Les salles de spectacle indépendantes interpellent les partis en campagne électorale
Le regroupement des Scènes de musique alternatives du Québec (SMAQ) intervient dans la campagne électorale en formulant trois recommandations « structurantes » pour soutenir les salles de spectacle indépendantes de la province. Parmi ces recommandations se trouve celle de faire passer de 1 à 4 millions de dollars l’enveloppe du Programme d’aide aux lieux de diffusion de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et de reconduire ledit programme pour une durée de trois ans.
Créé à l’issue de la pandémie, le Programme d’aide aux lieux de diffusion soutient des salles d’une capacité maximale de 500 places qui génèrent des revenus « significatifs en lien avec la diffusion de spectacles de musique et de variétés », souvent en offrant leurs infrastructures aux artistes de la relève ou en développement de carrière. Près de la moitié de la cinquantaine de salles membres des SMAQ bénéficie du soutien de ce programme de la SODEC, qui aide les salles à hauteur de 50 000 $.
Le fardeau bureaucratique
En recommandant que le programme soit reconduit pour une durée de trois ans, Jon Weisz, directeur général des SMAQ, souhaite ainsi donner plus de « prévisibilité » aux gestionnaires de ces lieux de diffusion et alléger le fardeau bureaucratique en demandant qu’une aide acceptée le soit pour les trois prochaines années, ce qui éviterait aux salles de formuler une nouvelle demande chaque an.
« Ensuite, nos calculs préliminaires nous portent à estimer qu’une hausse à 4 millions de dollars est le nécessaire pour que la SODEC puisse soutenir toutes les salles qui, selon nous, mériteraient de l’être, et à un niveau d’aide qui leur permettrait de prendre davantage de risques [quant à] des artistes québécois émergents », dont le développement est la mission première des petits lieux de diffusion, explique le directeur général des SMAQ. « Ce programme est très important pour nos membres, qui sont aussi reconnaissants que ce fonds existe, mais la réalité est que les sommes octroyées ne sont pas suffisantes pour stimuler une plus importante prise de risque de ces salles. L’argent servira à favoriser la circulation des artistes émergents sur notre territoire. »
La deuxième recommandation formulée par les SMAQ concerne son projet de « fiducie foncière », qui permettra au regroupement, d’abord par le biais d’un OBNL, de faire l’acquisition d’immeubles logeant des lieux de diffusion indépendants « pour lui permettre de constituer, au cours des prochaines années, un premier portefeuille collectif de cinq immeubles ». Les SMAQ souhaitent un fonds de 3 millions de dollars pour mener à terme ce projet, qui sera détaillé dans un document que le regroupement présentera au courant de l’automne.
Un projet de fiducie sur les rails
Plus précisément, Jon Weisz souhaite non pas un prêt, mais « un investissement nous permettant de faire une mise de fonds assez importante sur un premier bâtiment, ce qui nous donnera un premier actif important et très structurant » pour la suite du projet. Déjà sur les rails, ce projet de fiducie foncière pourrait permettre aux SMAQ de faire l’acquisition d’un premier immeuble « en 2027 ou 2028 », estime Weisz, qui reconnaît que, sans un coup de pouce des subventionneurs, « le nouvel organisme serait d’emblée très endetté ».
Enfin, la troisième recommandation vise à favoriser le dialogue entre les différents acteurs de la diffusion musicale indépendante au Québec grâce à un forum de concertation à définir, « un chantier de réflexion, ou encore un comité consultation, comme ce qu’a proposé le ministre [sortant de la Culture et des Communications], Mathieu Lacombe, après la diffusion du reportage d’Enquête » à ICI Télé en février dernier (Voler le show), qui se penchait notamment sur la place qu’occupe le promoteur Evenko dans l’écosystème du spectacle québécois.
Selon Jon Weisz, ces conversations entre acteurs du milieu de la diffusion musicale au Québec devraient se faire librement, ouvertement, « en public plutôt qu’en vase clos. Dans le milieu, on a souvent l’impression que les choses ne se disent pas clairement ». Les pouvoirs publics devraient jouer un plus grand rôle dans la tenue de ce « dialogue durable » souhaité pour « faire émerger des solutions concertées aux transformations du secteur », détaillent les SMAQ.
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