Rentrée parlementaire : l’absence de Bart De Wever et de budget agace l’opposition

L’ouverture officielle de l’année parlementaire 2026 ressemblait à s’y méprendre à la séance plénière de rentrée de l’année dernière.
Cette année encore, le Premier ministre a décidé de ne pas y assister. C’est la deuxième année consécutive que Bart De Wever n’est pas parvenu à accorder sa majorité sur la feuille de route budgétaire fédérale à temps pour la rentrée parlementaire. N’ayant rien à défendre devant les députés, il n’a pas prononcé son traditionnel discours de rentrée. "Le gouvernement m’a signalé qu’il n’y aurait pas de State of the union", a déclaré sobrement le président de la Chambre.
Pour le chef de groupe socialiste à la chambre, "c’est le mauvais remake, du mauvais film joué l’année dernière". Pierre-Yves Dermagne a dénoncé "à la fois l’échec de la méthode De Wever et l’échec de la politique de son gouvernement". Le député PS est notamment revenu sur les mobilisations syndicales des derniers mois. "Des dizaines de milliers de personnes sont dans la rue régulièrement et que fait ce gouvernement ? Rien ! Comme l’année passée Bart De Wever est aux abonnés absents. Ce gouvernement a choisi la facilité plutôt que la responsabilité. A la facilité, il ajoute la lâcheté de ne pas être présent aujourd’hui."
Selon le président du PTB, Raoul Hedebouw, tous les points de crispation autour de la table de négociation s’expliquent par la pression de la rue. "C’est pour ça qu’il n’ose pas venir devant nous, parce qu’il a peur", avance Raoul Hedebouw dans une tentative d’analyse de l’absence du Premier ministre.
Sarah Schlitz, Ecolo a de son côté comparé l’absence de Bart De Wever à celle d’un étudiant qui ne se présenterait pas à ses examens. "Le Premier ministre va directement en deuxième session, bel exemple pour la jeunesse. Vos ministres ne se donnent pas les moyens d’atterrir sur un budget qui réponde aux attentes de notre société."
"On ne parle pas tant de l’absence du Premier ministre pour prononcer son discours." Ce n’est pas l’essentiel aux yeux de la cheffe de groupe Anders, Alexia Bertrand. "On parle de ce que cela signifie en pratique : pas d’accord, pas de plan, pas de perspective, pas de budget et le risque de recourir à nouveau aux douzièmes provisoires". Pour l’ancienne ministre secrétaire d’Etat au Budget, aujourd’hui dans l’opposition, la majorité doit se remettre d’urgence au travail et renégocier un accord de gouvernement. "Si vous ne venez pas très bientôt avec un plan, la situation deviendra catastrophique", a prévenu Alexia Bertrand.
François De Smet, député défi, a fait part de ce qu’il qualifie de dilemme de l’opposition. "Est-ce qu’il faut attaquer l’Arizona parce que leurs mesures sont brutales et injustes ? Ou est-ce qu’il faut les attaquer parce qu’ils sont nuls et qu’ils n’arrivent pas à accomplir leurs propres objectifs ? Comment est-il possible d’avoir exactement les mêmes débats que l’an dernier sur la TVA […], de ne pas tester d’alternative. Ça manque de créativité. Il est temps que cette majorité ait un sursaut ou en tire les conclusions !"
Aucun parti de la majorité n’a souhaité prendre part au débat qui a donc tourné court. L’opposition a demandé de faire venir le ministre des Finances pour répondre à ses questions. Le président de la chambre a soumis la demande au vote des députés qui l’ont rejeté à la majorité simple.
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