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Wednesday, October 28, 2026

À cause de la canicule, les vins de champagne pourront dépasser les 13% d'alcool

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C'est une première historique : les vins de champagne issus de la récolte 2026 pourront dépasser les 13% d'alcool. Une dérogation est accordée pour permettre aux producteurs de faire face aux mauvaises récoltes qui ont suivi la longue canicule de l'été dernier. Accordée début septembre 2026, cette dérogation vient d'être inscrite au Journal Officiel. Quelles conséquences sur le secteur des vins de champagne ?

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La mesure est prise à titre exceptionnel et ne concerne que le millésime 2026. Elle répond aux aléas climatiques. « La loi suit le soleil », sourit Michel Drappier, vigneron installé à Urville. Il est à la tête de la maison de champagne du même nom. La Champagne a connu des millésimes exceptionnels, mais « c'est peut-être la première fois où les degrés sont aussi élevés. D'où la réponse du législateur ».

Les vins d'assemblage

Cette dérogation atteste que le changement climatique est bien là. Mais le produit final, ce fameux vin mousseux issu de la double fermentation en bouteille, ne sera pas forcément plus alcoolisé.

« 90% des champagnes que l'on voit dans le commerce sont issus d'assemblage de plusieurs millésimes. Effectivement, le millésime 2026, lui, aura un degré d'alcool plus élevé. Mais on y additionnera ce que l'on appelle des ''vins de réserve'' : des millésimes 2025, 2024 et plus anciens. Il faudra choisir des vins plus légers, issus des cépages récoltés plus précocement ou encore plus tardifs en maturité, afin que le champagne garde sa fraîcheur », insiste Michel Drappier.

Le changement climatique favorable aux vins de champagne

Tout est finalement question d'équilibre, y compris dans le vignoble. Car un climat avec des températures un peu plus élevées est une aubaine pour la Champagne. « Nous sommes le vignoble situé le plus au nord de la France. Nous avons manqué de soleil pendant des siècles et des siècles, alors que nous en avons vraiment besoin pour pouvoir élaborer des vins fruités qui gardent néanmoins leur fraîcheur », précise Michel Drappier.

Plus de soleil au cours de la maturation du raisin égale plus de sucres dans les grappes. Or, durant des siècles, les vignerons étaient obligés de rajouter du sucre au moût de raisin pour compenser le manque de maturité des fruits. C'est une pratique viticole appelée « chaptalisation », rappelle Thierry Desseauve, coauteur du Guide Bettane+Desseauve (éditions Flammarion). « Cette année, on aura des vins plus chargés en alcool qui n'auront pas besoin d'être chaptalisés », affirme-t-il. Voici pour le côté positif.

Mais quid des années à venir si les canicules devaient s'installer durablement ? « On risque d'avoir des millésimes plus riches en alcool et moins fondés sur la vivacité et l'acidité. Et cela au moment précis où le marché, les nouveaux consommateurs recherchent des vins moins alcoolisés, plus frais, plus toniques. Il ne faudrait pas que ce millésime exceptionnel devienne une habitude en Champagne », insiste cet expert.

Les prix vont-ils augmenter ?

Pas forcément, répond Thierry Desseauve. « La fixation du prix dépend des marques. On s'est aperçu ces dernières années que le leader champenois, le groupe LVMH a augmenté sensiblement ses tarifs de manière un peu présomptueuse, les grandes maisons de champagne ont suivi, mais le marché s'est resserré. Là, on est dans une situation très différente. La récolte est de très grande qualité, mais avec des volumes qui sont très réduits. Néanmoins, je crois qu'il n'y aura pas d'effet mécanique sur le prix du champagne », conclut-il.

Problème : les ventes de champagnes reculent. En 2025, 266 millions de bouteilles ont été vendues, en baisse pour la troisième année consécutive.

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