Les ayants droit d’Elvis Presley poursuivent Anthropic pour 41 millions $ US

Les détenteurs des droits du catalogue musical d’Elvis Presley poursuivent l’entreprise d’intelligence artificielle (IA) Anthropic, alléguant qu’elle a utilisé 274 chansons du « roi du rock n’ roll » pour entraîner ses modèles, dont Claude, sans leur autorisation.
La poursuite, déposée vendredi devant un tribunal de la Californie, réclame plus de 41 millions de dollars américains (57,6 millions $ CA) en dommages, soit 150 000 $ US (210 734 $ CA) par chanson, selon ce que rapporte le New York Times.
Parmi les chansons concernées, on compte notamment Can’t Help Falling in Love, All Shook Up et A Little Less Conversation.
Les demandeurs dans cette affaire cherchent à faire respecter leurs droits exclusifs contre un défendeur qui a bâti l’ensemble de son modèle d’affaires sur la violation du droit d’auteur à une échelle sans précédent
, a écrit l’avocat principal Richard Busch dans la demande.
La poursuite allègue que depuis sa création, le modèle d’IA Claude, d’Anthropic, a généré du contenu portant atteinte au droit d’auteur à partir de pratiquement toutes les chansons de tous les catalogues accessibles sur Internet
.
De multiples poursuites contre Anthropic
Selon le New York Times, un porte-parole d’Anthropic a déclaré dimanche, dans un bref communiqué, que l’entreprise contestait les allégations et entendait se défendre dans cette affaire.
L’avocat représentant les ayants droit de la musique d’Elvis Presley – parmi lesquels figurent la société de gestion de licences Authentic Brands Group, Raleigh Music Publishing, plusieurs fiducies et au moins une personne – n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaires du journal américain.

L'entreprise Anthropic est visée par de nombreuses poursuites.
Photo : Reuters / Dado Ruvic
La semaine dernière, l’entreprise de musique indépendante Reservoir a également poursuivi Anthropic, l’accusant d’avoir usurpé des paroles et des mélodies protégées de titres comme Big Yellow Taxi de Joni Mitchell ou Papa Don’t Preach de Madonna, des allégations niées par Anthropic dans les pages du magazine Billboard.
L’entreprise dirigée par Dario et Daniela Amodi est également poursuivie depuis janvier pour 3 milliards de dollars par Universal Music Group, qui l’accuse d’avoir bâti Claude en utilisant des bibliothèques de chansons piratées.
Également la semaine dernière, une coalition d'éditeurs de presse canadiens, dont Postmedia, Torstar, The Globe and Mail et La Presse canadienne, a également déposé un recours contre Anthropic devant un tribunal de l'Ontario, affirmant que l'entreprise a porté atteinte à leurs droits d’auteur en utilisant leur contenu pour développer Claude.
La SOCAN poursuit Suno
Rappelons que la Société canadienne des auteurs-compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) a déposé le 2 septembre un recours judiciaire en Ontario contre une autre entreprise d'IA, la plateforme Suno, qui permet de générer de la musique.
La SOCAN réclame des dommages-intérêts ainsi que la totalité des bénéfices réalisés par Suno découlant de la violation de ses droits d'exécution, pour des montants qui devront être déterminés lors du procès.
Un montant de 10 millions de dollars en dommages punitifs est également réclamé en raison du caractère délibéré et flagrant de la contrefaçon commise par Suno
, écrit-on dans la poursuite.
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Avec les informations de New York Times, The Guardian et Billboard
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