Indonésie: une «prison de luxe» pour certains détenus fortunés découverte près de Jakarta

Des écrans plats, une piscine ou une salle de sport : en Indonésie, les détenus ne sont pas tous logés à la même enseigne. Une perquisition menée ce mercredi 30 septembre dans la prison de Cibinong au sud de Jakarta confirme la présence d'appartements très luxueux. Le scandale avait éclaté la semaine dernière après une inspection surprise menée dans l'établissement.
Publié le : Modifié le :
3 min Temps de lecture
En Indonésie, les autorités ont effectué ce mercredi 30 septembre une perquisition dans une prison située près de Jakarta, où certains détenus vivaient dans des villas de grand confort et dont ils pouvaient sortir à leur guise.
La semaine dernière, le bureau du médiateur indonésien a annoncé qu'une inspection avait mis au jour, dans l'enceinte de la prison de Cibinong, au sud de la capitale, un ensemble de logements luxueusement aménagés occupés par des détenus.
Selon le bureau du médiateur, les détenus payaient un loyer pour ces logements équipés de canapés, de grands lits, de téléviseurs, de réfrigérateurs et de tables de salle à manger. Un réfrigérateur contenait des bouteilles de bière, du whisky et d'autres alcools, selon des photos communiquées aux médias.
Un portail non verrouillé reliait la cour entourant les villas à une forêt de bambous, permettant aux prisonniers d'entrer et de sortir à leur guise. Un simulateur de golf était en cours de construction pour les résidents qui diposaient d'une piscine et d'une salle de gym ainsi que d'un « parking pour véhicules de luxe », a indiqué Syafrida Rachmawati Rasahan, une responsable du bureau du médiateur.
Des « installations spéciales » pour certains détenus
« Nous avons trouvé (les lieux) occupés par des détenus », a-t-il expliqué, lors d'une conférence de presse. « Nous soupçonnons donc fortement qu'au centre pénitentiaire de Cibinong, il existe des installations spéciales pour certains détenus ». Une affaire qui rappelle celle de « La Catedral » du trafiquant de drogue colombien Pablo Escobar.
La prison qui compte 1 800 détenus, soit bien plus que sa capacité théorique, accueille des détenus aux profils variés, notamment des personnes condamnées pour des crimes violents ainsi que pour des infractions en col blanc, telles que la corruption.
L'argent destiné à aménager les logements « ne provenait pas du budget de l'État », a précisé Rudi Setiawan, inspecteur général du service pénitentiaire, précisant qu'il n'y avait « pas de permis de construire ». À l'issue de la perquisition, des ouvriers, aux commandes d'une pelle mécanique ont rasé dix villas qualifiées « d'illégales » par les autorités.
Le ministère chargé des prisons a annoncé ce 30 septembre qu'il présenterait au Parlement, la semaine prochaine, les conclusions de son enquête préliminaire. Au total, 52 détenus ont été interrogés à ce stade, a précisé l'inspecteur général du ministère, Rudi Setiawan. Le directeur de la prison et quatre autres hauts responsables ont été suspendus. Les autorités n'ont pas révélé quels détenus avaient occupé ces logements de luxe, ni précisé ce qu'il adviendrait d'eux.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.