N’allez pas voir Avengers: Endgame Extended
Disney et Marvel Studios ressortent Avengers: Endgame en salles pendant deux semaines, depuis ce mercredi 23 septembre. Cette version étendue ajoute des scènes à la toute fin. Mais derrière la volonté de préparer la sortie d’Avengers: Doomsday se cache une démarche commerciale à déplorer.
2,93 milliards de dollars : c’est le chiffre d’affaires récolté par Avatar au box office mondial, selon les chiffres compilés par Box Office Mojo. C’est plus que les 2,79 milliards de dollars récoltés par Avengers: Endgame. Si les blockbusters appartiennent désormais à la même multinationale (Disney), on se dit que Kevin Feige, patron de Marvel Studios, doit avoir une affiche d’Avatar dans son bureau, avec une cible immense.
Avengers: Endgame va peut-être finir par dépasser Avatar grâce à une nouvelle sortie au cinéma. En France, le film est rediffusé pendant deux semaines depuis ce mercredi 23 septembre. Toutefois, il ne s’agit pas du film paru en 2019, mais d’une nouvelle version sous-titrée Extended. Elle ajoute des scènes à la fin pour faire le lien avec Avengers: Doomsday, attendu au cinéma le 16 décembre. Elle introduit aussi pour la première fois le faux format Infinity Vision.
On a vu Avengers: Endgame Extended et on vous recommande de rester à la maison. Attention, la suite de cet article contient des spoilers.

On a vu Avengers: Endgame Extended pour que vous n’ayez pas à le faire
On peut déjà critiquer la démarche de Disney et Marvel, tant elle repose avant tout sur un levier économique. L’excuse des liens avec Avengers: Doomsday ne tient pas puisqu’elle repose sur un échec. Après Avengers: Endgame, la saga du multivers a été lancée et elle a connu énormément d’échecs, auxquels s’ajoute l’éviction de Jonathan Majors (qui jouait le grand méchant Kang).
Pour relancer le Marvel Cinematic Universe, Disney et Marvel Studios misent sur des valeurs sûres : offrir un pont d’or à Robert Downey Jr. pour qu’il revienne en Dr Doom ; faire revenir Chris Evans dans le rôle de Captain America alors que le personnage possède une vraie fin (heureuse) ; et demander aux frères Russo de rempiler derrière la caméra. Sauf qu’Avengers: Endgame n’a pas été pensé pour préparer àAvengers: Doomsday, ni même les films qui ont suivi. En témoigne la séquence avec Steve Rogers âgé, qui n’a même pas été modifiée et qui devient totalement incohérente.
En faisant revenir les fans dans les salles, Disney et Marvel Studios leur font payer le prix de leurs erreurs. Pire, Disney a prévu deux versions Extended. Si vous n’allez pas dans une salle IMAX ou certifiée Infinity Vision, vous ne verrez pas l’aperçu supplémentaire d’Avengers: Doomsday. Bien sûr, nul besoin de préciser que toutes les salles françaises ne sont pas compatibles. L’enseigne UGC n’a, par exemple, que 19 salles certifiées en France (sur plus de 500).

Vient ensuite le souci des séquences bonus en elles-mêmes. Celle avec Loki qui vient à la rencontre de Peggy et Steve dans le passé ? Elle pouvait très bien ouvrir Avengers: Doomsday. Celle avec Hulk ? Elle aurait eu davantage sa place dans Spider-Man: Brand New Day, puisque c’est la suite directe de l’arc de Bruce Banner. Celle avec le TVA ? Bon courage pour la comprendre si vous n’avez pas vu les deux saisons de la série Loki. Et l’enseignement à en tirer (les incursions, quand deux univers entrent en collision) est déjà assimilé, normalement. Enfin, le clin d’œil au masque de Doom qui apparaît quand Tony Stark forge celui d’Iron Man est maladroit tant il pourrait faire croire à un lien narratif entre les deux personnages. Ce n’est pas le cas selon la communication de Marvel Studios. Et si c’est une surprise, alors c’est le meilleur moyen de la gâcher.
Pour remercier les spectatrices et les spectateurs qui suivent le MCU depuis tant d’années, Disney et Marvel Studios devraient partager gratuitement ces scènes plutôt que de les forcer à repasser à la caisse.
Que vaut le format Infinity Vision ?
Infinity Vision est un label, avant tout marketing, qui garantit la meilleure expérience en salle pour un film de Marvel Studios. La salle doit répondre à des critères précis : un écran de plus de 13,75 mètres, un son Dolby Atmos ou 7.1 et une image assez lumineuse (14 foot-lamberts en 2D). Disney se contente de certifier des salles existantes qui respectent ce cahier des charges. Elle a une raison concrète de créer son propre label, lié à l’exclusivité des salles IMAX pour la troisième partie de Dune, qui sort en même temps qu’Avengers: Doomsday. Pour Disney, ce sont des recettes en moins, les séances IMAX coûtant plus cher.
L’objectif de Disney est de concurrencer les salles IMAX et Dolby Cinema et, éventuellement, de permettre aux cinémas de facturer plus cher. J’ai payé 14,60 € pour voir Avengers: Endgame Extended en Infinity Vision à l’UGC Lille, soit un tarif normal. À quelques kilomètres, l’UGC Ciné Cité de Villeneuve-d’Ascq diffuse le film sans Infinity Vision pour le même prix. Pourvu que ça dure.
En termes d’expérience pure, force est de reconnaître que l’image était de très haute qualité. J’avais l’impression de regarder le film sur un immense téléviseur OLED, avec de belles couleurs, une luminosité éclatante et un piqué impressionnant (ce qui n’est pas toujours le cas dans les salles plus modestes). Les séquences dans l’espace avec Tony Stark, plus particulièrement, assurent des contrastes vertigineux. Si vous avez le choix et que le prix est le même, privilégiez une séance Infinity Vision. Mais dans la mesure du possible, privilégiez toujours le Dolby Cinema ou l’IMAX, qui sont de vrais formats différents.
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