Une première hausse du taux directeur en plus de trois ans attendue ce matin
La Banque du Canada semble avoir décidé d’augmenter ses taux d’intérêt, même si plusieurs analystes n’en voient pas trop l’utilité.
La banque centrale canadienne a laissé son taux directeur inchangé, à 2,25 %, à sept occasions consécutives depuis un an. Tout indiquait qu’elle récidiverait pour une huitième fois ce mercredi, jusqu’à ce que son gouverneur, Tiff Macklem, suggère un changement de cap en multipliant les déclarations à propos de l’effet de la hausse des prix de l’énergie sur l’inflation les dix derniers jours.
Jusque-là de 36 %, la probabilité d’une hausse de taux est passée à 83 % selon les marchés financiers. Ce serait la première hausse depuis l’été 2023, alors que la Banque avait porté son principal outil de politique monétaire de 4,75 % à 5 % au terme de sa lutte contre la dernière flambée inflationniste.
Plusieurs s’attendent désormais à une hausse d’un quart de point de pourcentage de son taux directeur, de 2,25 % à 2,5 %.
On sera fixé à 9 h 45 lorsque l’institution rendra publique sa décision. Elle procédera en même temps à la mise à jour trimestrielle de son portrait de la situation économique et de ses prévisions.
Les dernières données sur l’économie n’indiquent pas un besoin de resserrer les conditions de crédits des entreprises et des consommateurs, a observé dans une analyse vendredi Benjamin Reitzes, économiste à la Banque de Montréal. Le Canada a perdu 110 000 emplois depuis deux mois, le taux de chômage est légèrement à la hausse, la croissance économique au mois de juillet était à plat et le dernier coup de sonde auprès des entreprises ne les montrait pas particulièrement optimistes.
Le portrait n’est pas tellement plus convaincant sur le front de l’inflation, observaient lundi Taylor Schleich et Ethan Currie de la Banque Nationale. La hausse des prix de l’énergie ne s’est pas encore transmise à l’inflation fondamentale, même si plus la guerre au Moyen-Orient dure longtemps plus les risques sont grands que cela finisse par se produire.
Les fantômes de l’inflation postpandémique
Hantée par les fantômes de la flambée inflationniste postpandémique, la Banque du Canada préfère procéder à une première hausse de ses taux un peu trop tôt qu’un peu trop tard, estiment Frances Donald et Nathan Janzen. Comme les marchés financiers, les deux économistes de la Banque Royale s’attendaient à quatre hausses de 25 points de pourcentage quelque part l’année prochaine. Ce ne serait pas la fin du monde si la Banque du Canada prenait un peu d’avance.
La banque centrale doit bien veiller toutefois « à ne pas agir trop vigoureusement, car les risques de détérioration de la conjoncture demeurent bien présents », a noté Royce Mendes au Mouvement Desjardins.
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