Hitler "d’extrême-gauche" ? La conseillère spadoise Laura Bonazza démissionne

Le bourgmestre de Spa, Nicolas Tefnin, n’a découvert la publication polémique que 23 heures après sa mise en ligne. Au moment même où il a pu lui parler au téléphone, l’élue lui a annoncé qu’elle démissionnait, y compris des structures où elle représente le parti.
"C’est bien plus qu’une grosse bêtise", juge Nicolas Tefnin, le bourgmestre de Spa. Démissionner était "malheureusement la seule solution". Laura Bonazza dit avoir voulu répondre à ceux qui traitent régulièrement les libéraux de fascistes. "Je comprends l’énervement. Par contre, ce n’est pas du tout la réponse adéquate", répond le bourgmestre.
La vidéo s’appuie sur le nom du parti d’Hitler ; "national-socialiste". Pour Christophe Brüll, professeur à l’Université de Luxembourg et qui enseigne l’histoire de l’Allemagne à l’ULiège, ce débat est "bien mal orienté". "Il suffit de regarder à qui Hitler et les siens s’en sont pris dès les premières semaines de la prise de pouvoir en 1933" : les communistes et les sociaux-démocrates, qui seront les premiers envoyés en prison et dans les camps de concentration.
Hitler, ni d'extrême-gauche, ni même de gauche
Hitler s’adresse bien aux masses comme les partis de gauche et le discours des nationaux socialistes comportait bien certains éléments anticapitalistes, mais sans "aucune aspiration universaliste". La conclusion de l’historien est nette : "Il n’y a absolument rien de gauche chez Hitler".
L’intéressée a présenté ses excuses, mais le mal est fait. En republiant cette vidéo, l’élue spadoise a sans doute signé la fin de sa vie politique.
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