Australie | Une baleine à bosse filmée en plein deuil

(Sydney) Le deuil semble exister chez les baleines à bosse, d’après des travaux de recherche publiés jeudi en Australie, à la suite de l’observation d’un de ces mammifères marins qui paraissait pleurer son petit, mort-né.
Publié à
Sur ces images prises l’an dernier au large de l’Est australien, une femelle reste près du corps sans vie de son baleineau, qui repose au fond de la mer.
L’animal, accompagné d’un congénère, suit du regard le baleineau et le touche avec sa tête ou une nageoire.
« À première vue, je pensais qu’il s’agissait juste de deux baleines qui se reposaient à la surface, mais leur comportement était inhabituel », raconte Andrew Mulville de Sea World Foundation, témoin de l’épisode.
D’après les chercheurs, la baleine est restée auprès du corps de l’animal pendant « plusieurs heures et peut-être même plusieurs jours ».
« C’est vraiment déchirant de voir cette femelle toucher sans cesse le petit », s’épanche auprès de l’AFP Olaf Meynecke, chercheur à l’Université Griffith.
D’autres baleineaux sans vie ont été repérés dans la zone à l’époque de la prise de vue, ont précisé les chercheurs.
La baleine n’a pas tenté de ramener le mammifère à la surface, ce qui suggère qu’« elle a peut-être compris qu’il était mort » peu après sa naissance, de même source.
Pour les chercheurs, il est possible que son attitude « représente une forme de comportement lié au deuil chez les baleines à bosse ».
D’après Olaf Meynecke, ces travaux témoignent du « lien fort » qui unit les baleines à leurs petits, et des états émotionnels par lesquels passent les mammifères « socialement complexes » après la mort de leur progéniture ou de leurs partenaires.
D’autres animaux, comme les éléphants ou les grands singes, ont déjà montré des comportements de deuil relativement complexes, rappelle l’universitaire. « Mais sur terre, nous observons cela plus souvent, alors qu’en mer, il est vraiment rare de documenter quelque chose comme cela. »
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.