La démocratie belge en danger ? « S’il n’y a plus de dénominateur commun pour continuer à vivre ensemble... »

Crise climatique, défi migratoire, controverses philosophiques et religieuses, questions de genre, usage des réseaux sociaux… : nombreux sont les enjeux de notre époque à susciter des tensions au sein de la société.
S’ils n’en sont pas toujours les seuls bénéficiaires, les partis radicaux tirent une partie de leur carburant de la polarisation de la société. Ils contribuent par ailleurs bien souvent à l’alimenter, notamment en surfant sur des actualités à forte dimension émotionnelle.
« L’extrême droite tend à titiller les instincts primaires de la population et à jouer sur les peurs, qu’elles soient objectives ou montées en épingle. On crée une certaine réalité à partir de laquelle des émotions sont récupérées sur base de faits divers, comme avec l’affaire Gregory Lenoci », confirme Benjamin Biard, expert de cette mouvance politique.
Celui qui est docteur en sciences politiques de l’UClouvain relève néanmoins que des acteurs politiques plus traditionnels peuvent également contribuer à la polarisation de la société, notamment à travers leur mode de communication, qui peut parfois tendre vers du populisme.
« Les électeurs restent cependant relativement tolérants par rapport aux citoyens qui votent pour des partis auxquels ils ne s’identifient pas », constate toutefois Nathalie Schiffino-Leclercq.
De manière générale, les formations politiques sont souvent plus polarisées que ne l’est l’électorat lui-même. Ce qui explique peut-être que le climat politique, quoique parfois âpre, ne se traduise classiquement pas en Belgique par de la violence.
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