Le terrible secret de Marisa était caché depuis des années sous un abri de jardin acheté chez Brico : une lettre anonyme a tout fait basculer, « tu comprendras quand tu seras plus grande »


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En 2005, Michele Caputo, 40 ans, disparaissait soudainement de Wemmel, dans le Brabant flamand. Son épouse, Marisa Presutti, a, durant des mois, assuré qu’il était parti de son plein gré après avoir vidé leurs comptes. Pendant plus d’un an, cette version a tenu la route. Jusqu’à ce qu’une mystérieuse lettre adressée à la police relance complètement l’affaire…
« Nous sommes séparés », avait affirmé Marisa à ses proches après la disparition du quadragénaire. « Et nous ne sommes pas en bons termes ». Selon elle, son mari avait emporté 170.000 euros et était parti à l’étranger. Elle avait, comme l’expliquent nos confrères du Laatste Nieuws, même montré une dizaine de cartes postales censées provenir notamment d’Italie, du Brésil et de Guadeloupe. À l’époque, aucune enquête n’avait réellement été ouverte.
Une lettre qui change tout
Mais en juillet 2006, la police bruxelloise a soudainement reçu une lettre manuscrite envoyée de Beausoleil, dans le sud de la France. Le message, rédigé dans un français approximatif, était on ne peut plus clair : « Michele Caputo a été assassiné. En 2005. Par deux Albanais. »
Une lettre qui a forcément poussé les enquêteurs à s’intéresser à cette disparition soudainement devenue suspecte. Plusieurs éléments ont alors rapidement interpellé les policiers. Michele Caputo était parti sans son téléphone portable et, surtout, sans dire au revoir à Letizia, sa fille de 11 ans née d’une précédente relation. Celle-ci avait toutefois reçu un message peu après sa disparition : « Ne t’inquiète pas. Tu comprendras quand tu seras un peu plus grande. Je te l’expliquerai avec maman. Je t’aime. Gros bisous. Papa ».
Ce message avait été envoyé depuis Sanremo, en Italie. Et bizarrement, Marisa s’y trouvait également à ce moment-là. Les enquêteurs se sont alors penchés sur la vie de Michele Caputo, qui gérait deux restaurants dans la région bruxelloise. Ses proches le décrivaient comme un travailleur acharné au tempérament explosif, capable de se mettre rapidement en colère avant de retrouver son calme. Les policiers ont également appris qu’il conservait une arme sous son lit.
Selon les frères, ils étaient, à l’époque, venus uniquement pour discuter avec Michele et lui demander de laisser Marisa tranquille.
L’enquête a finalement connu un tournant en 2010. Des policiers se sont rendus dans le sud de la France, où vivaient Dominique Gibaldi, premier mari de Marisa, et son frère Antonino. Interrogés, des deux frères avaient reconnu être venus à Wemmel, en février 2005 après plusieurs appels de Marisa. Celle-ci leur avait parlé des violences qu’elle disait subir de la part de Michele.
Selon les frères, ils étaient, à l’époque, venus uniquement pour discuter avec Michele et lui demander de laisser Marisa tranquille. Mais la confrontation avait dégénéré. Michele Caputo avait été tué et finalement enterré dans son propre jardin
Morceau de bois
La fille de Marisa et Dominique expliquera dans la foulée avoir entendu Michele menacer les deux frères. Marisa avait alors quitté alors la maison avec elle. Le lendemain, les deux frères leur ont assuré que tout avait été réglé et que Michele était parti.
En réalité, Caputo avait été tué, dans sa chambre, à l’aide d’un morceau de bois. Sa tête avait été placée dans un sac plastique et son corps enterré à environ 1,50 mètre de profondeur dans le jardin. Lorsque la mystérieuse lettre est parvenue à la police un an et demi plus tard, Marisa a rappelé ses deux frères en Belgique. Ceux-ci ont déterré puis brûlé le corps. Et les restes ont été à nouveau enfouis, plus profondément encore. Du béton avait été coulé au-dessus et Marisa y avait fait installer un abri de jardin acheté chez Brico.
Malgré ces précautions, les enquêteurs ont fini par retrouver les restes de Michele, cinq ans après sa mort.
Tous condamnés
En 2015, Marisa Presutti, Dominique Gibaldi et Antonino Gibaldi ont comparu devant la cour d’assises de Bruxelles. Tous ont assuré que la mort de Michele n’était pas préméditée. Marisa Presutti avait finalement été condamnée à 12 ans de prison, Dominique Gibaldi à 10 ans et Antonino Gibaldi à 8 ans.
Un peu plus tard, l’analyse ADN avait fini par apporter un élément déterminant. C’est la mère des frères Gibaldi qui avait écrit la lettre à la police. Elle avait rapidement compris que quelque chose n’allait pas. Et elle avait compris ce que ses fils avaient fait…
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