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Friday, November 6, 2026

Crise budgétaire : pour Ludivine Dedonder (PS), Bart De Wever "va pleurnicher chez le Roi" sans apporter de solutions

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"On va gérer le pays comme des ingénieurs, pas comme des poètes", lançait au lendemain des élections de juin 2024 le président du MR, Georges-Louis Bouchez. Une pique visant notamment les socialistes qui, deux ans plus tard, tirent aujourd’hui à boulets rouges sur le gouvernement De Wever.

"Souvenez-vous de ces autoproclamés grands gestionnaires, les soi-disant ingénieurs du MR et des Engagés. On allait voir ce qu’on allait voir. Et en fait, ils n’arrivent pas à mettre deux lignes dans leur budget", tacle ce matin la députée socialiste et ancienne ministre de la Défense, Ludivine Dedonder.

Aujourd’hui, le nationaliste flamand s’en va pleurnicher chez le roi pour quémander son aide

Ludivine Dedonder, députée socialiste et ancienne ministre de la Défense

Pour les "poètes" socialistes, "on est dans une situation qu’on peut qualifier d’ubuesque. Nous avons Bart de Wever, qui ne trouve pas d’accord avec ses partenaires. Et aujourd’hui, le nationaliste flamand s’en va pleurnicher chez le roi pour quémander son aide", s’étonne la Tournaisienne.

Familière des négociations budgétaires gouvernementales, l’ancienne ministre de la Défense estime que les membres de l’Arizona "ne se donnent pas beaucoup de mal". Et à la socialiste de se lancer elle aussi tenter par la pique politique : "Pour faire travailler les gens plus et plus longtemps, là, ils sont forts. Mais quand il s’agit d’incarner eux-mêmes leurs mesures – on commence les négociations à 21 heures et on finit à minuit, une heure du matin - on jette l’éponge et après, c’est la cour de récré", juge-t-elle.

"On pourrait en rire si les conséquences n’étaient pas aussi catastrophiques pour la population, pour la classe moyenne, pour les malades, pour les pensionnés, pour les travailleurs, pour les jeunes, parce qu’au final, évidemment, ce sont eux qui trinquent de cette incapacité de gérer le pays", estime la socialiste.

Bis repetita

Interrogée sur la nature de la démarche du Premier ministre auprès du Roi, Ludivine Dedonder ne croit pas à une manœuvre tactique : "Je pense qu’ils sont incapables de gérer ce pays. C’est le chaos, c’est le désordre. Ce n’est pas nouveau que Bart De Wever présente sa démission. Et en à peine deux ans, on a systématiquement cette même rengaine. Donc ce qu’il faut, et ce que nous voulons, c’est qu’il y ait un cap, qu’il y ait un projet que l’on protège, que l’on rassure les gens".

Si l’inflation – poussée par la hausse des prix de l’énergie – est bien réelle, doit-on cependant mettre la faute sur le dos du gouvernement De Wever ? Les difficultés économiques ne sont évidemment pas l’apanage de l’Arizona, mais pour Ludivine Dedonder, les réformes prisent par le gouvernement fédéral n’aident pas les citoyens : "Il y a quand même toute une série de réformes qu’ils ont prises, dont la fameuse réforme des pensions qui va appauvrir les pensionnés qui vont perdre en moyenne 1000 euros par an. C’est aussi eux qui ont augmenté le minerval, ce sont eux qui augmentent le prix des TEC. Donc oui, ils aggravent la situation de manière importante" dénonce la socialiste. Rappelons néanmoins que les hausses du prix des inscriptions dans l’enseignement supérieur et des transports relèvent de décisions régionales – prises par la majorité MR /Engagés – et non de mesures fédérales.

Pas question de rejoindre un "gouvernement moribond"

À l’aube de cette crise politique et budgétaire, les libéraux flamands de Anders ont proposé d’offrir leurs huit députés pour tenter de trouver une majorité alternative (et évincer par la même occasion les socialistes flamandes de Vooruit du gouvernement, ndlr.). Une mesure à laquelle les membres de la majorité n’ont pour l’instant pas répondu.

Se pose néanmoins la question – théorique et plus que peu probable – d’un retournement de situation : si Vooruit et les Engagés appellent demain les socialistes francophones pour rentrer dans une majorité sans le MR, le PS entrera-t-il dans la danse ?

On ne va pas monter dans un gouvernement moribond pour faire la cinquième roue de la charrette

Ludivine Dedonder, députée socialiste et ancienne ministre de la Défense

Pour Ludivine Dedonder, la réponse est catégorique : "On ne va pas monter dans un gouvernement moribond pour faire la cinquième roue de la charrette. Ils ont un projet de société qui est à l’opposé de ce que nous portons. Si on arrive aux élections - même si on n’est pas demandeur - on préférerait qu’ils viennent avec un cap et un projet. Mais le problème de fond, c’est quoi finalement ? C’est la portée de l’effort budgétaire", souligne la députée.

"Aujourd’hui, l’effort budgétaire est porté à plus de 95% par la classe moyenne et la classe populaire. Et il continue, il s’entête à protéger les plus nantis. On a donc un déséquilibre profond dans l’effort budgétaire qui est fait", constate la socialiste, qui avance les priorités de son parti : "Ce qu’il faut faire, c’est faire contribuer les banques et les multinationales de l’énergie. Depuis le mois de mars, les entreprises pétrolières ont réalisé 1,26 milliard de bénéfices exceptionnels sur les ventes de l’essence et du diesel et l’Arizona ne leur demande aucune contribution. Vous trouvez ça normal ? Moi, absolument pas. Idem pour les très grandes fortunes. Ce n’est pas indécent, c’est juste les faire contribuer à hauteur de ce qu’elles gagnent", insiste Ludivine Dedonder.

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