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Saturday, October 24, 2026

Cisjordanie occupée : des Palestiniens déplacés à Hébron après une attaque meurtrière

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L'armée israélienne a déplacé de nombreuses familles palestiniennes à Hébron, en Cisjordanie occupée, notamment dans la nuit, et poursuit ses opérations sur place samedi, au lendemain d'une attaque meurtrière ayant coûté la vie à deux soldats.

L'Autorité palestinienne, menacée la veille par le premier ministre israélien d'une grosse surprise à venir, a réclamé samedi des pressions internationales sur Israël allant au-delà de simples condamnations.

Face aux menaces grandissantes de déplacement de population, de destruction, il faut une action internationale urgente, a déclaré le ministère palestinien des Affaires étrangères, demandant des mesures concrètes et dissuasives.

Entre 150 et 250 familles, selon les estimations, ont été chassées de leurs maisons à Hébron, plus grande ville du territoire palestinien occupé depuis 1967, à quelques jours d'élections législatives s'annonçant serrées pour Benyamin Nétanyahou.

M. Nétanyahou avait annoncé la veille une opération militaire majeure en Cisjordanie, quelques heures après l'attaque de deux assaillants palestiniens à un point de contrôle près d'Hébron, poudrière où quelques centaines de colons israéliens vivent au milieu des habitants palestiniens.

Dans le quartier d'Ein Dir Baha, entre deux collines, des immeubles ont été marqués d'une croix, pour signaler qu'ils ont été vidés de leurs habitants, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Deux heures pour partir

Les rues sont désertes. Aucun habitant dehors, seuls circulent les véhicules de l'armée israélienne. Sur une maison dans les hauteurs, un drapeau israélien flotte désormais.

Higazi Shawer al-Tamimi, commerçant de 70 ans, dit avoir été réveillé par l'armée à 1 h du matin. Comme à ses voisins, on lui a ordonné de partir, lui donnant deux heures pour faire quelques valises, regrouper ses documents importants, et trouver où aller.

Tout ça, c'est parce que Benyamin Nétanyahou veut gagner les élections grâce au sang des Palestiniens, peste-t-il. Mais nous n'irons nulle part.

Un tiers de la ville est pour l'heure ciblé, estime pour l'AFP le gouverneur d'Hébron, Khaled Dudin.

Ils ont commencé par le quartier dont étaient originaires les assaillants, mais nous n'avons aucune garantie que l'opération ne s'étendra pas, ajoute-t-il, dénonçant une punition collective contre des civils innocents.

Il estime le nombre de familles déplacées à 150, mais le chiffre avoisine plutôt les 250 familles, selon le maire d'Hébron, Youssef al-Jabaabari, et le militant local Issa Amro.

Nous allons fournir des solutions d'hébergement et de l'aide à ces gens, assure le maire auprès de l'AFP.

L'armée israélienne a déclaré procéder à des recherches précises, ciblées et approfondies dans le quartier d'où étaient originaires les deux assaillants, tués dans l'attaque.

L'opération pourrait durer plusieurs jours, selon cette même source, comme souvent après des attaques palestiniennes.

Mais Benyamin Nétanyahou, qui jouera sa survie politique lors du scrutin mardi, et s'était rendu à Hébron vendredi, a avancé qu'une opération de plus grande ampleur se préparait, comme il n'y en a pas eu depuis la guerre des Six Jours en 1967.

Démanteler l'Autorité palestinienne

Son ministre d'extrême droite chargé de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, candidat aux législatives, a de nouveau appelé vendredi au démantèlement de l'Autorité palestinienne – même si aucun élément ne laisse penser qu'elle aurait un lien avec l'attaque.

Interrogé sur la chaîne I24, le premier ministre a évoqué une très grosse surprise en préparation pour l'Autorité palestinienne.

Je neutraliserai cette menace par des moyens que je préfère ne pas détailler pour l'instant, a-t-il dit.

La veille, il avait imputé l'attaque au Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza. Le mouvement islamiste, derrière l'attaque sans précédent du 7 octobre, ne l'a pas revendiquée, mais s'en est félicité, appelant les Palestiniens à en commettre d'autres.

Elle intervient dans un contexte de tensions croissantes en Cisjordanie, où les colons radicaux, qui bénéficient de la tolérance, voire du soutien du premier ministre, multiplient les raids de plus en plus violents contre les habitants palestiniens.

Le groupe israélien de défense des droits de la personne Yesh Din a comptabilisé 672 incidents ces 26 derniers jours, la moitié durant la récolte des olives par les Palestiniens, traditionnellement occasion de violences de la part de colons.

Les derniers sondages électoraux donnent Benyamin Nétanyahou au coude à coude avec son principal rival Gadi Eisenkot, centriste et ancien chef de l'armée, également opposé à un État palestinien, mais qui a promis de s'attaquer à la violence des colons.

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