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Saturday, November 7, 2026

Les Démocrates pourraient-ils accentuer leur victoire ?

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La vague démocrate dans les élections de mi-mandat aux États-Unis n’est peut-être pas encore terminée. Deux États pourraient encore virer au bleu au terme du dépouillement des voix au Mississippi et en Alaska, donnant aux Démocrates jusqu’à 56 des 100 sièges du Sénat. Le Devoir fait le point sur ce que cela représenterait pour nos voisins du Sud.

Pourquoi les résultats n’ont-ils pas encore été annoncés au Mississippi et en Alaska ?

Depuis le 4 novembre, des équipes partout aux États-Unis s’affairent au dépouillement des votes des électeurs. Dans la vaste majorité des États, même si ce ne sont pas toutes les voix qui ont été comptabilisées, l’avance d’un candidat est assez grande pour prédire sa victoire. Or, au Mississippi et en Alaska, les luttes sont si serrées qu’il n’est pas encore possible de donner la victoire d’un côté ou de l’autre.

« Tous les États ont leurs propres règles », résume Paul Gardner, professeur agrégé de sciences politiques à l’Université Queen’s de Kingston, en Ontario. Certains permettent le vote par anticipation ou par la poste, alors que d’autres ne l’autorisent pas, par exemple. Au Mississippi, les votes reçus par la poste jusqu’à cinq jours après l’élection seront comptabilisés. « Ils attendent encore que certains votes arrivent », explique-t-il. Reste que les prédictions sont qu’au Mississippi, les votes par la poste penchent plutôt du côté des Démocrates, d’où la confiance du parti, précise l’expert. « Mais il faut s’en assurer. »

Samedi en début d’après-midi, le candidat démocrate Scott Colom avait une avance d’un peu plus de 2000 voix sur sa rivale républicaine Cindy Hyde-Smith.

En Alaska, la situation est relativement similaire. « C’est énorme comme État et déplacer le courrier est plus difficile », continue Paul Gardner. Puis, il y a la « difficulté additionnelle » que si aucun des candidats n’atteint 50 % des voix, les voix des candidats les moins populaires seront redistribuées selon les préférences exprimées par les électeurs, jusqu’à ce qu’un candidat obtienne la majorité des votes encore en jeu. Ce processus pourrait s’étendre jusqu’au 18 novembre.

Samedi, Mary Peltola, la candidate démocrate, détenait une légère avance d’environ 600 votes.

Que changeraient ces deux places au Sénat pour les Démocrates ?

« Une victoire démocrate au Mississippi ce serait comme le Parti québécois qui gagne dans Westmount », lance Guillaume Lavoie, chargé de cours à l’École nationale d’administration publique et membre de la Chaire Raoul-Dandurand. « C’est très surprenant, c’est unique. Et c’est tellement improbable que ça ne fait que démontrer l’énormité de la vague démocrate. » Même si finalement la victoire était donnée aux Républicains, le fait que la lutte ait été autant serrée est en « soi déjà un événement », juge l’expert.

Mais décrocher ce siège, et celui en Alaska, serait une victoire considérable pour les Démocrates en vue des prochaines élections présidentielles, croit-il. « L’idée pour les Républicains de reconquérir le Sénat deviendrait très, très difficile. »

Puisque les Sénateurs sont élus pour six ans, les candidats élus cette semaine et assermentés en janvier prochain, resteront en poste jusqu’en 2032. Ils seront ainsi au Sénat lors des prochaines élections présidentielles. « Si les Démocrates ont une autre année forte en 2028, alors ils pourraient obtenir une majorité sans obstruction qu’un président démocrate élu pourrait utiliser à son avantage », souligne de son côté Paul Gardner.

Selon lui, il s’agit ainsi surtout d’une victoire « à moyen terme » puisque concrètement, il y a des « limites à ce que les Démocrates pourront faire », même avec 56 sièges. Au bout du compte, le président américain pourra toujours user de son droit de veto sur un projet de loi proposé par les élus démocrates.

Qu’en est-il des résultats à la Chambre des représentants ?

Au moment où ces lignes ont été écrites, les prédictions donnaient 254 des 435 sièges de la Chambre des représentants aux Démocrates. Au plus haut du comptage, l’on prédisait jusqu’à 259 sièges aux Démocrates. Le décompte se poursuivra encore pendant plusieurs jours.

« S’ils obtiennent en haut de 257 sièges, il s’agirait de la plus grande majorité depuis 1992 », explique M. Gardner. « Et on a vu lors des dernières élections à quel point le fait d’avoir une courte majorité a créé des problèmes pour les Républicains. » Ces victoires seraient donc significatives pour les Démocrates.

« C’est à la fois une bénédiction et une malédiction », croit de son côté M. Lavoie. Une bénédiction car une telle majorité permettrait une certaine flexibilité quant aux opinions opposées au sein du parti, mais une malédiction « pour les idées progressistes ». « Quand vous réussissez à faire élire autant de démocrates dans des États qui, traditionnellement, votent Républicain, on comprend que les élus ne sont pas ceux qui disent “Bernie Sanders est mon héros”. Autrement dit, ils ont des idées d’avantage modérées. » Pour lui, il est donc inévitable que le centre de gravité du caucus soit déplacé « de la gauche vers le centre ».

Les experts, questionnés sur les premières actions des nouvelles majorités démocrates, ont tout deux affirmés au Devoir qu’ils croyaient que dès janvier prochain, les nouveaux élus, au Sénat et à la Chambre des représentants, tenteraient de s’attaquer au problème de coût de la vie aux États-Unis. « L’une des solutions pourrait être le retrait des tarifs envers le Canada », prédit prudemment M. Lavoie. Opinion que partage aussi M. Gardner.

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