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Friday, October 16, 2026

Les quatre raisons pour lesquelles Bouchez bloque une hausse de la TVA: ses arguments tiennent-ils la route?

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Bart Van Craeynest, économiste en chef au Voka, passe au crible les arguments du président du MR, Georges-Louis Bouchez, contre une hausse de la TVA. © Photo News, DR

Budget fédéral

Dans la quête de 10 milliards d’euros d’économies et de recettes supplémentaires au niveau fédéral d’ici 2029, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, reste catégoriquement opposé à une hausse de la TVA (qui serait, pour l’instant, mise au frigo). Selon lui, une telle mesure doit être évitée à tout prix, car elle nuirait à l’économie et au pouvoir d’achat. Mais cette analyse est-elle fondée? Sondé par HLN, Bart Van Craeynest, économiste en chef de l’organisation patronale flamande Voka, passe ses arguments au crible.

Sabine Vermeiren

Source: Het Laatste Nieuws

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Georges-Louis Bouchez a détaillé les quatre raisons de son opposition dans un message publié dimanche dernier sur Facebook. Il affirme qu’il ne soutiendra en aucun cas une augmentation de la TVA. Ses arguments portent sur le pouvoir d’achat, l’inflation, la croissance économique et les achats transfrontaliers. HLN les a passés en revue, en les confrontant à l’analyse de Bart Van Craeynest. Les arguments du président du MR sont-ils valables?

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Bart Van Craeynest (Voka): “Une hausse de la TVA touche tout le monde. Tout dépend ensuite de la manière dont on gère l’indexation automatique des salaires. Une augmentation de la TVA alimente l’inflation, ce qui réduit effectivement le pouvoir d’achat. Mais, en Belgique, cette inflation entraîne aussi une hausse des salaires via le mécanisme d’indexation automatique. Il existe un certain décalage dans le temps, mais il reste relativement limité. Si cette hausse de TVA n’est pas compensée dans le calcul de l’indexation, la perte de pouvoir d’achat demeure finalement assez contenue. En revanche, la facture est alors transférée aux entreprises, qui doivent absorber des coûts salariaux plus élevés.”

“Georges-Louis Bouchez insiste sur les bas revenus parce que ces ménages consacrent proportionnellement une part plus importante de leurs revenus à la consommation. Une possibilité serait de faire des choix ciblés: par exemple, réduire la TVA sur les produits alimentaires de première nécessité afin de protéger la consommation de base, tout en l’augmentant sur les biens de luxe. Mais c’est un exercice complexe.”

“C’est exact. Une hausse de la TVA entraîne une augmentation des prix et, par définition, une inflation plus élevée. Et si l’indexation automatique des salaires entre en jeu, cela entretient encore davantage cette inflation.”

“C’est également vrai. Si l’on choisit un saut d’index, le pouvoir d’achat des ménages diminue et la consommation recule. Si l’on maintient l’indexation, les entreprises doivent faire face à une hausse des coûts salariaux, ce qui affaiblit leur compétitivité. Dans les deux cas, l’effet sur la croissance est négatif.”

“Là où Georges-Louis Bouchez se trompe, c’est qu’il raisonne de manière trop isolée. Le gouvernement doit trouver 10 milliards d’euros. Il est impossible d’y parvenir sans que quelqu’un en supporte le coût et sans conséquences économiques. La véritable question n’est donc pas de savoir si une mesure est mauvaise pour la croissance, car elles le sont toutes. Il faut plutôt se demander laquelle est la moins dommageable. C’est cela qui devrait être au cœur du débat.”

“Il faut retirer 10 milliards d’euros de l’économie afin de maîtriser un déficit budgétaire devenu incontrôlable. Toutes les mesures doivent donc être comparées entre elles. Une hausse de la TVA est défavorable à la croissance, mais une augmentation d’autres impôts l’est tout autant. Peu importe où l’on réduit les dépenses ou où l’on augmente les recettes, il y aura toujours un impact négatif sur le pouvoir d’achat et sur la croissance économique. Pourtant, cet effort est inévitable. Il faut rétablir l’équilibre des finances publiques, et cela fera nécessairement mal.”

“Le débat devrait porter sur la manière de limiter au maximum ces effets négatifs. En Belgique, la fiscalité sur le travail et le capital est déjà parmi les plus élevées d’Europe. En revanche, en matière de TVA, nous figurons parmi les pays les moins taxés. Dès lors, malgré les quatre arguments recevables avancés par Georges-Louis Bouchez, si l’on veut agir du côté des recettes, la TVA reste la solution la moins mauvaise.”

“Je relativiserais fortement cet argument. C’est celui auquel j’accorde le moins d’importance parmi les quatre. Il y aura toujours des consommateurs qui feront leurs achats de l’autre côté de la frontière, mais c’est déjà le cas aujourd’hui. Prenez le carburant: les Néerlandais viennent régulièrement faire le plein en Belgique. Les différences de fiscalité et de prix existent et les habitants des régions frontalières en profitent dans un sens comme dans l’autre. Une hausse de la TVA ne sera jamais d’une ampleur telle qu’elle modifierait fondamentalement ce phénomène.”

“Certes, le taux normal de TVA de 21 % est relativement élevé en Belgique. Mais il ne faut pas oublier que nous appliquons de nombreuses exceptions. On pourrait aussi décider de maintenir le taux normal et de réexaminer les nombreux produits bénéficiant d’un taux réduit. Par rapport à d’autres pays, la Belgique compte beaucoup plus de dérogations, dont certaines sont difficiles à justifier. C’est également une piste d’action. Mais, encore une fois, si l’on veut augmenter les recettes publiques, il faut regarder du côté de la TVA. L’impact sera effectivement négatif, mais moins négatif qu’une hausse de la fiscalité sur le travail ou sur les entreprises.”

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