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Wednesday, November 4, 2026

Crise bancaire au Paraguay: l'opposition présente au Parlement une demande de destitution du président Peña

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Des députés d'opposition au Paraguay ont présenté mercredi 4 novembre au Parlement une demande de procédure de destitution visant le président Santiago Peña, au lendemain d'une crise qui a vu la Banque centrale prendre le contrôle d'une banque insolvable, liée ces dernières années au chef de l'État. 

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Le député Mauricio Espinola, dissident au sein du parti conservateur au pouvoir, a confirmé à l'AFP que la demande a recueilli les 35 signatures de parlementaires requises, et a été remise au président de la Chambre des députés. Une session extraordinaire a été convoquée pour jeudi matin.

Pour formellement lancer une procédure de destitution, la demande doit être adoptée par 53 des 80 députés, dans une chambre basse où le parti du président Peña, au pouvoir depuis 2023, détient la majorité, mais a connu des dissensions internes.

Le cas échéant, il revient ensuite au Sénat de se prononcer sur l'accusation, et la destitution proprement dite. Elle requerrait le vote de 30 des 45 sénateurs.

La crise a éclaté mardi avec la prise de contrôle par la Banque centrale du Paraguay d'une importante banque du pays, Ueno Bank, qui revendique 2,94 millions de clients, privant des millions d'épargnants d'accès immédiat à leur dépôt.

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Dans la foulée, le président de la BCP, Carlos Carvallo, qui avait par le passé dirigé cette même Ueno avant de prendre la tête de la Banque centrale en 2023, a annoncé sa démission, réclamée par le président Peña.

Au fil de la journée de mardi, des files d'attente se sont formées à Asuncion devant des agences d'Ueno Bank, des épargnants tentant de retirer leur argent. Des manifestants se sont par la suite réunis dans le centre de la capitale, avec des pancartes réclamant une « procédure de destitution de Santi Peña ».

Des personnes manifestent contre le gouvernement et la banque Ueno, dont la banque centrale du Paraguay a pris le contrôle dans un contexte de crise de solvabilité, à Asunción, le mardi 3 novembre 2026.
Des personnes manifestent contre le gouvernement et la banque Ueno, dont la banque centrale du Paraguay a pris le contrôle dans un contexte de crise de solvabilité, à Asunción, le mardi 3 novembre 2026. AP Photo/Jorge Saenz - Jorge Saenz

Le chef de l'État de 47 ans, un ancien ministre des Finances, a été par le passé lié à Uneo : jusqu'en 2025, il a détenu des actions, acquises avant sa présidence, dans une holding qui contrôlait cette banque.

Dans une vidéo publiée sur X mercredi, le président Peña a adressé un « message de sérénité » aux Paraguayens. « Le système financier est solide. Il dispose en outre d'institutions et de mécanismes de protection », a-t-il assuré.

Il a également annoncé avoir désigné un nouveau président de la Banque centrale.

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La crise d'Ueno « n'était pas un accident », a accusé mercredi le député Espinola. « C'est un échec du gouvernement du président Santiago Peña et de la direction de la Banque centrale. Les signaux étaient visibles depuis 2024, une banque qui croissait à une vitesse qu'aucune banque saine ne connaît », a-t-il estimé.

La demande de destitution déposée par des députés d'opposition vise aussi le vice-président Pedro Alliana, que Santiago Peña avait adoubé pour lui succéder lors de la présidentielle prévue en 2028.

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