Procès de Jean-Pierre Alarie | Un juré fait « pleurer la moitié » de ses collègues pendant les délibérations

Les esprits s’échauffent au sein du jury au cinquième jour des délibérations au procès de Jean-Pierre Alarie, ce capitaine de bateau accusé d’avoir causé la mort d’un touriste. Un juré a fait pleurer la « moitié » de ses collègues, dénonce un juré. La prescription du juge : une marche au Vieux-Port et un appel à un proche.
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« Nous sommes dans une impasse ! ! ! », écrit un juré dans une lettre remise au juge Gregory Moore mardi au palais de justice de Montréal.
Les délibérations sont visiblement difficiles au procès de Jean-Pierre Alarie. Depuis cinq jours, les 12 jurés sont isolés du reste de la société pour trancher le sort de l’homme de 63 ans, accusé d’avoir causé la mort de William Eduardo Santander De La Hoz par sa négligence criminelle. Ils doivent rendre un verdict unanime.
Le 6 juillet 2024, ce touriste colombien s’est noyé en tombant du bateau de croisière de Jean-Pierre Alarie. Selon la Couronne, le navire ne respectait pas les règles de sécurité et n’avait pas le droit de transporter des passagers. De plus, Transport Canada avait déjà ordonné à l’accusé de ne pas naviguer.
Jean-Pierre Alarie nie toute responsabilité dans la mort du touriste.
Pendant leurs délibérations, les jurés sont soumis à un régime digne d’un prisonnier. Ils sont surveillés en tout temps par des constables spéciaux pendant leur déplacement (hôtel, restaurant et palais de justice) et n’ont pas le droit de communiquer avec leurs proches. Ils n’ont accès ni à internet ni à un ordinateur. Lundi soir, ils ont toutefois pu regarder les élections en groupe.
Une situation propice à « l’isolement » et au « stress », reconnaît le juge Moore.
Les jurés peuvent communiquer avec le juge seulement par des lettres manuscrites, des « enveloppes », lues en salle de cour devant les avocats. Ce matin, les jurés en ont envoyé trois. Dans la première, un juré a affirmé être dans une « impasse », un terme lourd de sens, puisqu’il décrit une mésentente au sein du jury.
Or, selon le juge Moore, il est trop tôt pour exhorter le jury de s’entendre, ultime étape avant la fin abrupte des délibérations, un « hung jury » dans le jargon. Car si le jury n’arrive pas à s’entendre sur un verdict, un nouveau procès doit avoir lieu avec un nouveau jury.
Dans une deuxième enveloppe, un juré dénonce le comportement d’un collègue manquant de « civisme ». « Il a fait pleurer la moitié des jurés de la façon qu’il s’exprime », indique cette lettre.
« Ce matin, les émotions ont été vives », commence la dernière enveloppe, dans laquelle l’auteur explique qu’une enveloppe a été envoyée « sous le coup de l’émotion », sans préciser laquelle.
C’est dans ce contexte que le juge Moore a permis aux jurés de parler brièvement au téléphone avec un proche ce mardi – un appel en main libre qui sera écouté par un constable spécial. Également, les jurés pourront marcher dans le Vieux-Port, mais sans s’approcher du fleuve.
« Ça peut leur permettre de décompresser », a souhaité le juge Moore.
Le juge a aussi rappelé au jury l’importance du « civisme » dans leurs délibérations.
Me Sylvie Dulude et Me Patrick Lafrenière représentent le ministère public, alors que Me Vincent Pelchat et Me Kevin Hill défendent l’accusé.
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