Japon: avec 34 jours de pluie consécutifs, le pays bat un record historique

Ce mardi 29 septembre, Tokyo a enregistré son 34e jour consécutif de pluie. C'est la plus longue série observée depuis le début des statistiques comparables en 1886, a indiqué l'Agence météorologique japonaise (JMA).
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Alors que la saison des pluies s'achève normalement en juillet à Tokyo, les précipitations se sont poursuivies tout au long de l'été, provoquant notamment d'importantes inondations autour de la capitale. Masayuki Kyoda, un responsable de l'Agence météorologique japonaise, a déclaré à l'AFP que « la configuration météorologique particulière observée ce mois-ci s'explique en partie par El Niño », un phénomène climatique naturel qui entraîne une hausse des températures dans l'océan Pacifique.
Le réchauffement climatique, « un impact à long terme »
« Les fronts pluvieux d'automne persistent plus longtemps que d'habitude », a expliqué M. Kyoda. Selon lui, cette situation s'explique par le maintien, lui aussi inhabituellement prolongé, d'un système de hautes pressions dans le Pacifique. Il a indiqué que, même s'il n'était pas possible d'établir un lien direct entre cette série de journées pluvieuses et le changement climatique, un rapport de la JMA publié l'an dernier avait conclu que « le réchauffement climatique avait un impact à long terme sur la météo au Japon, notamment en entraînant davantage de précipitations ».
Le précédent record était de 33 jours consécutifs de pluie, entre le 27 juin et le 29 juillet 2019, a indiqué de son côté Kazuhiro Hirono, un autre responsable de la JMA. Cette situation intervient alors que 1,7 million de personnes ont été touchées par de récentes inondations en Thaïlande après qu'un puissant système météorologique a frappé la région, faisant 23 morts depuis la mi-septembre.
Pluies, tempêtes, sécheresses...
El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans. Ses effets se produisent désormais dans un contexte de réchauffement durable des océans causé par les émissions de gaz à effet de serre. La hausse des températures océaniques augmente également le risque de phénomènes météorologiques extrêmes, rappelle l'observatoire européen Copernicus. Un océan plus chaud apporte davantage de chaleur et d'humidité à l'atmosphère, ce qui peut intensifier les précipitations et les tempêtes mais aussi des sécheresses intenses. « Nous sommes à un tournant décisif », a reconnu la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, évoquant l'« été de vérité » qu'a connu l'Europe occidentale, avec plusieurs vagues exceptionnelles de chaleur.
La France à sec
Sans « anticipation » sur le dossier de l'eau « il peut y avoir un drame » l'année prochaine, a alerté Christophe Degruelle, l'un des vice-présidents des intercommunalités de France alors que le pays connait une sécheresse historique. « L'année prochaine, (...) pour les territoires qui n'auront pas anticipé, et même en anticipant, il y a des choses qu'on ne pourra pas régler, il peut y avoir un drame », a expliqué M. Degruelle, également président de l'agglomération de Blois au cours d'une conférence de presse suivie par l'AFP. « Si on n'a pas un automne et un hiver pluvieux (...), l'actualité de l'année prochaine, ce sera le problème de l'eau », a-t-il encore alerté, faisant valoir que certains grands fleuves sont quasiment à sec.
Ainsi, la Garonne est en situation de « crise » entre les Pyrénées et Toulouse du fait de la sécheresse prolongée qui contraint à un niveau jamais connu de restrictions d'usage de l'eau dans la zone, a annoncé le 25 septembre la préfecture de Haute-Garonne. « On n'a jamais connu un été comme l'été 2026 sur notre territoire et on a un croisement de deux paramètres jamais atteints: il n'a jamais fait aussi chaud et il n'a jamais aussi peu plu », a expliqué à l'AFP Baptiste Mandard, secrétaire général de la préfecture.
Concrètement, les autorités ne sont actuellement plus en capacité de poursuivre les lâchers d'eau depuis les lacs de barrage pyrénéens, qui avaient jusqu'ici permis de soutenir le débit de la Garonne. « Maintenant on est vraiment en crise, donc chacun doit agir », avait souligné le vendredi 25 septembre à la mi-journée, Jean-Michel Fabre, président de l'établissement public Garonne, syndicat de gestion des eaux du fleuve, interrogé par France 3 Occitanie. « Si tout le monde ne s'y met pas, on va être à la limite. Plus du tout d'eau potable, cela paraît peu probable mais en attendant, pour la première fois, oui, ce sujet est sur la table », a-t-il insisté.
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