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Saturday, October 24, 2026

Séoul propose à Pyongyang des pourparlers militaires sur la frontière

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La Corée du Sud a proposé vendredi à la Corée du Nord des pourparlers militaires sur le tracé de la ligne de démarcation au centre de la Zone démilitarisée (DMZ) qui les sépare, après plusieurs incidents graves, a annoncé le ministère de la Défense.

La Corée du Sud « propose officiellement la tenue de pourparlers militaires avec la Corée du Nord, afin de confirmer mutuellement l’emplacement précis de la ligne de démarcation militaire terrestre (MDL) et de discuter des moyens de rétablir les lignes de communication militaires et de prévenir les affrontements accidentels dans les zones frontalières », a déclaré le vice-ministre de la Défense, Kim Hong-cheol, lors d’un point de presse à Séoul.

« Les dates et les lieux spécifiques pourront être discutés via Panmunjom », a poursuivi ce responsable, en faisant référence au seul point de contact entre les deux Corées au milieu de la DMZ, au nord de Séoul.

Séoul « espère une réponse positive de la Corée du Nord », a-t-il ajouté.

Il a souligné que les discussions pourraient inclure le Commandement des Nations Unies (UNC), la force multinationale menée par les États-Unis en Corée du Sud, qui a autorité sur le côté sud de la DMZ.

La Corée du Nord a rompu tout contact avec la Corée du Sud depuis des années, et reste jusqu’à présent sourde aux appels lancés par le président sud-coréen Lee Jae-myung, fervent partisan d’une reprise du dialogue intercoréen.

Pyongyang a entrepris depuis 2023 de fortifier son côté de la DMZ, une zone-tampon créée à la fin de la guerre de Corée (1950-1953), renonçant à toute perspective de réunification de la Péninsule coréenne et considérant désormais le Sud comme étant un État ennemi.

Fortification

Ces travaux de fortification ont été à l’origine de plusieurs incidents ces derniers mois.

En septembre, trois soldats sud-coréens ont été blessés par l’explosion de deux mines nord-coréennes dans la DMZ, Séoul affirmant qu’elles avaient été posées de son côté de la frontière, ce que Pyonngyang a catégoriquement nié.

L’armée sud-coréenne a par ailleurs procédé ces derniers mois à des dizaines de tirs de sommation lors de ce qu’elle a présenté comme des incursions de soldats nord-coréens de son côté de la DMZ.

Pyongyang a encore fait monter la tension cette semaine en annonçant le déploiement de nouvelles « unités de tir » le long de la frontière, et la prochaine reprise des émissions de propagande sonore par haut-parleurs vers le Sud, interrompues depuis plus d’un an.

« Sur le plan pratique, la proposition de Séoul vise à désamorcer la situation et à ouvrir potentiellement la voie au règlement des problèmes de fond liés à la gestion de la frontière », explique à l’AFP Michael MacArthur Bosack, ancien officier américain basé en Corée du Sud et directeur du Parley Policy Institute.

Risque d’aggravation

« Il est peu probable que le régime de Kim accepte cette ouverture », juge-t-il toutefois. « Pour Pyongyang, il est bien plus simple de continuer à exiger la cessation des tirs de sommation et de menacer d’exercer des représailles dans la DMZ » plutôt que de s’engager dans un dialogue, explique-t-il.

« Vu le bras de fer auquel se livrent les deux camps avec leurs déclarations et leurs menaces, la situation risque de s’envenimer davantage si elle n’est pas contenue », avertit cet analyste.

Contrairement à ce que suggère son nom, la DMZ est l’une des zones les plus militarisées du monde. Des dizaines de forts des deux camps sont implantés dans ce couloir de quatre kilomètres de large et de 248 km de long qui coupe la Péninsule coréenne en deux d’est en ouest, et qui est en plus infestée de centaines de milliers de mines et de munitions non explosées.

La ligne de démarcation au centre de la DMZ, qui traverse des zones reculées de montagnes et d’épaisse végétation, n’est elle pas précisément bornée et donne lieu à des divergences de localisation parfois importantes entre les deux camps.

Cette ligne, qui correspond à la localisation du front à la fin de la guerre de Corée, est définie par une carte attachée à l’accord d’armistice de 1953. Mais la ligne tracée sur la carte représente une largeur de plusieurs dizaines de mètres sur le terrain. Elle était à l’origine matérialisée par 1292 panneaux plantés en 1953, dont la plupart ont disparu dans des intempéries ou par absence d’entretien.

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