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Saturday, September 19, 2026

10 romans des Amériques à surveiller

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Vingt-trois ans après sa fracassante entrée en littérature avec Mille morceaux, poignante autofiction à propos de la réadaptation d’un jeune toxicomane, l’Américain James Frey publie un sixième roman qui s’immisce dans la vie pas toujours reluisante des ultrariches. L’action se déroule à New Bethlehem, dans le Connecticut, où habitent Devon et Belle, des femmes qui ont tout pour être heureuses, mais qui, pour se désennuyer, pour se sentir vivantes, ont organisé une soirée échangiste avec d’autres couples au statut social enviable. Frey pointe les contradictions des nantis, éclaire les fourberies des privilégiés, décrit de manière soignée et cinglante les liaisons et les trahisons.

Quinze ans après Swamplandia, campé dans l’univers pittoresque d’une famille de dompteurs d’alligators du sud-est de la Floride, l’Américaine Karen Russell est de retour avec un deuxième roman qui aborde « l’amnésie collective, les omissions volontaires transmises de génération en génération et la réécriture de l’Histoire ». L’action se déroule au Nebraska, dans les années 1930. Ravagée par des tempêtes de poussière, meurtrie par la Grande Dépression, une communauté parvient à tenir le coup grâce à une femme qu’on surnomme « l’Antidote », une sorcière des prairies qui, pour quelques dollars, accepte de recueillir les souffrances des habitants.

Depuis 1997, Laura Kasischke a publié une dizaine de romans, dont trois ont été adaptés au grand écran : A Suspicious River, La vie devant ses yeux et Un oiseau blanc dans le blizzard. Treize ans après Esprit d’hiver, l’autrice américaine de 64 ans fait un retour au roman qui ne laisse pas la critique indifférente. L’action se déroule à Mission Hills, au Michigan, le 16 juillet 1969. Ce jour-là, on apprend à la télévision qu’une fusée a décollé vers la Lune, mais aussi que le petit Richie Manning s’est noyé dans une piscine publique. Disséquant l’événement, se glissant au plus profond des êtres, Kasischke cherche patiemment la faille.

Originaire du Royaume-Uni, arrivé au Canada à l’âge de 12 ans, Nick Tooke est désormais installé dans la vallée de l’Okanagan. Succédant à La ballade de Samuel Hewitt, publié en 2024, Disgraceland est un roman qui pose sur le naufrage de l’Amérique un regard inquiet, mais optimiste, qui en dresse un portrait sombre, mais non dépourvu d’humour. On y rencontre Will Somersby, un homme qui prétend avoir marché depuis le Tennessee jusqu’en Ontario, un voyage pas banal qu’il aurait fait en compagnie d’une fillette et d’un sosie roux d’Elvis Presley. Cet homme, qui assure être âgé de 456 ans, va devenir l’obsession de la docteure Miranda Gosling, convaincue que leurs destins sont liés.

Décrit par son éditeur français comme « un objet pop, entre rire et larmes, dans la veine fantasque et désinhibée des Chroniques de San Francisco, des Optimistes ou du Rocky Horror Picture Show », le premier roman de Natalie Adler se déroule à New York, dans l’East Village, en 1984. Hommage à ceux qui ont été les premiers à subir l’épidémie du sida, à leur résistance, à leur solidarité, le livre a pour héroïne Renata, celle qui vient de perdre Mark, son meilleur ami, emporté par cette maladie qui touche de plein fouet la communauté gaie. Quand la jeune femme se met à voir des fantômes, le récit prend une tangente plus fantastique, plus extravagante, plus libératrice.

Né à Cuba en 1989, Carlos Manuel Álvarez vit maintenant à New York. Après Tomber, un récit sur les contradictions de la société cubaine publié chez Mémoire d’encrier en 2022, l’auteur et journaliste continue de raconter son histoire dans Sale guerre, un livre choral qui « met en scène naufragés et exilés, échoués dans un no man’s land où sévissent la chasse aux immigrants et les déportations de masse ». De Cuba aux États-Unis, en passant par le Mexique, la France et l’Allemagne, migrants et sans-papiers vivent un calvaire, condamnés à attendre qu’on leur donne le droit d’exister. « Les uns comme les autres basculent, malgré eux, dans une sale guerre où s’estompent les utopies. »

Né à Atlanta, en Géorgie, au début des années 1990, Rob Frankin vit à Brooklyn. Son premier roman — qui a remporté le prix Ernest J. Gaines et figuré parmi les meilleurs livres de l’année selon plusieurs grands médias américains — concerne « un homme pris au piège d’une spirale qui vient entraver une ascension prometteuse ». À New York, en 2019, quelques semaines seulement après la mort inexpliquée d’Ella, sa colocataire et amie, Smith, jeune diplômé de Stanford issu de la bourgeoisie noire d’Atlanta, est arrêté pour possession de cocaïne. Réfugié chez ses parents pour échapper à la tentation des nuits new-yorkaises, l’homme ne tarde pas à crouler sous les attentes des uns et des autres.

Né à Córdoba en 1959, Eduardo F. Varela vit entre Buenos Aires et Venise. Publié en 2020, bardé de nominations et de prix, son premier roman, Patagonie route 203, a été décrit comme « un road trip onirique et fantasque ». Six ans plus tard, l’écrivain argentin nous offre un troisième roman, lui aussi une sorte d’escapade routière, dans lequel un train postal traverse des plaines couvertes de champs de maïs. Doté de personnages « attachants, extravagants ou haïssables », Pampa transformerait le quotidien ferroviaire en une « expérience métaphysique cocasse » où « la géographie indomptable du sud du monde devient humour, imagination extraordinaire et dépaysement garanti ».

Fille d’immigrants malais et chinois, Madeleine Thien a grandi à Vancouver. Elle habite maintenant Montréal. Parmi ses cinq romans, traduits en vingt-sept langues, on trouve Nous qui n’étions rien (Alto, 2018), finaliste au prix Booker. Le livre des traces se déroule dans un futur indéterminé, au moment où la petite Lina et son père, Wui, sont forcés de quitter la Chine. L’éditeur parle de ce livre ample et ambitieux comme d’un roman « immense, vertigineux d’intelligence, de poésie et d’humanité, un guide pour résister à la cruauté des guerres, à la brutalité des idéologies et à la fragilité de la vie, un rappel de ce que l’amitié et l’amour peuvent accomplir de plus miraculeux ».

Née en 1954 à Little Falls, au Minnesota, Louise Erdrich transforme depuis quarante ans la vie, les traumatismes, la résilience et la culture des communautés autochtones d’Amérique du Nord en littérature. Dans son plus récent roman, décrit par son éditeur comme « une fresque poignante et subtile sur la puissance de l’amour et la nécessité de renouer avec les autres comme avec le vivant », l’écrivaine expose les tensions qui traversent l’Amérique rurale d’aujourd’hui. Issue d’une modeste famille autochtone, Kimset est tiraillée entre Gary, le capitaine de l’équipe de football, qui est déterminé à l’épouser, et Hugo, le fils de la libraire, pour qui elle ressent un amour profond.

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