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Thursday, October 22, 2026

Budget fédéral : "On n’a plus le luxe de chercher à être populaire" s’alarme Maxime Prévot alors que l’Arizona patauge

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"Les marchés financiers ont les yeux rivés sur nous, et il ne faut pas jouer avec des allumettes sur une poudrière", a déclaré Bart De Wever devant la Chambre des représentants cet après-midi. Le Premier ministre s’est à nouveau présenté bredouille devant les députés ce jeudi après-midi.
Ce mercredi, les principaux ministres de son gouvernement se quittaient sans accord sur le budget pluriannuel alors que l’absence de consensus pourrait aggraver la situation économique du Royaume.

En marge de la plénière, le ministre des Affaires étrangères qui participe aux négociations en sa qualité de vice premier s’est attardé quelques minutes au micro de la RTBF. Le ministre "Engagés" compare la situation à la construction d’une maison : "Pour pouvoir assainir la maison Belgique, il faut d’abord s’accorder sur les murs porteurs, où les place-t-on ?, quelle est leur épaisseur respective ? Et c’est là où nous avons des divergences. On n’a même pas encore débattu du détail de la couleur des murs ou des carrelages. On en est à savoir comment l’ossature du budget doit se structurer". En clair, l’Arizona repart pratiquement de zéro.

Ceci n’est pas une crise

"On peut y arriver", le centriste continue toutefois de croire qu’un accord est possible dans des délais raisonnables, "quand vous discutez avec votre architecte, vous pouvez lui dire plusieurs fois comment vous voulez bouger les murs porteurs de la maison jusqu’au moment où on arrive à converger vers une situation qui tienne la route techniquement, mais qui soit aussi sur le plan fonctionnel pertinente. Et donc cet objectif d’un budget qui soit juste et qui soit aussi responsable, nous voulons encore y croire".

Il faut dire qu’en cas d’échec, le fédéral s’expose à de lourdes conséquences. Si le gouvernement ne parvient pas à un accord, les marchés financiers pourraient perdre confiance en la capacité de la Belgique à rembourser sa dette.
Cela signifie qu’emprunter coûtera plus cher, "aujourd’hui, les banques prêtent à des taux plus importants pour la Belgique par rapport à la Grèce. Nous avons des écarts qui sont en train de se creuser avec tous les pays voisins", analyse Maxime Prévot, "au plus on va devoir rembourser les banques, au moins nous aurons alors de moyens financiers. Pour les soins de santé, pour l’éducation, pour la sécurité sociale, … ".

"Il n’y a plus d’échappatoire", aboutir n’est pas une question de choix pour le centriste, "il faut accepter de porter des choix audacieux. On n’a plus le luxe de chercher à être populaire".
Quels choix faut-il poser ?
Comment répartir cet effort de 10 milliards ?
C’est justement ce qui paralyse la majorité.

Trouver des équilibres…

Autour de la table des négociations, chacun des partis, de son point de vue, estime que les propositions sont déséquilibrées.

Le Vice premier Engagés dit tenir à ce que l’effort ne soit pas démesurément supporté par une partie de la population, "Nous pensons qu’il faut être attentif aux enjeux de cohésion sociale. On voit bien dans les villes qui s’embrasent. Il faut aussi préserver un budget de santé pour que chacun puisse se soigner décemment. Ça ne veut pas dire que des efforts sont impossibles, mais ils doivent être justes".

Concrètement, ce sont les Belges les plus riches qui sont dans le collimateur du Vice premier "il faut pouvoir aussi alors mettre à contribution celles et ceux qui ont plus de largesse et d’aisance financière", au détriment des soins de santé, particulièrement visés dans la dernière proposition du Premier ministre "il est clair que 4 milliards, c’est tout à fait inacceptable. C’est un effort qui serait beaucoup trop fort à faire assumer par le secteur des soins de santé".

Un point de vue partagé tant par son parti frère – le cd&v - que par les socialistes flamands de Vooruit mais honni par l’aile droite de l’Arizona, "si on veut se donner une chance de succès, je ne vais pas détailler sur la place publique l’ensemble des éléments, parce qu’il suffit qu’on évoque une idée pour qu’aussitôt, il y ait un chien de garde qui commence à aboyer pour dire qu’il ne faut pas aller dans cette direction", lance Maxime Prévot sans préciser à qui il fait référence, "écoutez, d’où qu’elles viennent, qui que ce soit qui les formule, les expressions qui ont lieu depuis l’extérieur généralement compliquent davantage l’exercice qu’ils ne le facilitent".

Dans un contexte de plus en plus complexe

Malgré les "projets de société" divergents qui cohabitent dans la majorité, Maxime Prévot croit en la volonté collective d’aboutir, "Je pense que chacun est conscient de la situation économique extrêmement problématique", tout comme en la capacité de Bart De Wever de parvenir à trouver un compromis, "Je ne crois pas que ce soit lié à la personnalité du Premier ministre, je crois que c’est lié à un contexte international qui a aujourd’hui fragilisé toutes les économies occidentales".

L’objectif de la majorité est d’aboutir avant le 31 octobre pour que les textes budgétaires puissent suivre leur parcours législatif avant la fin de l’année.

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