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Thursday, October 22, 2026

PSPP présente, seul, un Cabinet de 23 ministres

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Observateurs et habitués ont été quelque peu déstabilisés, mercredi, alors que le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a présenté lui-même le Conseil exécutif qui aura pour mandat de gouverner le Québec jusqu'aux prochaines élections, la lieutenante-gouverneure ayant été invitée à suivre l'assermentation depuis son bureau.

La cérémonie, qui a commencé en retard, a duré plus de deux heures, au cours desquelles le nouveau premier ministre a présenté tour à tour les membres de son Cabinet, prenant le temps d'expliquer les raisons pour lesquelles il les avait choisis dans leurs rôles respectifs et ce qu'il attendait d'eux au cours des prochains mois.

Le défi sera de taille pour les troupes indépendantistes de M. St-Pierre Plamondon, ce dernier ayant été élu à la tête d'un gouvernement minoritaire à l'Assemblée nationale qui l'obligera à composer avec trois partis d'opposition pour voter des lois et adopter des budgets.

Le chef du PQ succède à Christine Fréchette qui, plus tôt dans la journée, s'était rendue auprès de la lieutenante-gouverneure, Manon Jeannotte, pour lui remettre sa démission, avant de quitter la colline parlementaire pour de bon.

Mme Jeannotte, par la suite, est demeurée dans son bureau de l'édifice André-Laurendeau, à un jet de pierre de l'hôtel du Parlement, pour suivre la cérémonie à distance, comme elle s'y était engagée, et signer, en temps réel, les nominations du nouveau premier ministre, qui aimerait abolir son poste de représentante du roi au Québec.

La lieutenante-gouverneure signant une nomination devant une télévision allumée.

Paul St-Pierre Plamondon, qui a dit vouloir « abolir ce qu'il y a de monarchie au Québec », avait demandé à la lieutenante-gouverneure Manon Jeannotte de ne pas se présenter à la cérémonie d'assermentation de son Conseil des ministres.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Paul St-Pierre Plamondon, comme on s'y attendait, a fait appel à ses députés les plus chevronnés pour combler les postes clés de son gouvernement.

Aussi a-t-il nommé : Marie-Karlynn Laflamme à la Santé, à la Prévention et aux Aînés; Joël Arseneau à l'Éducation nationale; Alain Therrien au Conseil du trésor; Nicolas Marceau aux Finances; Nicolas Girard aux Transports et à la Mobilité durable; et Catherine Gentilcore à l'Immigration et à l'Intégration.

Mme Gentilcore, en outre, a été désignée vice-première ministre, leader parlementaire du gouvernement et ministre responsable de l’Accession du Québec à l'Indépendance en vue de la tenue d'un référendum, que le PQ a promis de tenir dans le premier mandant, une fois que Donald Trump aura quitté la Maison-Blanche.

Catherine Gentilcore regarde vers le haut, souriante.

La vice-première ministre Catherine Gentilcore agira dorénavant comme «numéro 2» du gouvernement.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Des recrues, comme nous l'avions révélé en matinée, se sont aussi vu confier d'importantes responsabilités, comme : Stéphane Paquet au Développement économique, à l'Innovation et à l'Énergie; Guy Jr Lapointe à la Sécurité intérieure; Marie-Claude Sarrazin à la Justice; et Anne Nguyen à l'Intelligence artificielle et au Numérique.

D'autres députés, cela dit, ont accédé mercredi au Saint des Saints sans que personne ne l'ait prédit.

Wendat, l'ex-député bloquiste Simon-Pierre Savard-Tremblay devient par exemple ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit. Il travaillera de concert avec Pascal Paradis, désigné lundi négociateur en chef du gouvernement pour les relations avec les États-Unis et les peuples autochtones.

Jean Pellerin et Natalie Bisaillon, pour leur part, deviennent respectivement ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Protection de la biodiversité, de la Faune et des Parcs et ministre des Ressources naturelles et des Forêts.

Et Bernard Sévigny est nommé ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

Un Conseil des ministres format réduit

Le premier ministre, qui compte s'attaquer à la taille de l'État et faire le ménage dans les finances publiques, avait annoncé en campagne électorale son intention de présenter un Cabinet plus petit que celui de sa prédécesseure, par souci de cohérence. Et il a tenu parole.

Composé de seulement 23 ministres, soit six de moins que sous Christine Fréchette, le Conseil exécutif présenté mercredi est le plus petit depuis la Révolution tranquille, à l'exception de celui formé par Jean Charest en 2007, qui n'en comptait que 18.

Pour ce faire, Paul St-Pierre Plamondon a dû additionner les responsabilités, si bien que plusieurs membres de son Cabinet pourraient maintenant être qualifiés de « superministres », comme ce fut le cas pour Pierre Fitizgibbon dans le gouvernement de François Legault.

Des ministères ont également été fusionnés, alors que d'autres ont changé de nom.

C'est le cas, par exemple, du Tourisme, qui sera en quelque sorte « avalé » par le ministère du Développement économique, alors que celui de la Langue française sera fusionné avec celui de la Culture, du Patrimoine et des Communcations sous la houlette du vétéran Pascal Bérubé, qui amorce un septième mandat de député.

C'est d'ailleurs en présentant ce dernier comme quelqu'un ayant su maintenir le cap quand que le vent soufflait fort au PQ que le premier ministre a, pour la seule fois de la cérémonie, laissé l'émotion l'envahir quelques instants, avant de rapidement retrouver ses esprits.

Fini, le Conseil des régions

Paul St-Pierre Plamondon a par ailleurs distribué à ses ministres des responsabilités relatives aux 17 régions administratives du Québec, une tradition à laquelle Christine Fréchette avait tourné le dos en créant un Conseil des régions qui, de toute évidence, sera mis au rencart.

Stéphane Paquet hérite de la Métropole et de la région de Montréal, alors que Nicolas Girard, qui était jusqu'à tout récemment DG du RTC, s'occupera finalement de la Capitale-Nationale, le nouveau PM ayant résisté à l'idée de nommer un ministre non élu pour agir comme porte-voix de la région de Québec au Cabinet.

De la même manière, c'est Natalie Bisaillon qui sera chargée de représenter la région de Chaudière-Appalaches au Conseil exécutif, alors que la responsabilité de Laval échoira à Dieudonné Ella Oyono, nommé mercredi ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur.

Au final, toutes les régions où le PQ a fait élire des députés seront représentées au Conseil exécutif, hormis l'Outaouais et le Nord-du-Québec, la députée de Papineau, Isabelle Millette, et celle d'Ungava, Sonia Caron, ayant été laissées de côté.

Absente du Cabinet de 2022 à 2025, la région de l'Abitibi-Témiscamingue pourra cette fois compter sur la présence du nouveau député d'Abitibi-Ouest, Sébastien D'Astous, qui deviendra ministre délégué à l’Efficacité gouvernementale et à l’Allégement réglementaire de l’État.

37:04

Chantal Hébert, Jonathan Trudeau et Véronique Prince discutent du nouveau Conseil des ministres à l’émission « En direct avec Patrice Roy ».

Le Conseil exécutif sera composé de 25 membres, puisque Nadine Le Gal, nommée présidente du caucus, et William Fradette, désigné whip en chef du gouvernement, assisteront aux réunions aux côtés de Paul St-Pierre Plamondon et de ses 22 ministres.

Il comptera 10 femmes, soit 40 % du total, ce qui est généralement considéré comme le seuil minimal de la « zone paritaire ».

Interrogée à son arrivée à la cérémonie, l'ancienne première ministre Pauline Marois – qui, jeudi, offrira une formation aux nouveaux élus péquistes aux côtés de l'ex-directeur de cabinet de Jacques Parizeau, Jean Royer – a prévenu que les prochains mois ne seront pas de tout repos pour le PQ.

Un gouvernement minoritaire, je l'ai vécu, je sais que ce n'est pas facile, a mis en garde Mme Marois, qui a elle-même hérité d'une telle situation, en 2012, avant d'être évincée du pouvoir par son adversaire libéral Philippe Couillard aux élections générales subséquentes, deux ans plus tard.

Pauline Marois se prenant la tête avec les mains.

Pauline Marois (à gauche) s'est dite émue, mercredi, de se retrouver au parlement de Québec, où elle a passé «plus de 30 ans de [sa] vie».

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le PQ a fait élire 59 députés le 5 octobre dernier, contre 40 pour le Parti libéral du Québec (PLQ), 19 pour le Parti conservateur du Québec (PCQ) et 9 pour Québec solidaire (QS). Au pouvoir depuis 2018, la Coalition avenir Québec (CAQ) a été rayée de la carte.

Cette distribution pourrait toutefois être revue dans les prochains jours en raison de deux dépouillements judiciaires, dont un, mercredi, dans Vachon, a renversé l'élection de la candidate libérale Affine Lwalatika au bénéfice de son adversaire péquiste Stephan Fogaing. Le PLQ, cela dit, entend porter la décision en appel.

Le nouveau Conseil exécutif s'est réuni pour la première fois à 18 h, mercredi soir. La réunion devait notamment permettre de débloquer, en vue de l'hiver, des sommes destinées à la lutte contre l'itinérance, une responsabilité que Paul St-Pierre Plamondon s'est réservée à lui-même au sein de son Cabinet.

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