le Globe and Mail et CBC ont révélé l’an dernier qu’il s’agit de l’Ukraine.
Toujours selon les documents présentés au juge militaire, M. Robar aurait fourni à ses interlocuteurs différentes informations protégées, notamment un rapport secret sur les services de renseignement de leur pays, les plans de mouvements d’un allié du Canada et l’identité d’un militaire canadien impliqué dans un travail confidentiel de collecte de renseignement.
Les interlocuteurs de M. Robar auraient ensuite fait savoir à des représentants canadiens qu’ils étaient en possession d’informations sensibles et auraient menacé de les rendre publiques si le Canada ne soutenait pas leurs intérêts.
« Bien que le Canada n’a pas cédé aux menaces de l’entité étrangère, la conduite de Robar lui a tout de même donné un rapport de force face au Canada », lit-on dans un des documents présentés au juge militaire.
Passible de deux ans d’emprisonnement
Depuis son arrestation, le dossier de M. Robar était entre les mains du Directeur des poursuites militaires, qui devait décider si des accusations seraient portées. Des accusations d’exécution négligente d’une tâche militaire, de conduite préjudiciable au bon ordre et à la discipline ainsi que d’entreposage négligent d’un fusil à pompe ont récemment été autorisées, et un procès devant une cour martiale a été prévu pour le 9 décembre, selon ce qu’a confirmé le bureau du juge militaire en chef mercredi.
Le bureau du juge militaire en chef a précisé que le premier chef d’accusation concerne « une relation non autorisée avec une entité étrangère » et un partage non autorisé de renseignements avec cette dernière entre septembre 2024 et février 2025, alors que M. Robar « était employé comme sergent-major du Quartier général de l’Unité nationale de contre-ingérence des Forces canadiennes ».
S’il était reconnu coupable, il risquerait ce que les militaires appellent la « destitution ignominieuse du service de Sa Majesté », soit l’expulsion des Forces armées canadiennes dans la disgrâce, ainsi qu’un maximum de deux ans d’emprisonnement.
Une enquête sur des menaces attribuées à la Russie
L’ex-ministre de la Citoyenneté de l’Immigration Chris Alexander, qui a déjà été diplomate en poste à Moscou, a confirmé à La Presse l’an dernier que l’adjudant-maître Robar l’avait contacté avant son arrestation.
Selon l’ancien ministre, le militaire menait une enquête sur des menaces à l’endroit de certains militaires canadiens, qui croyaient être ciblés par des agents russes.
« J’ai eu une conversation avec lui et il a été clair qu’il se penchait sur des menaces et d’autres activités hostiles », avait déclaré M. Alexander.
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, le Canada a manifesté plusieurs fois son soutien au gouvernement ukrainien. En septembre, Ottawa a augmenté son aide, avec l’annonce d’un investissement de 350 millions de dollars pour la livraison d’intercepteurs de défense aérienne ainsi qu’une injection de 23 millions de dollars pour aider les forces policières, la garde nationale et l’armée ukrainienne à affronter les « menaces hybrides » russes.
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