Découverte exceptionnelle sous Paris : un rempart brûlé gaulois pourrait enfin relier la Lutèce de César à la réalité

Depuis février 2026, des archéologues de la Ville de Paris et de l'Inrap fouillent deux cours de l'Hôtel-Dieu. Cet été, ils ont mis au jour un mur mêlant pierre et bois, conservé sur environ 20 mètres, selon une technique caractéristique des fortifications gauloises de la fin de l'âge du Fer.
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À l'arrière, une plateforme artificielle de sables et de graviers atteint près de deux mètres d'épaisseur. Un fer de lance gaulois a aussi été retrouvé au pied du mur. Les premières datations au carbone 14 placent les éléments en bois entre 200 et 10 avant notre ère.
« Nous sommes peut-être face à l'un des vestiges les plus importants jamais découverts pour comprendre la Lutèce gauloise », a déclaré la ministre de la Culture Catherine Pégard, mais sa fonction et sa chronologie doivent encore être précisées.
Sous l’Hôtel-Dieu, ce mur de pierre et de bois pourrait être le premier vestige matériel du rempart de la Lutèce gauloise décrit par Jules César. © Anastasia Choquet – DRAC Île-de-France
Le récit de César face aux preuves
Jusqu'ici, la Lutèce des Parisii était surtout connue grâce à Jules César. Dans La Guerre des Gaules, il décrit un oppidum établi sur une île de la Seine. En 52 avant notre ère, alors que son lieutenant Titus Labienus affronte les Parisii, les Gaulois auraient incendié leurs propres installations avant l'arrivée des Romains.
Or, le mur de l'Hôtel-Dieu porte justement les marques d'un violent incendie. Son parement est brûlé, des graines carbonisées ont été retrouvées à proximité et les restes d'un bâtiment en bois détruit par le feu reposaient devant la structure.
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« La présence de traces d'incendie et de mobilier céramique contemporain de César a renforcé cette hypothèse », explique Dorothée Chaoui-Derieux, de la DRAC Île-de-France. Mais impossible, à ce stade, d'affirmer que cet incendie date bien de 52 avant notre ère.
Les traces retrouvées autour de ce mur renforcent l’hypothèse d’un violent incendie à la fin de l’âge du Fer, sans permettre encore de le relier avec certitude aux événements de 52 avant Jésus-Christ. © Hamid Azmoun, Inrap
César avait-il donc dit vrai ?
Pendant des siècles, l'île de la Cité a été considérée comme le site probable de la Lutèce gauloise, notamment parce qu'elle correspond à la description de César. Mais les preuves archéologiques manquaient, au point qu'une autre localisation avait été proposée : Nanterre.
Ce mur pourrait changer la donne. Son architecture, sa datation, son contexte et les traces de destruction par le feu dessinent un scénario compatible avec le récit antique. « Aujourd'hui, avec ce mur et son contexte, nous tenons peut-être la clé du mystère », résume Stéphane Deschamps, conservateur régional de l'archéologie.
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Le verdict n'est toutefois pas définitif. Les prochaines fouilles devront préciser la fonction du mur, sa date de construction et celle de son incendie. Si elles confirment l'hypothèse actuelle, César n'aurait donc pas inventé cette Lutèce insulaire. Près de 2 000 ans plus tard, son récit pourrait enfin trouver sa première preuve matérielle sous Paris.
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