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Wednesday, October 21, 2026

Un long calvaire attend les grands brûlés de l’incendie de Wainwright

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Des médecins spécialisés dans le traitement des brûlures graves affirment que les soldats ayant subi de profondes lésions dans l’incendie survenu le week-end dernier à la base militaire de Wainwright, en Alberta, devront faire face à une convalescence longue et douloureuse. Ils sont exposés à des risques d’infection, à des problèmes respiratoires et à des défaillances organiques.

Le Dr Vincent Gabriel, directeur médical du Centre de traitement des brûlés des pompiers de Calgary, situé à l'Hôpital Foothills, dit que ces patients resteront hospitalisés non pas pendant quelques jours ou quelques semaines, mais pendant plusieurs mois.

Cela s’explique, notamment, par le fait que ce n’est qu’une fois que le patient a été intubé, pour maintenir ses voies respiratoires ouvertes et stabilisées grâce à des perfusions et à l’oxygène, que le travail de réparation de ses plaies peut commencer.

La longue prise en charge médicale est liée à la complexité des lésions. Outre l’inflammation grave, qui met les organes internes à rude épreuve, le risque d’infection est considéré comme le plus grand danger, car la peau endommagée a perdu sa capacité protectrice.

Montage photo des quatre militaires.

Un violent incendie a fait 4 morts et 39 blessés samedi dernier à la base militaire de Wainwrigt, à 200 kilomètres au sud-est d’Edmonton, en Alberta. (Photo d'archives)

Photo : The Loyal Edmonton Regiment / Facebook / Kane Lewis / Photo fournie par Wylder Goulding

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De multiples interventions à subir

Les grands brûlés doivent subir des interventions chirurgicales s’étalant sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, car les chirurgiens doivent retirer les tissus brûlés avant de pouvoir passer à la greffe de la peau prélevée sur d’autres parties non brûlées de leur corps.

Et ce n'est pas tout : comme l’explique le Dr Gabriel, une fois sortis de l'hôpital, ces patients ont souvent besoin d'un accompagnement continu et intensif pour apprendre à s'adapter à une nouvelle normalité .

La sortie de l'hôpital ne marque en aucun cas la fin de leurs besoins en matière de soins.

Des médecins croient que des cas tels que celui du caporal Sean Hiatt, qui a subi des brûlures sur près de la moitié du corps, pourraient nécessiter des mois d’hospitalisation, des interventions chirurgicales de reconstruction en continu et une rééducation à long terme.

Transporté à l’Hôpital d’Edmonton, le caporal Hiatt se trouve toujours dans un état critique.

Une ambulance en dehors du Wainwright Health Centre.

L’Alberta est la seule province canadienne à disposer de deux centres de traitement des brûlés certifiés par l’American Burn Association. (Photo d'archives)

Photo : Reuters / Jennifer Gauthier

Des ressources limitées, peu de lits

Par ailleurs, des médecins de première ligne préviennent que les longs traitements que nécessiteront les soldats victimes de brûlures corporelles graves pourraient mettre à l’épreuve la capacité du système de santé de l’Alberta.

Selon Danielle Fuchko, experte en préparation aux catastrophes liées aux brûlures et infirmière formatrice clinique, cela pourrait durer des mois.

Les recherches antérieures de Danielle Fuchko sur le triage et le traitement des brûlures ont servi à évaluer la capacité de la province à réagir à une catastrophe concernant un grand nombre de victimes.

Selon elle, bien que l’Alberta soit la seule province du Canada à disposer de deux centres de traitement des brûlés certifiés par l’American Burn Association, ces derniers présentent des capacités d’accueil limitées en cas d’afflux important de patients.

Il s’agit du centre que dirige le Dr Gabriel, à Calgary, et de l’Unité de traitement des grands brûlés des pompiers d’Edmonton, située à l’Hôpital de l’Université de l’Alberta. Ce sont les deux seuls centres spécialisés dans les soins pour grands brûlés dans la province, et chacun d'eux ne dispose que de huit lits.

Une brûlure est une blessure [...] dont les conséquences s’étendent à long terme et qui nécessite des ressources importantes pendant des mois, voire des années.

Le Dr Gabriel abonde dans le même sens, notant que des incidents concernant un grand nombre de grands brûlés peuvent rapidement poser un défi sur le plan des ressources, notamment dans les unités de soins intensifs.

De plus, selon lui, le traitement simultané de plusieurs patients peut rapidement épuiser les stocks d’équipements spécialisés et de fournitures médicales, tels que les instruments chirurgicaux, les pansements et les substituts cutanés.

Lors d’un incident avec un grand nombre de victimes, on peut être amené à utiliser tout ce dont on dispose.

Des équipes de secours et des militaires présents au centre de santé de Wainwright s'occupent des militaires blessés à la suite d'un incendie.

Le Dr Vincent Gabriel, médecin à Calgary, note que des incidents avec un grand nombre de grands brûlés peuvent rapidement poser un défi en matière de ressources. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / John Ulan

L’Ontario envoie 19 spécialistes

La première ministre Danielle Smith a indiqué mercredi que l’Ontario envoyait 19 infirmières spécialisées en soins pour grands brûlés et 5 autres professionnels de la santé en Alberta pour prêter main-forte au personnel médical.

Le Dr Alan Rogers et le Dr Marc Jeschke, tous deux spécialistes des grands brûlés et exerçant respectivement à Toronto et à Hamilton, en Ontario, s'étaient déjà dits prêts à venir en aide à leurs confrères de l’Alberta.

Danielle Smith a indiqué que, parmi les 27 soldats toujours hospitalisés, 13 se trouvaient dans un état critique.

Les brûlures que certains d'entre eux ont subies sont de l’ordre de 30 % à 80 % de la surface du corps, a-t-elle dit, soulignant que cela pouvait prendre jusqu’à 2 heures par patient pour changer les pansements.

Samedi dernier, dans l’après-midi, un changement soudain de direction du vent à la base des Forces canadiennes de Wainwright, à 200 kilomètres au sud-est d’Edmonton, a propulsé un feu de broussailles, qui brûlait jusqu’alors sans s’intensifier, vers des soldats effectuant des exercices de tir réel. L’incendie a tué quatre militaires, tandis que 39 personnes ont été envoyées à l’hôpital, certaines présentant des brûlures graves.

Avec des informations de Wallis Snowdon, de Bradley Van Paridon, de Rachel Maclean et de La Presse canadienne

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