Surpopulation carcérale : la loi d'urgence sur les détenus dormant au sol constitue un recul, affirment les syndicats

Un peu plus de deux semaines après la mise en place des mesures, on compte 66 détenus de moins dormant à même le sol. "La loi d'urgence promettait d'équiper chaque semaine une vingtaine de personnes d'un bracelet électronique afin de libérer de la place", rappelle Robby De Kaey. Bien qu'il y ait chaque semaine plus de trente détenus de moins dormant à même le sol, le syndicaliste estime que ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan. Ce lundi 19 octobre, 593 personnes dormaient ainsi encore à même le sol dans les prisons belges. L'organisation socialiste flamande, équivalent de la CGSP Prisons, ne croit pas à un revirement de situation. Les mesures aggraveraient même la situation par rapport à la précédente loi d'urgence. "Cela réduit encore davantage la possibilité de sortir", estime en effet Robby De Kaey, qui fait notamment référence aux conditions plus strictes en matière de libération anticipée.

Les conditions de détention en prison sont-elles dissuasives ?
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Même lorsque les condamnés purgeant une peine inférieure à dix-huit mois remplissent les conditions requises, ils se heurtent souvent à des obstacles pratiques. "Parfois, il n'y a tout simplement pas de bracelets électroniques disponibles. Ils se retrouvent alors dans une maison d'arrêt où des personnes dorment encore à même le sol." Pour le personnel également, la loi n'apporte aucun répit. "La Belgique compte 39 prisons. Avec 33 détenus dormant au sol en moins cette semaine, cela représente en moyenne un par établissement. Là où les besoins sont les plus pressants, personne ne remarque la différence", s'inquiète le syndicaliste socialiste.
© Belgaimage
Il plaide dès lors en faveur d'une politique plus ferme: "Suspendez l'exécution des nouvelles peines jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de détenus dormant au sol et libérez plus rapidement, sous certaines conditions, les détenus qui approchent de la fin de leur peine et qui ont suivi un parcours positif", propose-t-il. "Par ailleurs, il faut recruter du personnel et utiliser pleinement les capacités existantes".
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