La qualité de l’air n’inquiète pas les Montréalais

Smog, ozone, feux d’artifice, incendies de forêt : les avertissements de mauvaise qualité de l’air se multiplient depuis quelques années à Montréal. Et pourtant, les Montréalais ne changent pas leurs habitudes, conclut une étude.
Publié à
Quel effet devrait avoir un avertissement de mauvaise qualité de l’air ?
Il devrait pousser les gens à rester davantage à l’intérieur, selon Daniel Romm de l’Université McGill, qui est l’auteur principal de l’étude publiée dans Health and Place.
L’analyse a porté sur les déplacements des Montréalais entre 2022 et 2025. Les jours de mauvaise qualité de l’air, l’utilisation du BIXI n’a diminué que de 5,8 % tandis que l’achalandage a grimpé de 6,7 % dans l’autobus et de 4,7 % dans le métro.
« C’est beaucoup moins qu’on aurait pu le penser », dit M. Romm.
Le chercheur de McGill a eu l’idée de l’étude lors des incendies de forêt de 2023. « J’habite la Petite Italie, dit-il. En passant à côté du parc Jarry, je voyais plein de familles avec des bébés, des personnes âgées. Tout le monde se comportait comme si c’était une journée normale. »
Pourquoi les Montréalais ne changent-ils rien à leurs habitudes face à un avertissement de mauvaise qualité de l’air ?
L’hypothèse de M. Romm ? Il s’agit d’un phénomène trop récent à Montréal. « En Californie, par exemple, on parle de smog depuis des décennies. »
Le géographe de McGill a vérifié s’il pouvait s’agir d’une de ces allergies aux règles qui font de Montréal une métropole nord-américaine où les gens qui traversent la rue entre deux intersections. « On a vérifié si l’impact était plus grand quand la pollution était plus visible, mais ce n’était pas le cas, dit M. Romm. Donc je ne pense pas que ce soit le même phénomène que les traversées illégales de rue. »
Est-ce que ces avertissements ont plus d’effets ailleurs dans le monde ?
Oui, notamment en Californie. Dans sa revue de littérature, M. Romm a même trouvé une étude montrant que les jeunes adultes en Espagne sont deux fois moins susceptibles de prévoir des rencontres à l’extérieur en période de mauvaise qualité de l’air.
« Dans les endroits où il y a plus souvent du smog, les gens sont plus habitués à adapter leurs habitudes », indique-t-il.
Les avertissements de mauvaise qualité de l’air ont-ils plus d’impact chez certaines personnes ?
L’utilisation des stations BIXI diminuait davantage en banlieue, tout comme l’achalandage au métro Place-d’Armes. Pour M. Romm, c’est probablement parce que les gens aisés (ceux qui habitent en banlieue et qui vont travailler près du métro Place-d’Armes en métro) ont davantage le choix de ne pas se déplacer pour travailler et utilisent plus souvent le vélo comme loisir. Des études en Californie ont montré que les riches changeaient davantage leurs habitudes.
L’utilisation du métro a connu un pic de plus de 20 % près de l’Université de Montréal lors de journées de mauvaise qualité de l’air. Cela surprend parce que les jeunes sont souvent moins inquiets pour leur santé, note M. Romm. Cela pourrait donc refléter une plus grande sensibilité des jeunes face à la pollution et face au climat.
En savoir plus
-
- 27
- Nombre de jours de mauvaise qualité de l’air à Montréal en 2025
Source : Ville de Montréal
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.