Raz-de-marée démocrate aux élections de mi-mandat : est-ce la fin de l’ère Trump?

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Pendant que la poussière retombe après les élections de mi-mandat, d’anciens responsables canadiens et américains se demandent si la défaite historique des républicains ne sonne pas le glas de l’ère Donald Trump et du mouvement MAGA en politique américaine.
Tout dépendra de la façon dont se dérouleront les deux prochaines années
, a déclaré l’ancien gouverneur de l’Arkansas, Asa Hutchinson, lors d’une entrevue à l’émission Rosemary Barton Live.
Je m’attends à ce que le chaos se poursuive, ce qui n’est pas de bon augure pour l’héritage de Trump
, a-t-il ajouté.
Les démocrates ont enregistré des gains considérables mardi, remportant au moins 40 sièges à la Chambre des représentants des États-Unis et 7 sièges au Sénat américain, dont une victoire historique au Texas, bastion républicain.

La victoire de James Talarico dans la course sénatoriale au Texas est déjà devenue un symbole de la victoire des démocrates. (Photo d'archives)
Photo : AFP / RONALDO SCHEMIDT
Le parti pourrait également remporter deux autres sièges au Sénat, au Mississippi et en Alaska, selon les résultats définitifs.
À l'heure actuelle, les sondages brossent un tableau encore plus inquiétant pour les républicains, suggérant que le parti a perdu beaucoup de terrain dans chez les hommes blancs, ainsi que les électeurs hispaniques et noirs.
Les démocrates ont, eux aussi, dû faire leur propre introspection après avoir perdu les élections de 2024, en partie à cause de l’érosion du soutien de leurs principaux groupes d’électeurs.
Cependant, leur victoire convaincante de cet automne pourrait les propulser de nouveau à la Maison-Blanche en 2028 s’ils parviennent à conserver ces gains.
Retour aux sources pour les républicains?
M. Hutchinson, un républicain de longue date qui s’était présenté contre Trump lors des primaires présidentielles de 2024, a reconnu que Trump ne serait pas un président canard boiteux
comme les autres.
Selon lui, M. Trump va probablement continuer à susciter la controverse et à tenter d’attirer l’attention de son parti.
Il voit cependant dans cette défaite cuisante une occasion pour les républicains de se recentrer sur les valeurs traditionnelles
, notamment en soutenant leurs alliés aux valeurs semblables, en prônant un gouvernement limité et le libre-échange.
Le fait que le président Trump ait reçu ce rejet de la part des électeurs américains va élargir considérablement le champ des candidats potentiels pour 2028
, a déclaré M. Hutchinson.

Asa Hutchinson, ancien gouverneur de l'Arkansas, voit une occasion pour les républicains de se recentrer vers leurs « valeurs traditionnelles ».
Photo : Getty Images / Scott Olson
Jaime Harrison, ancien président du Comité national démocrate, a déclaré que les électeurs américains en avaient assez de la corruption qu’ils constatent au sein de cette administration.
Il estime qu'ils ont adressé à Donald Trump un désaveu de ses politiques commerciales et la guerre en Iran, qui ont fait grimper les prix de l'essence notamment.
C’est un événement aux proportions dévastatrices. Je veux dire [les républicains] ont été balayés
, a-t-il déclaré.
M. Harrison a également rappelé que le défunt sénateur républicain Lindsey Graham avait averti en 2016 que Trump mènerait à la chute du Parti républicain.
Rejet définitif du trumpisme?
Bruce Heyman, ancien ambassadeur des États-Unis au Canada, a déclaré à l’émission The House que le trumpisme
et le mouvement MAGA sont aujourd’hui bien affaiblis
, mais qu’ils continueront de briller faiblement en raison de la loyauté profonde qui existe dans certaines franges de la base électorale de Trump.
Ce n’était pas tant une victoire des démocrates qu’une défaite des républicains
, a déclaré M. Heyman.
Il fallait convaincre les indépendants et les républicains de passer dans le camp adverse [...] Ce sera aux démocrates de voir s’ils peuvent les garder à leurs côtés ou s’ils retourneront vers un Parti républicain plus stable à l’avenir
, a-t-il ajouté.
Frank McKenna, ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis, s’attend à une érosion du soutien de la base MAGA de Donald Trump parce que personne ne veut couler avec le navire quand on est en politique
.
Il a tout de même souligné que la récente nomination de Stephen Miller, partisan d’une ligne dure en matière d’immigration, au poste de chef de cabinet indique que le président ne renonce pas à certaines de ses principales mesures, comme une campagne d’expulsion massive.
Il va toujours vouloir être au centre de l’attention et il va continuer à rendre la vie difficile aux autres. La seule différence, c’est qu’il a désormais moins de pouvoir qu’il y a une semaine
, a déclaré M. McKenna.
D'après un texte (nouvelle fenêtre) de Benjamin Lopez Steven de CBC News
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